ECOUTEZ !
|
|
|
|

|
|
|
|
Pour connaître les réalisateurs de ces films et avoir d'autres renseignements je vous renvoie au site intéressant de
France 2.
. 1er
épisode : L'AGRESSION (1933 - 1939) - THE
AGRESSION
. 2ème épisode
: L'ÉCRASEMENT (1939 - 1940) - THE CRUSHING DEFEAT
. 3ème épisode : LE
CHOC (1940 - 1941) - THE SHOCK
.
4ème épisode : L'EMBRASEMENT (1941 - 1942)
- THE WORLD ABLAZE
. 5ème épisode :
L'ÉTAU (1942 - 1943) - THE
NOOSE
. 6ème épisode :
L'ENFER (1944 - 1945)
- INFERNO
Pour visionner cet épisode mais en anglais
- Inferno - part
1
- Inferno - part
2
- Inferno - part
3
- Inferno - part
4
- Inferno - part 5
L'ENFER
(1944 - 1945)
Début de la 1ère
vidéo en anglais - 1/5
1944
Les alliés ont débarqué en Italie occupée par les allemands.
Les armées américaines, anglaises, canadiennes et françaises sont bloquées dans leur avance vers le nord où sévit encore Mussolini par une solide défense allemande, la ligne Gustav, à
la hauteur du mont Cassin. A son sommet trône le monastère de Saint-Benoît. Les alliés soupçonnent d'avoir fait un poste d'observation de ce trésor historique millénaire.
224 bombardiers alliés vont larguer 420 tonnes de bombes sur le monastère. La seconde guerre mondiale ne respecte rien et déchaîne partout l'enfer.
Les britanniques attaquent aussitôt. Mais les parachutistes allemands les repoussent. Ces troupes de choc allemandes sont désormais solidement retranchées dans les ruines du monastère. Le
bombardement n'a servi à rien. Images du réalisateur américain John Huston, envoyé sur ce front d'Italie qui dira plus tard : "Ce fut un massacre par un froid glacial". Pourtant Churchill avait
dit : "L'Italie c'est le ventre mou de l'Europe". En attaquant ainsi par le sud en Italie, Churchill espérait prendre Berlin avant les russes.
Et de son côté, l'Armée Rouge avance irrésistiblement. Kiev est libéré. La Wehrmacht abandonne l'Ukraine dont Hitler ordonne la destruction systématique.
En Italie, les mois passent et la Wehrmacht tient toujours la ligne Gustav et le mont Cassin. Le général français Juin propose alors de
franchir le fleuve Garigliano pour surprendre les allemands qui ne défendent pas ses pentes jugées trop raides. Mais les rudes soldats d'Afrique du nord parviennent à gravir la montagne et donne
à l'armée française sa première victoire de la guerre qui ouvre la route de Rome aux alliés.
Rome - 5 juin 1944
La Wehrmacht en retraite continue à tout détruire derrière elle. Avec les derniers fascistes de Mussolini, les allemands vont tenir le nord de l'Italie et son industrie. Ils font
face aux attaques des partisans italiens et répondent par la terreur.
Angleterre - 5 juin 1944
Au même moment, dans le sud de l'Angleterre, la machine de guerre alliée pour le débarquement en Normandie se met en marche. Dès le soir du 5 Juin, les parachutistes embarquent avec leur
coupe de cheveux et leurs peintures de guerre à l'indienne qui donnent le courage. Le commandant en chef des armées alliées le général Eisenhower vient leur dire : "Vous
partez pour la croisade". Eisenhower a des millions d'hommes sous ses ordres et pourtant il est proche d'eux. Tous l'appellent affectueusement Ike. Le président Roosevelt l'a choisi parce
que c'est un bon organisateur et surtout un diplomate. Ce qui est utile dans une coalition.
L'objectif est de débarquer sur cinq plages normandes étalées sur 100 km entre la Seine et le Cotentin. Là où les défenses allemandes du "mur de
l'Atlantique" sont les moins denses. De très violents bombardements tactiques alliés frappent non seulement la Normandie mais toute la France au nord de la Loire et la Belgique, pour que les
allemands ne localisent pas la zone du débarquement. Tout ce qui pourrait permettre l'acheminement de renforts allemands est matraqué. Les voies ferrées, les gares de triage, les routes, les
ponts.
A minuit le 5 juin,
les planeurs chargés de paras (parachutistes) britanniques et les Dakota américains se glissent vers l'intérieur des terres normandes. Les paras sont
les premiers à poser le pied sur la France occupée. Leur mission : sécuriser les extrémités de la zone de débarquement.
La flotte alliée approche. C'est la plus grande armada de tous les temps. 6 000 navires. Elle n'est pourtant pas repérée par les allemands que la tempête empêche d'effectuer des raids de
reconnaissance. Les bombardements et les tirs des cuirassés qui pilonnent la côte ont complètement manqué leur cible sur la plage qui porte le nom de code : Omaha Beach. Les bunkers allemands
sont intacts.
Le caporal Franz Kockel (?) est stupéfié par le spectacle des milliers de bateaux. Il crie : "Invasion". L'alerte est donnée mais la chaîne de
commandement jusqu'à Hitler est sceptique persuadée que la véritable invasion doit se produire plus au nord dans un port du Pas-de-Calais.
6 JUIN 1944
(un
article sur "my french français rag" sur le 6 juin 1944 - le D.Day ici !)
Le débarquement en
Normandie
Omaha Beach
6h30 - La première vague d'assaut américaine va se heurter aux défenses allemandes d'Omaha Beach. Avec eux, un grand écrivain américain Ernest Hemingway correspondant de guerre.
Il écrit : "Dans la pâleur grise de l'aube, nous avançons vers la terre. L'embarcation de fer ressemble à un cercueil. Des paquets d'eau verte retombent sur les têtes casquées des hommes
serrés épaule contre épaule dans l'inconfortable, l'insupportable, la dure solitude des soldats allant au combat.
Un autre reporter de guerre, le photographe Robert Cappa, est pris dans cet enfer. Il dit : "C'est la plage la plus laide du monde. Nous sommes épuisés par l'eau et par la peur. Plus de mille
soldats américains y perdent la vie. La marée monte, les soldats sont pris au piège entre la mer et les tirs des blockhaus allemands. Eisenhower avait préparé un communiqué en cas d'échec. Il
avait écrit de sa main : "J'avais choisi d'attaquer à cet endroit, je suis le seul qu'il faut blâmer".
Mais un petit groupe héroïque réussit à grimper sous le feu ennemi et neutralise les canons allemands avec l'aide des chasseurs bombardiers de la Royal Air Force.
Juno
Bernières-sur-Mer
Pendant ce temps, les canadiens ont débarqué sur la plage et le matelot Alfret Turnball (?) 19 ans, pilote de péniche dit : "Par
quel miracle sommes-nous encore en vie ? Nous avons passé trois barrages de mines et la péniche à notre droite vient de sauter. Nos soldats débarquent. Curieusement, il n'y a pas un tir.
Même les villas sur la digue paraissent intactes. C'est irréel. Peu de résistance en effet.
Gold
Arromanches
Quelques tirs qui n'impressionnent pas les troupes anglaises de la plage à côté. Les quelques défenseurs allemands rescapés des bombardements finissent par se rendre.
Sword
Ouistreham
Les commandos français débarquent à leur tour sur la cinquième plage. La plupart était passée clandestinement de Bretagne en Angleterre. Ce retour en France est un moment particulièrement
émouvant. L'un d'entre eux, Gwenaël Bolloré, 18 ans, raconte : "Les premiers chars sont arrivés, j'ai couru derrière et tout d'un coup il y a des civils qui sont sortis et qui nous ont fait des
signes. Ils nous prenaient pour des anglais puisque nous avions l'uniforme anglais. On a eu juste le temps de leur dire quelque chose en français. Ca les a sidérés et puis on est
passés.
Les commandos sont durement éprouvés dans les combats pour s'emparer du casino de Rivabella transformé en poste de commandement par l'ennemi, des parachutistes allemands, des durs de durs,
surnommés les diables verts qui prennent souvent l'avantage sur les alliés.
Mais le maréchal Rommel qui commande les forces allemandes de Normandie est pessimiste. Hitler lui a donné l'ordre de rejeter les alliés à la mer comme à Dunkerque 4 ans plus tôt. Hitler
lui a dit : "Le destin du Reich dépend de l'issue de cette bataille". Rommel répond maintenant à Hitler : "Le combat acharné de nos troupes ralentit la progression ennemie mais sa maîtrise
de l'air est telle que nos mouvements sont impossibles dans la journée".
Le supériorité aérienne des alliés est écrasante. Rommel, lui-même, sera mitraillé dans sa voiture, grièvement blessé et évacué en Allemagne.
L'objectif des alliés : débarquer 326 000 hommes
Ils déversent chaque jour 30 000 soldats
et 40 000 tonnes de matériel
Pour tenir ce rythme, il faut un port. Les alliés n'ont pas voulu s'attaquer aux grands ports trop défendus et ils ont débarqué sur les plages de
Normandie. Ils ont donc emmené avec eux leur port. Un gigantesque mécano de 200 caissons de béton, grand chacun comme un immeuble de 5 étages et pesant 6 000 tonnes. Assemblés pour former
des digues et des jetées qui permettent de décharger les cargos appelés "Liberty ships" - les bateaus de la liberté- Les chantiers américains en produisent maintenant un par jour.
En moins de trois ans, l'industrie de guerre a fait de l'Amérique une super puissance.
Les Etats-Unis ont mobilisés 11 millions d'hommes. Ses armées sont en France, en Italie, en Afrique du nord, en Asie.
La force de l'Amérique est telle, que quelques jours seulement après le débarquement en Europe, les Etats-Unis sont capables de rassembler à l'autre
bout du monde, dans le Pacifique, une deuxième flotte aussi importante que celle de Normandie pour attaquer les îles Mariannes, bastion japonais.
Début de la 2ème
vidéo en anglais - 2/5
Après la prise de l'île de Tarawa, l'année précédente, l'île de Saïpan doit devenir la base de départ des bombardiers pour le Japon.
135 000 marines se préparent pour le combat. 15 porte-avions et 800 avions vont détruire l'aviation japonaise dans une bataille aérienne qui sera
appelée "le tir aux pigeons des Mariannes". C'est aussi l'agonie de la marine impériale suivie du matraquage des défenses de Saïpan. Mais quand les marines débarquent sur cette île, de 9
kilomètres de large, commence l'une des batailles les plus sanglantes de la guerre.
20 000 américains et 30 000 japonais sont tués ou blessés. Le commandant japonais de l'île, le général Saïto, avait dit à ses soldats : "Il n'y a plus qu'une seule issue, la mort. Nous allons
montrer au diable américain ce qu'est notre courage". Le régime militaire japonais, en exaltant le code d'honneur du bushido, sacrifie son peuple.
300 civils japonais se suicident. Les civils, les femmes, les enfants paient toujours le prix fort sur tous les fronts.
20 000 normands trouvent la mort dans les bombardements alliés destinés à briser les défenses allemandes.
La Normandie est dévastée mais cela fait quatre ans qu'elle attendait sa libération. Une libération qui est loin d'être terminée. Les américains progressent difficilement dans
le bocage normand, dédale de haies et de chemins creux propices aux embuscades allemandes.
Les britanniques, eux, sont bloqués dans la plaine de Caen. Le lance corporal Edward Argraves (?) écrit à sa femme : "Plus je vois les français plus
je les apprécie. Ils continuent à cultiver la terre et ne se plaignent pas".
Les renforts allemands qui remontent du sud de la France sont ralentis par la résistance française. Les F.F.I, les Forces Françaises de l'Intérieur,
et les F.T.P, les francs-tireurs et partisans - les communistes. En représaille, les S.S. pendent, fusillent, massacrent les maquisards et les civils. Comme à Tulle, Marsoulas,
Saint-Lys et surtout Oradour-sur-Glane, près de Limoges.
Oradour-sur-Glane
Ils abattent tous les hommes du village, enferment les femmes et les enfants dans l'église et y mettent le feu.
Le Chef de la résistance c'est le général De Gaulle qui revient en France après quatre ans d'exil. De Gaulle se rend à Bayeux, la première ville française libérée, pour imposer l'autorité de son
gouvernement provisoire contesté par Roosevelt qui préférait attendre des élections. Mais De Gaulle est accueilli triomphalement par la population et il déclare : "La seule France légitime est
celle qui, avec moi, a refusé la défaite. Roosevelt finit par accepter le gouvernement De Gaulle.
Un mois et demi après le Jour J (D-Day) les combats sont toujours acharnés. Les alliés progressent mais Eisenhower est inquiet. Il écrit : "Pour un
mètre gagné nous avons perdu un homme. Cette putain de guerre peut bien durer dix ans !".
Hitler veut absolument contenir les alliés en Normandie pour protéger les rampes de lancement des ses armes de terreur, les V1, qu'il lance sur Londres depuis le nord de la France.
Le V1 est le premier missile de croisière de l'histoire.
Une bombe volante à réaction d'une tonne d'explosifs. Un petit engin rapide sans pilote difficile à intercepter et à abattre.
Son bruit de moto caractéristique alerte les londoniens. Quand le V1 arrive sur la grande ville, son carburant est épuisé, son moteur d'arrête. On ne
sait jamais où il va tomber.
Près de 10 000 de ces engins vont faire 25 000 victimes.
Mais là encore, les anglais sont admirables de courage et de flegme.
Les V1 passent souvent au-dessus de Rose et de son petit frère John dans leur banlieue de Londres, et parfois ne tombent pas loin. La maman de Rose a eu ainsi une famille d'amis et une voisine
tués par les V1.
Toutes les précautions sont prises. Les lits sont protégés dans la cave. Faute de pouvoir casser le moral des anglais, le V1 est destiné à remonter celui des allemands. Depuis deux ans, ils
vivent dans les abris.
Les bombardiers américains le jour et anglais la nuit écrasent les villes allemandes sous un tapis de bombes.
2 millions de tonnes de bombes - 400 000 morts - 800 000 blessés - 7 millions de sans-abris - tel est le résultat du bombardement stratégique
allié fondé sur ce principe : détruire le potentiel industriel et humain au service de l'effort de guerre allemand.
Au quartier général d'Hitler, "La Tanière du Loup", sous les sourires obligatoires, un profond désarroi accable beaucoup d'officiers, surtout ceux
issus de la vieille aristocratie militaire prussienne. Depuis un an, beaucoup se sont joints à un complot pour se débarasser d'Hitler. L'un d'entre eux, le colonel Klaus von Stauffenberg
dépose une bombe sous le bureau d'Hitler pendant une conférence à la "Tanière du Loup". Cette table massive sauve Hitler en déviant le souffle de l'explosion qui tue deux généraux et
blessent une vingtaine de personnes.
Hitler qui a échappé à 5 attentats est de nouveau convaincu qu'il est protégé par la providence. Et le soir même, il accueille Mussolini qui dirige toujours son régime fasciste
dans le nord de l'Italie mais qui est à la recherche d'une solution de compromis pour arrêter la guerre. Hitler le réconforte en lui parlant de ses armes secrètes et de l'attentat raté. Il
lui dit : "C'est un signe du destin qui fait entrevoir une victoire prochaine de notre cause". Hitler n'a qu'une légère contusion au bras mais le choc est profond et aggrave son état mental, sa
cruauté, sa paranoïa.
Il se déchaîne. Il fait juger les principaux comploteurs, assassiner 5 000 suspects et déporter leurs familles.
Il n'hésite pas à faire exécuter des maréchaux. Rommel est poussé au suicide parce qu'il avait accepté de remplacer Hitler à la tête de l'armée. Hitler qui lui fait d'hypocrites
obsèques nationales. Les S.S. prennent véritablement le pouvoir. Plus rien ne peut sauver l'Allemagne.
Les russes poursuivent leur avance à l'est. Ce qu'ils appellent maintenant "la grande guerre patriotique" prend un tour nouveau.
L'Armée Rouge frappe soudain avec une puissance qui stupéfie tous les camps. Quelle réserve inépuisable d'hommes après les coûteux affrontements de Moscou ou de Stalingrad !
Cette offensive de Biélo-russie de l'été 1944 est la plus grande bataille de la 2ème guerre mondiale. Sur un front de 1000 kilomètres de large, les russes avancent de 600 kilomètres en
deux mois détruisant 3 armées allemandes.
La Wehrmacht reflue vers la Prusse orientale en laissant 200 000 morts et 200 000 prisonniers dont la moitié va défiler dans Moscou.
Moscou
27 Juillet 1944
Ces prisonniers allemands, dont une centaine de généraux, sont d'abord rassemblés à leur descente des trains par les russes qui, après les avoir affamés, leur donnent une soupe aux choux bien
grasse aux propriétés puissamment laxative.
Parmi eux, beaucoup de "malgré nous". Des alsaciens, lorrains enrôlés de force comme Armand 20 ans qui raconte : "Nous étions torturés par la diarrhée. Nous nous vidions dans de violentes
coliques au milieu des cris et des coups de la foule. Et derrière, les camions-pompes de la ville passaient leur jet d'eau pour nettoyer la merde qui jonchait les rues".
Normandie
6 Août 1944
A l'ouest, les alliés prennent le dessus. La situation s'aggrave pour la Wehrmacht. 50 000 soldats allemands sont faits prisonniers dans la poche de Falaise. Les allemands l'appellent "Stalingrad
en Normandie", la victoire des canadiens et des polonais.
L'étau allié se resserre avec un nouveau débarquement en Provence.
Saint-Tropez
15 Août 1944
L'armée française reconstituée prend une grande part dans ce débarquement. Parmi ces soldats, le sénégalais Mademba (?) dit : "C'est nous les
coloniaux qui avons fait la guerre. On nous avait appris à donner l'assaut en criant - en avant pour la France ! -.
Ils sont 250 000 africains, marocains, algériens, tunisiens, "pieds-noirs" et jeunes français évadés de France occupée. En deux semaines, ils libèrent tout le littoral jusqu'à
Marseille.
La résistance sort au grand jour et participe à cette libération comme elle va le faire pour Paris.
Paris
19 Août 1944
Paris se soulève et se couvre de barricades. Une grande partie de l'armée allemande s'est retirée vers l'est mais restent quand même 20 000 hommes sous le commandement du général Von
Choltitz qui a reçu l'ordre d'Hitler de détruire la ville.
De violents combats s'engagent. Au quatrième jour de l'insurrection, une unité française la 2ème DB - la 2ème division blindée du général Leclerc arrive de Normandie pour
achever la libération de la capitale.
Les allemands capitulent et le général von Choltitz est améné au poste de commandement de Leclerc gare Montparnasse. Choltitz venait de
recevoir un appel d'Hitler en personne qui posait la question restée célèbre : Brennt Paris ? Paris brûle-t-il ?
Choltitz a préféré la réddition. Officier de parachutiste discipliné, il désobéit pour la première fois. Il ne figurera pas sur la liste des criminels de guerre.
Début de la 3ème
vidéos en anglais - 3/5
Alors arrive De Gaulle qui connaît les mots pour l'histoire : "Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré".
Et pendant que cette libération de la France et de la Belgique progresse, que l'armée rouge attend devant Varsovie, de l'autre côté de la planète, le général américain MacArthur revient aux
Philippines.
Philippines
20 Octobre 1944
Quand il s'était échappé du piège japonais trois ans plus tôt MacArthur avait dit : "Je reviendrai". Un retour bien mis en scène par son service de presse avec sa pipe de maïs légendaire, celle
de Popeye, et il déclare : "Peuple des Philippines, je suis revenu, l'heure de votre rédemption a sonné.
Mais il faudra quatre mois pour achever la libération des Philippines. La capitale Manille sera la ville la plus détruite après Varsovie.
Ce qui explique la brutalité, la cruauté de ces combats, c'est la découverte par les soldats américains des massacres d'otages et des camps avec les survivants des prisonniers américains de
1941.
Toute la guerre du Pacifique prend cet aspect de férocité avec toujours le même enchevêtrement des marines cloués sur les plages de ces îles infernales. Le même acharnement suicidaire des
japonais. Pour eux, se rendre est le pire des déshonneur. S'ils sont quand même capturés, ils se suicident avec une grenade. Comme ce pilote japonais abattu au-dessus de la mer des Philippines
que des marins américains essaient d'attraper. Le "jap'", comme ils disent, dégoupille une grenade avec les dents. Il est achevé.
Alors les américains ne prennent plus de risques. Dès qu'ils voient ce qu'ils appellent "les serpents venimeux", ils les tuent. La haine des "jaunes" contre la haine des "blancs".
Avec l'impérialisme, le fondement de la deuxième guerre mondiale c'est le racisme.
1945
Le racisme qui donne Auswichtz - l'usine à tuer - libérée par l'offensive russe de janvier 45.
La haine des juifs, leur extermination était pour Hitler, comme il l'a écrit dans "Mein kampf", sa mission. Il a fait assassiner
1 million de juifs dans les chambres à gaz d'Auswichtz.
6 millions sont morts de faim, sous les coups, tués par balles et brûlés dans les crématoires à Maidaneck, à Sobibor, à Tréblinka.
Les russes découvrent quelques centaines de survivants tatoués à vie. Les russes interceptent aussi les trains de déportés.
Les nazis continuent à donner la priorité à ces trains de la mort, même sur les convois de munitions. Ils roulent encore vers la centaine de camps de concentration toujours en activité en ce
début de 1945.
20 millions de résistants, d'opposants, de chrétiens, d'homosexuels, de tziganes ont été déportés dans ces camps et 5 millions ont déjà trouvé la mort eux aussi de faim, de coups,
d'épuisement.
Dora Nordhausen
Comme les esclaves du tunnel de Dora. L'usine souterraine où les nazis assemblent une autre arme secrète le V2. La première fusée balistique qui porte une tonne
d'explosifs à 300 kilomètres. Depuis les côtes allemandes, 1500 sont tirées sur Londres et 2000 sur la Belgique en accroissant les ruines et les victimes civiles.
Los Alamos - Nouveau Mexique
USA
Et l'angoisse des alliés c'est qu'elle puisse un jour transporter une charge atomique.
Le grand Einstein, lui-même, avait alerté Roosevelt sur l'urgence de devancer le danger allemand.
Un énorme budget a permis à toute une équipe de savants de travailler dans le plus grand secret à la
première bombe atomique.
Une bombe à l'uranium, métal qui permet l'explosion de l'atome. Ils en attendent une puissance égale à 20 000 tonnes de bombes de l'époque avec des
retombées radioactives mortelles. L'objectif désigné alors : Berlin.
Mais cette première bombe atomique ne sera pas prête pour l'Allemagne.
En Allemagne, y-t-il encore des usines intactes pour produire une telle arme ? Même le carburant de synthèse commence à manquer. Le "carpet bombing" - le tapis de bombes - 24 heures sur 24
continue à dévaster les villes allemandes.
Les bombardiers alliés vont détruire Dresde, important noeud de communication pour les troupes allemandes vers le front de l'est et cinquième ville industrielle du Reich,
jusqu'ici épargnée. Elle était la Florence du nord. L'un des trésors historiques de l'Europe. Les bombes au phosphore provoque un typhon de feu qui carbonise 40 000 personnes. La ville
brûle pendant 7 jours.
Churchill avait dit : "Nous ferons avaler aux allemands une dose plus amère des malheurs qu'ils ont répandu sur l'humanité"
Leurs villes meurent mais Goebbels et les nazis veulent maintenant faire mourir tous les allemands. Mobilisés de 16 à 60 ans dans la Volksturm - la force du peuple -. Ils leur crie : "Tout vaut
mieux que la réddition sans condition que les judéo-communistes veulent imposer à l'Allemagne. Jurez de mourir pour Adolph Hitler".
Hitler dit : "Il ne faut aucun fléchissement de l'Allemagne. Ces généraux survivant de la grande purge après l'attentat du 21 juillet n'osent plus contredire le führer. Ils ont obéi à l'ordre qui
paraissait absurde d'attaquer à l'ouest dans les Ardennes pendant l'hiver. Ils auraient préféré tout consacrer à la lutte contre les russes. Hitler leur a expliqué : "Il faut anéantir l'armée
anglaise, alors les américains signeront une paix séparée avec moi parce que les capitalistes ont peur de l'avance des maxistes".
Hitler voulait reprendre le port d'Anvers pour empêcher les alliés de déverser leur matériel qui leur permettra de s'enfoncer au coeur de l'Allemagne.
Bastogne
Belgique
Mais l'offensive allemande des Ardennes a échoué grâce à l'incroyable résistance des paras américains à Bastogne, à l'intervention des blindés du général Patton, à
la toute puissance de l'aviation alliée.
De leur côté, les russes ont franchi la frontière allemande. Germania - l'Allemagne maudite. Devant les soviétiques, des millions d'allemands fuient
éperduement, surtout les allemandes qui redoutent les viols innombrables.
Le calcul d'Hitler s'est révélé complètement illusoire. Pas de dissension apparente entre les alliés occidentaux et les russes. D'ailleurs pour Churchill le problème de l'Allemagne est déjà
réglé. Il pense au tracé des zones d'occupation. Il vient retrouver Roosevelt en Crimée pour une conférence très importante avec Staline.
Roosevelt inquiet des pertes grandissantes dans le Pacifique a voulu rencontrer Staline pour lui demander d'entrer en guerre rapidement contre le Japon.
YALTA (RUSSIE)
4 février 1945
Staline a exigé que Roosevelt fasse le très long voyage jusqu'en Crimée, ce qui aggrave beaucoup l'état de santé du président américain qui offre un
visage émacié et qui a peine à tenir son bras.
Début de la 4ème
vidéo en anglais - 4/5
Roosevelt qui fume cigarette sur cigarette s'affaiblit. Il va mourir quelques semaines plus tard. Il ne pense qu'au Japon et il n'a pas non plus la force de s'opposer à Staline qui libère mais
aussi occupe les Pays Baltes, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Silésie et la Prusse. Pas question de le déloger.
Seul Churchill tente de négocier. Il obtient péniblement une promesse jamais tenue d'élections libres en Pologne et un abandon par Staline de la Grèce. Ce qui se traduira par une guerre civile.
Les partisans grecs communistes se soulèveront. Staline les laissera se faire massacrer.
La grande affaire c'est la fondation de l'O. N. U - l'Organisation des Nations Unies - qui se réunira bientôt à San Francisco.
L'O.N.U qui doit régler pacifiquement tous les conflits et protéger les droits de l'homme.
Cette photo marque le véritable début de la "guerre froide".
Dans le Pacifique, la guerre continue. Les marines plantent leur drapeau sur le mont Suribashi, le volcan qui domine l'île d'Iwo Jima.
Iwo Jima
23 février 1945
La bataille a coûté la vie à 7 000 américains et 20 000 japonais. Le lieutenant John Ritch (?) raconte : "On s'est tous dit - si c'est
comme ça ici, qu'est-ce que ça va être quand on va débarquer au Japon ? Pour nous les marines, il était clair que nous allions tous y mourir".
En décollant d'Iwo Jima et des autres îles du Pacifique, les bombardiers Boeing B29 super forteresses, peuvent maintenant atteindre le Japon.
Mieux que le phosphore de Dresde, la science humaine vient d'inventer le napalm, une essence gélifiée incendiaire.
1700 tonnes larguées sur les petites maisons en bois et papier.
Tokyo
9 mars 1945
Pauvres japonais, victimes de leurs militaires fous qui les ont jetés dans cet enfer et qui veulent continuer la guerre malgré les 80 000 morts et les 5 millions de sans-abris
de ce raid sur Tokyo.
Berchtesgaden
1938
7 ans plus tôt, dans son chalet des Alpes de Bavière, Hitler était avec sa chienne Blondie qu'il affectionnait plus que les humains. Il prophétisait : "La prochaine guerre ne se
terminera pas comme celle de 14-18. Pas de 11 novembre. Il ne peut y avoir que la victoire ou l'anéantissement". Ce vertige du néant l'avait empêché d'épouser sa maîtresse Eva Braun. Il disait :
"Je suis déjà marié à l'Allemagne".
1945
Son Allemagne est entrée en agonie.
Les soviétiques encerclent Berlin mais Hitler ne s'avoue pas vaincu. Il dit : "Ce sera un Stalingrad à l'envers".
Berlin
17 avril 1945
Les lance-fusées russes écrasent ses derniers soldats qui se rendent les uns après les autres.
Pendant 2 semaines c'est l'enfer jours et nuits.
Seuls résistent jusqu'au bout quelques fanatiques comme les 400 S.S. français de la division Charlemagne, quelques désespérés et les petits sacrifiés des jeunesses hitlériennes. Ils
font face à 100 000 russes.
Sous les ruines de la Chancellerie, dans son bunker souterrain, Hitler tempête et manoeuvre des armées imaginaires. Ses derniers fidèles profitent d'une accalmie pour remonter à la surface et
fêter son anniversaire le 20 avril.
Jardin de la Chancellerie
20 avril 1945
Hitler a 56 ans. Il réconforte des jeunesses hitlériennes, choisis parce que leurs parents viennent de mourir dans le bombardement de Dresde.
Les américains dans leur avance à l'ouest capturent des milliers de ces hitlerjungen envoyés au front pour remplacer les soldats morts. Les américains n'en croient pas leurs yeux. Ces enfants
soldats n'ont pas peur. Leur cerveau a été lavé par des années d'endoctrinement dans le racisme et la haine. Les vieux de la Volksturm capturés à leurs côtés leur disent : "Enfants,
réjouissez-vous de la guerre. La paix sera plus terrible encore".
Les américains font leur jonction avec les russes sur l'Elbe au pont de Torgau.
Torgau
25 avril 1945
L'est rencontre l'ouest. Le dernier acte de l'alliance bon enfant (sympathique) pour les caméras.
Le portrait de Staline trône mais celui de Roosevelt est marqué de crêpe noir. Il est mort le 12 avril. L'une de ses dernières décisions a
été de stopper l'avance américaine à la limite de la future zone d'occupation soviétique en Allemagne.
L'un des plus célèbres généraux américains Patton est furieux. Pour lui, les américains auraient dû arriver à Berlin avant les russes. Patton, l'homme au colt à la ceinture, qui avait foncé avec
ses chars en Afrique, en Normandie, dans les Ardennes. Il dit à Eisenhower : "La 9ème armée est à 100 kilomètres de Berlin. Ne pas y aller est une faute historique dont les conséquences seront
graves".
Eisenhower ne dit rien. La seule chose importante pour lui c'est d'achever Hitler et le nazisme. Quelques jours auparavant, Patton l'a appelé d'urgence pour lui mettre devant les yeux le
spectacle abominable du camp de concentration de Buchenwald.
Eisenhower a fait transporter aussitôt en camion les habitants de la ville de Weimar, toute proche, pour qu'ils ne puissent plus dire qu'ils ne savaient pas, leur montrer que ça a bien existé le
crime nazi ; qu'ils puissent en témoigner en Allemagne ; qu'ils ont vu les collections de tatouages prélevés sur les cadavres de déportés, les abat-jours en peau humaine ou les
presse-papiers en têtes réduites.
Ensuite, conformément aux accords de Yalta, Eisenhower a retiré ses troupes de Buchenwald inclus dans la zone soviétique.
Staline fait aussitôt remettre en service le camp qui fera désormais parti de "l'archipel du goulag" pour y enfermer les suspects d'hostilité au régime stalinien.
Berlin
30 avril 1945
À Berlin, les russes sont à 300 mètres du führer bunker. Alors Hitler tue sa chienne Blondie, il a épousé Eva Braun. Elle avale une pilule de
cyanure. Hitler se tire une balle dans la tête.
Goebbels et sa femme se sont aussi suicidés et les S.S. ont tenté de brûler les corps. Magda Goebbels avait d'abord empoisonné ses enfants. Dans sa dernière lettre, elle avait écrit :
"Le fait que nous puissions finir nos vies avec le führer est une bénédiction du destin que nous n'aurions jamais osé espérer".
2 mai 1945
Les soviétiques vont planter le drapeau rouge sur le Reichstag.
Les principaux chefs nazis seront capturés comme Goering, le pire complice d'Hitler.
En Italie, Mussolini est exécuté par les partisans et son cadavre livré à la vindicte de la foule.
Partout en Europe la vengeance se déchaîne contre tous ceux qui ont, d'une manière ou d'une autre, collaborer avec les maudits.
A Berlin, Anna Pavlovna règle la circulation devant la porte de Brandebourg.
Début de la 5ème
vidéo en anglais - 5/5
Pour vaincre l'Allemagne hitlérienne, le sacrifice russe a été immense. 20 000 millions de civils sont morts et 8 millions de soldats, près de 15 % de la population de
l'Union Soviétique.
Le maréchal Joukov vient se faire filmer dans les ruines de la grande Chancellerie du Reich, le symbole même du rêve de grandeur d'Hitler. Pour bien montrer au monde que c'est lui, le russe et
son armée, qui ont écrasé la puissance allemande. Enfin le bureau d'Hitler avec le fameux globe terrestre que Chaplin avait parodié dans son film "Le dictateur".
Hitler avait ordonné aux S.S. de brûler son corps. Les soviétiques feront disparaître les ossements pour éviter toute forme de culte.
8 mai 1945
Le chef de la Wehrmacht, le maréchal Keitel signe la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie devant le russe Joukov son ennemi mortel, entouré des alliés : l'anglais Tedder,
l'américain Spaatz et le français De Lattre de Tassigny.
Plus tard, Keitel sera jugé au procès international de Nuremberg. Il sera pendu comme beaucoup de criminels de guerre.
Berlin
L'écrivain allemand Klaus Mann s'adresse alors à ses compatriotes, il dit : "La défaite ne constitue pas une honte. Au contraire, la honte, l'avilissement, la décomposition,
l'appauvrissement de le vie allemande, c'était le national-socialisme".
Pour arrêter le nazisme, il a fallu anéantir l'Allemagne. Faut-il aussi anéantir le Japon ?
Okinawa
1945
Dans le Pacifique, les avions suicides japonais qu'ils appellent "kamikazes" fondent sur la flotte américaine.
Le Japon ne peut accepter l'idée même de la capitulation, déshonneur suprême. Des militaires de Tokyo, crispés sur leur pouvoir, sacrifient ce qui reste de leur jeunesse et de leur aviation pour
empêcher le débarquement des américains.
Les États-Unis choisissent alors d'éviter ce débarquement dont ils pensent qu'il va leur coûter un million de morts et déclenchent l'enfer atomique.
HIROSHIMA NAGASAKI
6 août 1945 9 août 1945
Les deux premières bombes nucléaires de l'histoire font, en une seconde, plus de 100 000 victimes et permettent enfin à l'empereur Hiro Hito de demander la paix sans perdre la face.
Il a fallu la bombe atomique pour que les soldats et les officiers japonais acceptent de faire ce geste si contraire au bushido. Mais plusieurs milliers d'entre eux s'y refuseront et s'enfuiront
dans la jungle. Le dernier sortira de sa cachette et se rendra en 1975.
2 septembre 1945
Dans la baie de Tokyo, à bord du cuirassé américain Missouri, l'émotion étreint les représentants des nations alliées. Chinois, anglais, russes, ou français avec le général Leclerc.
Ils ont le privilège d'assister à la réddition japonaise qui marque la fin de la seconde guerre mondiale.
C'est le général MacArthur qui représente les vainqueurs. Le ministre japonais des affaires étrangères, en haut-de-forme, boitant depuis qu'il a perdu une jambe dans un attentat en Chine, va
signer au nom de l'empereur. Il l'a rencontré la veille et il lui a dit : "Il faut que nous fassions de ce jour de deuil le premier jour de naissance d'un nouveau Japon. Ainsi nous pourrons aller
à cette cérémonie la tête haute".
MacArthur conclut avec ces mots historiques : "Mon plus grand espoir ainsi que celui de toute l'humanité est que de cette cérémonie solennelle
naisse un monde meilleur".
Après tout ce sang et ce carnage,
Cette guerre a fait 50 millions de morts - 2 fois plus de victimes civiles que militaires dans ce déchaînement de la violence à l'état pur. Des milliers de
malheureux ont souffert longtemps après de l'agonie des radiations nucléaires ou du terrible manque des parents ou des enfants morts dans les camps nazis.
Cette série est dédiée aux victimes de tous les totalitarismes.
Remercions les cameramen, héros sans arme, les mémoires des combats et ceux aussi que l'on appelle les amateurs qui ont filmé la guerre atroce et familière.
Ils nous ont permis de connaître Rose, qui, le dernier jour de l'Apocalypse a écrit le mot "fin" sur une bombe.
Pour connaître
les réalisateurs de ces films et avoir d'autres renseignements je vous renvoie au site intéressant de
France 2.
. 1er
épisode : L'AGRESSION (1933 - 1939) - THE
AGRESSION
. 2ème épisode
: L'ÉCRASEMENT (1939 - 1940) - THE CRUSHING DEFEAT
. 3ème épisode : LE
CHOC (1940 - 1941) - THE SHOCK
.
4ème épisode : L'EMBRASEMENT (1941 - 1942)
- THE WORLD ABLAZE
. 5ème épisode :
L'ÉTAU (1942 - 1943) - THE
NOOSE
. 6ème épisode :
L'ENFER (1944 - 1945)
- INFERNO
Pour visionner cet épisode mais en anglais
- The noose part 1
- The noose part
2
- The noose part 3
- The noose part
4
- The noose part
5
L'ETAU
(1942 - 1943)
Début de la 1ère
vidéo en anglais 1/5
Fin octobre 1942
Adossée au fleuve, la ville de la Volga resiste encore. Les soldats allemands écoutent le führer à la radio. "Nous avons pris Stalingrad, il ne reste plus que quelques points de résistance. Nous
les prendrons les uns après les autres, c'est une question de temps". Pour Hitler, Stalingrad est devenue le symbole de la victoire sur la Russie.
Après deux ans de guerre à l'est, le front piétine.
Au nord, les allemands encerclent toujours Leningrad. Après 700 jours de siège, les soviétiques ne faiblissent pas.
Au centre, l'objectif, Moscou est toujours un mirage pour les allemands.
Au sud la progression vers le pétrole de Bakou s'arrête dans les monts du Caucase.
A Stalingrad, les russes tiennent encore. Contrairement à ce qu'affirme Hitler, les bateaux soviétiques traversent toujours la Volga pour amener des renforts. Chaque jour, des millieurs de
jeunes hommes, parfois sans arme ni formation militaire, sont déversés sur les berges. Ceux qui reculent devant les obus allemands sont impitoyablement abattus par les commissaires
politiques. Un officier, le colonel Ludnikov dit : "Nous nous battons pour chaque mètre de terre, mais notre mètre est différent. C'est le mètre de Stalingrad. Chaque centimètre compte. Nous
mordons la terre, nous ne reculons pas. Les allemands cherchent à les débusquer au lance-flammes. C'est l'enfer de Stalingrad.
Les sacrifiés et tous les soldats russes du front écoutent, le 7 novembre, anniversaire de la révolution, leur chef suprême Staline prononcer ces paroles inatendues. "Demain on dansera dans nos
rues". Parce que le général Joukov, l'homme qui a déjà sauvé Moscou a un plan : tenir ces îlots de résistance jusqu'au bout pour fixer dans Stalingrad l'armée allemande du général Paulus.
Sur l'autre rive de la Volga, Joukov rassemble toute une armée dans le plus grand secret. Tous doivent prêter serment à Staline.
L'union soviétique toute entière travaille, malgré les destructions et la perte du quart de son territoire, à donner à cette nouvelle armée un énorme
matériel. Les usines, déplacées et remontées aux portes de l'Asie, tournent maintenant jour et nuit. Là aussi, le sacrifice humain est terrible. Dans cet hiver de 1942, dans leurs ateliers sans
chauffage et parfois même sans toit, les femmes ont froid, elles ont faim, elles meurent d'épuisement. Mais la production industrielle soviétique est décuplée.
L' aide américaine à la Russie est devenue massive. Dans l'Atlantique nord, les alliés, réussissent à réduire la menace des sous-marins allemands en formant des convois protégés vers les ports
soviétiques comme Mourmansk. Fini l'anti-communisme. Pour les américains, Joseph Staline est devenu l'oncle Joe et pour les anglais "ce bon vieux Joe". Les russes recoivent d'énormes quantités de jeeps, de chars, d'avions, de camions et de boîte de corned beef. En ouvrant ce boeuf compressé, les soldats russes
plaisantent "on ouvre le second front". Tous attendent, comme Staline, que les alliés fassent plus pour soulager leur misère.
Pourquoi ne créent-ils pas un second front ? Pourquoi ne débarquent-ils pas à l'ouest ?
Mais les allemands menacent les anglais en Egypte. Rommel, qu'Hitler vient de faire maréchal pour ses victoires dans le désert, son armée blindée, l' Afrika Korps avance dangereusement vers le
canal de Suez. Ils ont atteint El Alamein. L'empire britannique est menacé.
Le premier ministre Winston Churchill vient encourager son armée du désert. Le moment est grave mais il ne perd pas son humour. Il dit : "Le secret de la santé c'est boire, fumer et surtout pas
faire de sport". Et pourtant, il se remet à peine de son premier infarctus. Il retrouve le général Montgomery tout juste nommé. Ce n'était pas le premier choix de Churchill et il inquiète tous
ses soldats du désert : les anglais, les australiens, les néo-zélandais, les sud-africains ou français libres.
Parce que Montgomery, fils de pasteur, leur impose dès son arrivée une nouvelle discipline et une règle de vie rigide.
L'un de ses officiers, le capitaine Belchem (?) se rappelle : "Ce qui nous a frappés c'est qu'il était petit et maigre. Il n'était pas bronzé
comme nous autres. Il nous a dit quelques mots de circonstance -nous allons nous battre à El Alamein et nous en sortirons vivants ou morts- et il a affiché dans sa tente un portrait de Rommel".
Montgomery est le contraire de Rommel. Il est prudent, il attend d'avoir la supériorité en hommes et en matériel comme les nouveaux chars américains Sherman puissant et rapide. Encore faut-il
leur ouvrir des passages dans les champs de mines.
Le capitaine Belchem raconte : "Il n'y a rien de plus horrible. Tout le monde a posé des mines, des millions. Les plus diaboliques c'était les mines allemandes à double détente. Le pauvre
gars qui mettait le pied dessus, il sentait le clic mais rien ne se passait. Quand il enlevait son pied il sautait.
El Alamein
23 octobre 1942
Montgomery déclenche son offensive dans le style de la première guerre mondiale avec une préparation d'artillerie puis une attaque massive de chars qui se révèle très coûteuse à cause des canons
de 88 allemands. Les soldats de Rommel contre-attaquent sans arrêt. La bataille tourne à la charge à la baïonnette comme dans la Somme en 1916 avec de lourdes pertes des deux côtés. À ce jeu
mortel, c'est celui qui a le plus d'hommes qui gagne. Rommel écrit : "Nous sommes tout simplement écrasés par le poids de l'ennemi". Il reçoit ce message d'Hitler : "Votre seule pensée doit être
de tenir, de ne pas reculer d'un mètre". Rommel écrit dans ses carnets secrets : "Pourtant je cherche un moyen de tirer de là nos troupes. Nous allons vers les jours les plus difficiles qu'un
homme puisse traverser" ; et il ajoute "Les morts sont heureux, pour eux tout est fini".
Rommel bat en retraite. Ils sauvent ses hommes en volant l'essence de ses alliés italiens qui se retrouvent prisonniers alors qu'ils se sont battus avec courage.
À Londres, Churchill annonce à son peuple la première vraie bonne nouvelle de la guerre : "Ce n'est pas la fin, ni même le commencement de la fin mais c'est peut-être la fin du
commencement !". C'est la fin du commencement !
Le mot de Churchill fait le tour du monde. Le vieux lion britannique a tenu tête à Hitler.
Hitler, dans son quartier général, "la tannière du loup", est dédaigneux. Il dit : "Ce n'est qu'un revers, la guerre continue".
En effet, les alliés ouvrent un nouveau front en Afrique du Nord. Un premier pas vers le contrôle de la Méditerranée. Comme en 1917, les soldats américains traversent l'Atlantique. Antoine de
Saint-Exupéry en exil à New-York reviendra d'Amérique à bord de l'un de ces transports de troupes. L'auteur du "Petit Prince" écrit : "Amis d'Amérique, je voudrais vous rendre pleinement justice.
Cinquante mille de vos soldats partaient en guerre pour sauver non les États-Unis mais l'homme lui-même, le respect de l'homme, la liberté de l'homme, la grandeur de l'homme.
8 novembre 1942
Les américains et les anglais sont accueillis à coups de canons par les français devant Casablanca et Oran. Ils ripostent.
Début de la 2ème
vidéo en anglais 2/5
L'Afrique du nord est toujours aux mains du régime de Vichy, collaborateurs des allemands. Les combats sont violents et les dégâts importants chez les vichystes. Le chef de la France libre,
le général De Gaulle parle à la radio de Londres : "Soldats, marins, aviateurs, fonctionnaires, colons français d'Afrique du nord, levez-vous ! Aidez nos alliés. Joignez-vous à eux
sans réserve".
Après deux jours de ces combats contre les libérateurs, le calme revient. Les alliés consolident leur débarquement. À Alger, le commandant en chef américain, le général Eisenhower
pragmatique négocie avec le chef des vichystes l'amiral Darlan. Darlan l'un des pires collaborateurs. Il a serré la main d'Hitler. Il change de camp et avec lui les forces
françaises d'Algérie et du Maroc passent du côté alliés. Quelques semaines après, Darlan sera assassiné par un résistant. Les français d'Afrique du nord, soulagés, accueillent les américains
chaleureusement. Les zouaves de l'armée d'Afrique eux aussi sont soulagés. Ils n'ont jamais eu envie de tirer sur les américains et ils vont bientôt entrer dans la guerre à leur côté comme à
peu près tous les autres "pieds noirs".
Avec eux, ceux que l'on appelle alors les indigènes qui formeront des unités de tirailleurs marocains et algériens. Et tous vont partir pour un nouveau front.
Parce qu'Hitler a pris de vitesse les alliés en occupant la Tunisie toujours contrôlée par Vichy qui laisse les allemands s'installer.
9 novembre 1942
Rommel, lui, recule vers la Tunisie.
Deux jours plus tard, pour sécuriser la côte méditerranéenne, Hitler envahit le sud de la France jusqu'ici non occupée : la "zone libre"
L'ordre d'Hitler est de capturer le port de Toulon où la flotte française est concentrée. Les amiraux vichystes choisissent alors le sabordage.
Couler eux-mêmes leurs navires pour ne pas les laisser tomber aux mains des allemands ni des alliés. Triste conséquence de la politique de Pétain mais pas une bonne nouvelle pour Hitler.
L'arrivée des allemands sème aussitôt la terreur dans l'ex zone libre où beaucoup de juifs avaient trouvé un refuge relatif. Dans cette atmosphère sinistre de rafles et de dénonciations qui
s'intensifie dans toute l'Europe, des enfants sont sauvés par de courageuses familles. Comme celle de Karl de Brower (?). Ce
banquier belge filme ses quatre enfants avec sa femme Denise. Ils cachent deux enfants juifs. Monique Mogoulski (?) 12
ans, fille d'un ingénieur, qui lui aussi se cache quelque part et Adrien Sabkaro (?) 6 ans. Sa mère a été arrêtée et déportée dans un camp de travail à l'est. Elle ne reviendra jamais
d'Auschwitz.
Ils sont nombreux maintenant à se douter que les mots utilisés par les occupants comme "camp de travail" signifient la mort.
Karl et Denise de Brower, héros du quotidien recevront un jour le titre de "juste" parmi les nations, comme 19483 hommes et femmes de toute l'Europe occupée.
Front de Stalingrad
18 novembre 1942
À 2000 kilomètres de là, autour de Stalingrad, les allemands profitent d'un repos à l'arrière en attendant de retourner se battre contre les derniers points de résistance russes.
Les flans de l'armée allemande sont tenus par des unités des pays satellites du Reich : des roumains, des hongrois et des italiens qui n'imaginent pas le danger qui les menacent.
À quelques kilomètres de là, les soldats soviétiques se préparent à l'assaut. Leur haine est implacable. Ils sont plus d'un million. Ils doivent se ruer sur les unités ennemies les plus faibles
pour encercler l'armée allemande qui occupe Stalingrad.
19 novembre 1942
À cinq heures du matin, 3000 canons et orgues de Staline écrasent les lignes ennemies. Le soldat
italien Eugenio Corti témoigne : "Les roquettes
tombaient avec la rapidité de la grêle. La terre était secouée comme par un séisme". L'immense armée de Joukov passe à l'offensive. Les hongrois n'avaient pas assez de munitions. Les roumains
n'avaient pas d'armes anti-chars. Les italiens ont laissé leur vie.
Les deux armées russes du nord et du sud font leur jonction magnifiée par le talent des cinéastes soviétiques. Les allemands voient les chars russes
refermer le cercle autour d'eux. La 6ème armée du général Paulus est prise au piège de Stalingrad.
Hitler est dans son chalet du Berghof à Berchtesgaden, son repère des Alpes bavaroises. C'est là qu'il apprend la nouvelle de l'offensive soviétique. Sa première réaction est de dire à son
entourage : "Il faut cacher cette nouvelle au peuple allemand". Il part vite pour son quartier général de Prusse orientale en précisant : "Si la 6ème armée se retire de
Stalingrad, la Wehrmacht n'y retournera jamais".
Paulus pourrait encore briser l'encerclement mais il lui faudrait désobéir car en arrivant à la "Tanière du loup", Hitler lui a envoyé ce message : "Restez sur place, une armée va venir vous
délivrer". Mais aucune armée ne parviendra jusqu'à eux et les avions de la Luftwaffe seront incapables de les ravitailler suffisamment malgré les promesses de leur chef Goering.
Stalingrad
Noël 1942
À Noël, la ration est réduite à 50 grammes de pain et 12 g de graisse. Le soldat infirmier Paul Gerhard Muller (?), 30 ans, écrit : "Ma très chère
Magdalena, cette lettre est une tentative, probablement la dernière, d'entrer en contact avec le monde extérieur. Mon amour, je ne veux pas te faire de peine inutilement mais tu dois savoir ce
qu'il en est ici. Tous ces blessés, la misère de la situation actuelle dépassent de loin ce que nous avons vécu. Je te remercie encore une fois pour toute ta fidélité et ton amour. Je t'ai trop
souvent causé du chagrin, cela m'attriste profondément. Pardonne-moi".
Le lieutenant von Lebecke (?) dit : "Dans nos radios on entendait un russe nous répéter en allemand - toutes les 7 secondes un soldat allemand meurt
en Russie - Stalingrad massengrab / Stalingrad fosse commune - .
Mussolini qui vient de perdre une armée à Stalingrad cherche une issue à la guerre. Il dit à Hitler : "J'ai la conviction que la Russie ne
pourra jamais être détruite. Un territoire aussi vaste ne peut être conquis". Il l'entraîne à l'écart et ajoute : "Le chapitre russe peut être clos. Il faudrait faire la paix avec Staline". Que
va faire Hitler ? Négocier serait l'aveu d'un énorme échec, celui de toute la campagne de Russie. Pourtant, des pourparlers s'engagent secrétement par l'entremise du Vatican et de la
Suède.
Mais les évènements ne vont pas laisser le choix à Hitler.
Á Casablanca, au Maroc, le président des États-Unis, Roosevelt, vient assister à sa première grande conférence outre-Atlantique. Avec Churchill, il veut régler d'abord la délicate
question du pouvoir politique dans l'Afrique du Nord libérée. Roosevelt veut barrer la route à De Gaulle qui revendique la légitimité d'incarner la résistance française depuis 1940. Il dit :
"Le général De Gaulle est un soldat, patriote, dévoué à son pays mais c'est un politique et un sectaire et il y a chez lui, je crois, tous les attributs d'un dictateur".
Début de la 3ème
vidéo en anglais - 3/5
Roosevelt préfère convoquer à Casablanca l'un des grands chefs français le général Giraud, fait prisonnier en 1940, qui vient de s'évader d'Allemagne et qui a rejoint l'Afrique du
Nord. Il a belle allure et il ne se mêle pas de
politique.
Churchill continue de soutenir De Gaulle qu'il fait venir aussi pour le réconcilier avec son rival ce qui n'est pas facile. Roosevelt et Churchill s'entendent sur une future association des deux
concurrents au sauvetage de la France. On voit bien que Roosevelt est plus chaleureux avec Giraud qu'avec De Gaulle.
Mais c'est à la conférence de presse de clôture que Roosevelt et Churchill font une déclaration de la plus haute importance. Ils énoncent avec force ce
qui sera désormais le dogme des alliés :
la réddition sans condition de l'Allemagne, du Japon et de l'Italie.
Il n'y aura plus de négociations. Les alliés se battront jusqu'au bout contre l'axe au prix de tant de morts.
Nombreux sont ceux qui pensent que cette position radicale destinée à rassurer les russes va souder les allemands autour de leur führer.
Staline ne peut qu'applaudir. Sa crainte c'était qu'Hitler n'obtienne une paix séparée des alliés pour concentrer ses forces contre lui. Il lance son offensive pour achever la bête tapie dans les
ruines de Stalingrad
22 janvier 1943
Le capitaine soviétique Joseph Praoutov écrit à sa femme : "Je me sens mieux maintenant. Nous avons pris le dessus sur ces serpents. Nous en capturons un grand nombre. Ils commencent à payer pour
le sang qu'ils ont versé, pour les larmes de notre peuple. Je vais bientôt revenir. Je t'envoie 500 roubles. Joseph".
Les russes atteignent le centre ville. Face au drapeau rouge, le magasin Univermag où se terre le chef de la 6ème armée le général Friedrich Paulus. Ses hommes se rendent. Paulus aussi (31
janvier 1943). La veille, Hitler l'a nommé maréchal en pensant que son honneur l'obligerait à se suicider. Mais Paulus, écoeuré par l'absurdité des ordres d'Hitler, brisé nerveusement, épuisé par
la dysentrie se laisse capturer.
Pour les russes le maréchal Paulus est une prise exceptionnelle. C'est lui qui avait conçu le plan d'invasion de l'Union Soviétique : l'opération Barbarossa. Les soviétiques n'arrivent pas à
y croire et lui demande son livret militaire pour être sûrs de son identité. Paulus va collaborer avec les russes et faire condamner ses anciens chefs comme Keitel au procès de Nuremberg. Il
choisira de vivre en Allemagne de l'est. Il agit surtout par rejet de la folie hitlérienne comme beaucoup de ses hommes.
Au diable Hitler, osent marmonner les prisonniers allemands avec les quelques mots de russe qu'ils connaissent. Nous voulons rentrer chez nous.
On peut imaginer l'émotion de tous les peuples occupés. Après la défaite de Stalingrad, l'espoir renaît.
Bien entendu, les actualités allemandes ne montrent aucune de ces images et Hitler dit : "Il ne faut pas employer le mot capitulation. Il faut
expliquer que nos hommes n'ont pas eu de ravitaillement, c'est pourquoi ils ont été battus. Ils faut employer le mot sacrifice".
Les nazis veulent tirer de ce désastre national le moyen de galvaniser le peuple allemand, et c'est le ministre de la propagande Goebbels qui se charge de cette mobilisation générale de toutes
les énergies et de toutes les ressources.
Dans l'assistance, extasié, Albert Speer. C'est lui qui va donner à Hitler les moyens de la guerre totale. Hitler dit de lui qu'il est son seul ami. Il a fait de cet architecte de 38 ans, qui a
construit ses palais de mégalomane, son ministre de l'armement. Speer donne un nouvel élan à l'industrie de guerre allemande parce qu'il est un remarquable organisateur mais surtout un nazi
implacable.
Il fait rafler 4 millions de civils soviétiques et les fait travailler jusqu'à l'épuisement et la
mort.
Après la Russie et la Pologne, c'est la France occupée qui fournit le plus gros contingent de travailleurs aux nazis. Le régime de Vichy
institue le S.T.O - le Service du Travail Obligatoire - et recrute 600 000 ouvriers pour l'Allemagne. Les réfractaires au S.T.O s'enfuient dans les forêts pour renforcer les maquis. Ces
groupes de résistants dont l'hymne est : "Le chant des partisans" de Maurice Druon (écrivain et homme politique), Joseph Kessel (journaliste et écrivain) et Anna Marly chanté par Germaine Sablon.
Des armées de l'ombre se constituent dans tous les pays occupés.
Ghetto de Varsovie
19 avril 1943
Derrière les murs du ghetto de Varsovie, les allemands font face à la révolte des juifs.
Avant la guerre, le ghetto de Varsovie était un quartier animé.et libre filmé ici en couleur par un touriste américain. Des juifs sortis des romans yiddish de Salem (?) qui écrivait : "Que tous se rappellent de nous en souriant". Ce mêmes êtres humains en 1940. Les nazis ont fait du ghetto une prison
surpeuplée où cette femme hurle sa douleur en portant son enfant mort.
Le ghetto en 1941. Le ghetto en 1942. Le ghetto en 1943.
Début de la 4ème
vidéo en anglais - 4/5
Les nazis ont organisé la famine pour tuer, affaiblir, et empêcher toute révolte. Mais les juifs ont réussi à se procurer des armes et ils sont morts en combattant. Les survivants sont déportés
et assassinés au camp d'extermination de Tréblinka. Le ghetto est totalement rasé.
7 mai 194
Au même moment, les alliés remportent une nouvelle victoire. Ils entrent dans Tunis.
Derrière ces grilles, les allemands pendant leur courte occupation avaient aussi entrepris de persécuter les juifs de Tunisie. Les alliés leur font
aussitôt enlever leurs étoiles jaunes. Les italiens prisonniers ont droit à un bras d'honneur général.
Rommel, encore en Tunisie, est filmé par un de ses officiers avant d'embarquer dans l'un des derniers avions pour l'Allemagne. Il écrit : "J'ai reçu la consigne de prendre une permission de
convalescence pour me remettre sur pieds. Mes efforts pour sauver mes hommes et les ramener sur le continent ont été inutiles ". Du quartier général du führer l'ordre a été donné de me
rappeler, en secret, seul en Allemagne. Ce qu'ils veulent c'est garder ma réputation militaire en réserve".
Cap Bon (Tunisie)
16 mai 1943
Son armée l'Afrika Korps est entièrement prisonnière et marche maintenant en longue file vers les baleines de la flotte américaine qui vont l'engloutir et l'amener de l'autre côté de
l'Atlantique. Pendant la guerre, 380 000 prisonniers allemands seront transportés au Canada et aux Etats-Unis d'où ils ne pourront pas s'évader. C'est une étrange odyssée que celle de ces
prisonniers. Elle commencent sur les navires de transports où la plupart de ces hommes ont l'impression de vivre un rêve. Pour eux la guerre est finie et ils sont sains et saufs. Mais pour ces
simples soldats allemands le rêve tourne vite au cauchemar car les nazis règnent toujours en maîtres.
En débarquant au Canada, ceux-là font toujours leur salut arrogant même quand ils n'ont plus qu'un bras. Ceux qui vont dans les camps de Virginie ou du Texas remplacent dans les plantations de
coton ou de tabac les ouvriers agricoles noirs mobilisés par l'armée américaine.
Dans les baraquements, la loi nazie fait régner la terreur. Chacun doit prouver qu'il n'a pas été capturé par lâcheté sinon un tribunal clandestin le condamnera. Les exécutions ont lieu la nuit
derrière les barbelés. Et ce message doit être transmis aux soldats allemands qui se battent et souffrent sur tous les fronts. Ils doivent savoir qu'ils n'ont rien à espérer en se livrant aux
alliés.
La Wehrmacht n'est plus la même. Les soldats colportent des histoires sur le führer. Il paraît qu'il a perdu la raison. Il est gardé en secret à
Berchtesgaden. C'est un sosie qu'il envoie. Mais non, c'est bien Hitler à Berchtesgaden filmé par Eva Braun, sa maîtresse. Il a changé depuis les défaites de Stalingrad et d'Alamein. Sa célèbre
moustache a blanchi. L'un de ses généraux von Senger est frappé par son aspect il dit : "Sa peau était flasque, son regard si bleu qui avait magnétisé les foules était rongé par l'insomnie".
C'est que son médecin, l'étrange docteur Morell, lui a fabriqué un collyre à la cocaïne.
Morell, filmé ici le 20 avril 1943, avec les secrétaires et les intimes qui viennent souhaiter un bon anniversaire au führer qui n'a que 54 ans. Morell réussit à le rendre
présentable pour les cérémonies. Mais Hitler fait attention de bien retenir son bras gauche qui a tendance à trembler parce qu'il est déjà atteint de la maladie de Parkinson. Alors le chef de
S.S. Himmler, l'homme de main aux petits yeux cruels, prend un nouvelle importance. L'A.S.S., issue des jeunesses hitlérienne, était au début du nazisme la SchutzStaffle - la section de
protection des chefs -.Elle fournit ensuite les gardiens des camps de concentration.
L'A.S.S s'est dotée maintenant d'une véritable armée : la Waffen-S.S. Des troupes d'élite qui doivent, sous les ordres d'Himmler, supplanter un jour la Wehrmacht qui n'est plus considérée comme
parfaitement fidèle. Himmler recrute de plus en plus dans les pays occupés et fanatiques comme ces S.S. bosniaques que vient inspecter le grand Mufti de Jérusalem. Pour lui, les
juifs sont les ennemis communs de l'Islam et de l'Allemagne nazie. Hitler lui a dit : "L'heure de la libération du peuple arabe a sonné".
Dans la partie de la Russie occupée, les S.S. n'ont pas de mal à recruter aussi deux divisions de cosaques, déjà tristement célèbres du temps du tsarisme pour leurs pogroms anti-sémites sanglant.
Ils vont former le redoutable 15ème S.S Kavalerie Korps. De son côté, la Wehrmacht enrolera un million de prisionniers soviétiques qui n'ont pas d'autre choix que de mourir de faim ou de
combattre aux côté des allemands. Certains sont aussi anti-stalinien, comme l'ex-général soviétique Andreï Vlasov, héros de la bataille de Léningrad, fait prisonnier puis transfuge de l'Armée
Rouge. Il commandera une armée de libération de la Russie sous uniforme allemand.
Cette véritable légion étrangère est équipée en priorité des meilleurs matériels comme le super char Tigre, produit du génial ingénieur Ferdinand Porsche. Avec son canon de 88, le meilleur de la
guerre, un Tigre vaut dix chars alliés.
À la "Tanière du Loup", Hitler reprend espoir. Il a maintenant les moyens de replonger dans son obsession : casser l'Armée Rouge. Il veut attaquer.
À Koursk, les russes se sont imprudemment enfoncés dans le dispositif allemand. L'occasion est rêvée de les encercler et de les détruire. C'est l'opération "Citadelle". Le plus grand affrontement
de blindés. La première bataille industrielle de l'histoire. 2700 chars allemands prêts à affronter 3600 chars soviétiques. Mais la supériorité technique du Tigre est écrasante. Hitler est sûr de
son coup. Il a placé à la tête de 600 000 soldats celui qui lui avait permis de gagner la bataille de France : le maréchal von Manstein.
L'offensive des Tigres parvient à percer les lignes soviétiques mais se heurtent à une violente défense anti-chars russe et à d'énormes concentrations de blindés. Les soldats de la Wehrmacht sont
repoussés. Ils ont l'impression que l'ennemi sait exactement où ils vont attaquer et chaque fois les chars russes T34 sont là en embuscade.
Début de la 5ème
vidéo en anglais - 5/5
Parce que la machine allemande à crypter les messages appelée "Enigma" a été capturée et décodée par les britanniques. Ils peuvent désormais lire en clair tous les ordres les plus
secrets.
Churchill interdit de communiquer ces informations aux russes pour ne pas éveiller les soupçons des allemands. Mais les puissants services secrets soviétiques, en Grande-Bretagne, ont réussi à
transmettre les décodages des plans d'opération à Moscou. Cette guerre est aussi celle de l'espionnage.
À Koursk, le résultat est terrible pour les allemands qui ont déjà perdu 50 000 hommes dans cette bataille. Manstein veut des renforts pour continuer son offensive. Il attend Hitler. Il lui dit
aussitôt : "Nous avons eu des pertes mais les russes bien plus que nous". Hitler se montre très hésitant. Il bafouille des lieux communs (banalités).
Manstein écrira : "Il me fait l'effet d'être faible". Cette impression se confirme quand Manstein montre à Hitler le tableau des pertes de Koursk. La guerre a déjà coûté à l'Allemagne 2 millions
de soldats tués, blessés ou disparus. Et ce ne sont pas les Waffen S.S qui vont combler les vides.
On est loin des victoires de la Blitzkrieg -la guerre éclair- de la bataille de France. Koursk est le vrai tournant de la guerre parce qu'Hitler passe sur la défensive.
Paranoïaque, il a exigé la présence de sténographes qui notent pour l'histoire tout ce qui se dit dans ce moment crucial. Pour Manstein, rien n'est encore perdu. Mais pas pour
Hitler. Manstein le supplie de reprendre l'offensive. Hitler refuse. La bataille de Koursk est terminée. Pour lui, l'urgence, c'est d'envoyer les renforts en Sicile où les alliés viennent de
débarquer.
L'étau se resserre. Les évènements se précipitent.
11 septembre 1943
Hitler ne peut que retarder l'avance des alliés. Mais il ne peut empêcher la chute de Mussolini qui entraîne la
capitulation et le changement de camp de l'Italie.
Le nouveau gouvernement italien emprisonne Mussolini dans la montagne. Hitler envoie un commando de parachutistes pour le délivrer. Hitler veut
rétablir l'autorité de Mussolini. Il le renvoie en Italie recréer un état fasciste avec l'aide de l'armée allemande.
Hitler envahit l'Italie et n'hésite pas à faire tirer sur ses anciens alliés qui tentent de résister.
Il occupe Rome où les juifs sont aussitôt pourchassés. Pour Hitler, il faut avant tout empêcher d'autres débarquements alliés en Italie et surtout en
France. C'est la forteresse Europe dont le symbole est l'incroyable "mur de l'atlantique". Une succession de fortifications de la Norvège à la frontière espagnole.
Rommel est chargé de la défense de cette forteresse Europe. Il dit : "Nous devons absolument repousser les anglais et les américains sur les plages,
après, il sera trop tard". Le premier jour du débarquement sera décisif. Ce sera "le jour le plus long".
Pour Rommel et les nazis le "crépuscule des dieux" commence.
Et pourtant, ces images des actualités allemandes de Rommel invité à un goûter chez la femme du ministre de la propagande, Magda Goebbels, incarnent
bien l'état d'esprit des nazis à ce moment de la guerre. L'idéologie nazie donne la foi en la victoire et l'emporte sur le doute. Magda Goebbels adore Hitler comme un dieu alors qu'il enfonce
l'Allemagne dans le crime et la mort. Magda Goebbels a donné à ses six enfants des prénoms qui commencent par "h" comme Hitler - Helga - Hildegarde - Helmut - Holdine - Hedwig - Heidrun
-
Elle les assassinera tous, les uns après les autres, au dernier jour du Reich.
Et on s'est dit : "Y a pas de raison que les japonais soient meilleurs que nous, ils habitent tous dans des villes, y a pas d'jungle au Japon". Les
marines sont des pros et les japonais des fanatiques, certains de leur supériorité. Les japonais chargent à la baïonnette comme pendant la 1ère guerre mondiale, comme à Verdun, contre les
mitrailleuses. Avec le même résultat qu'à Verdun : une hécatombe. 900 trouvent la mort dans la bataille de la rivière Ténaro. Après cela, les marines peuvent capturer l'aérodrome, le
sécuriser, agrandir la piste pour les premiers avions des marines volants surnommés "les têtes brûlées".
Ce terrain d'aviation devient la cible permanente des canons japonais. La nuit, leurs croiseurs se glissent le long de la côte pour les pilonner avec une telle régularité que les marines
l'appellent "l'express de Tokyo".
Une bataille navale s'engage pour empêcher les renforts de débarquer. Un régiment d'élite japonais y parvient. Ces fusiliers marins japonais sont de redoutables guerriers mais ils partent se
battre sans la moindre protection contre les maladies tropicales. Le paludisme en tuera la moitié, l'autre se sacrifiera toujours au nom du bushido. Celui qui les commande, le colonel Itchiki,
leur rappelle la devise des Samouraïs "Le devoir est lourd comme une montagne mais la mort du soldat est légère comme une plume".
Les combats de Guadalcanal ne font que commencer. Ils vont durer six mois. Une guerre d'usure. Les marines se sentent pris au piège de ce qu'ils appellent l'"enfer vert". Eux aussi sont malades,
leurs plaies s'infectent, mais ils ne sont qu'au début de leur calvaire.
C'est aussi, au même moment, le calvaire de l'Armée Rouge. Les russes l'appellent l'"été noir de 1942". Les allemands ont repris leur marche vers l'est et font de nouveau des prisonniers mais
moins que l'année précédente, car la plupart du temps, les soviétiques se retirent devant eux en ne laissant que de la terre brûlée.
Ce qu'Hitler prend pour une fuite est un ordre de Staline. Mais pour les lenzheers (?), les soldats de la Wehrmacht, chaque prise de ville
reste un combat féroce. Le major Hocke (?) , du 18ème régiment d'infanterie, écrit : "Les nouvelles recrues ne sont pas habituées à ce genre de
combat. Ils se dépriment vite, s'énervent et se font faucher. Le 8 août, nous avons perdu 35 de ces jeunes sur 50 morts de la sixième compagnie.
Hitler jette dans cette fournaise toutes ses ressources : 5 millions d'hommes mais il estime qu'il lui en manque encore 800 000 pour ce combat décisif. Ce sont ses alliées roumains, hongrois et
italiens qui vont fournir ces hommes. La plupart sont forcés de se battre pour lui. Pauvres italiens, jetés par la mégalomanie de Mussolini dans cette guerre. 10 000 seulement sur 300 000
reviendront chez eux.
L'objectif d'Hitler n'est plus Moscou mais le sud de la Russie. Il a conçu un vaste mouvement de tenaille qui se refermera sur le pétrole du Caucase et celui du Moyen Orient avec Rommel qui
continue à avancer en Egypte.
L'autre objectif : Stalingrad. La ville de Staline et ses usines. Hitler déclenche les deux offensives en même temps, ce qui inquiète l'état-major. Hitler divise ses forces comme pour Moscou
l'année précédente.
Une partie de la Wehrmacht s'enfonce donc dans les steppes. Le général von Kleist dit : "Devant moi : pas d'ennemi - derrière moi pas de réserves". Ils atteignent les monts du Caucase, ils
marchent vers les confins de l'Iran où transite depuis peu le matériel américain en direction de l'U.R.S.S. Ils n'y parviendront jamais.
Début de la 5ème
vidéo en anglais 5/5
Pendant ce temps, le reste des forces allemandes, la sixième armée du général Paulus avance vers Stalingrad. Pour tenter d'arrêter la progression inexorable des chars, les russes mettent en
oeuvre des moyens désespérés : les chiens. Jusqu'ici, la peau de ces chiens servait à fabriquer des bottes. Les russes ont activement mis au point une technique basée sur les réflexes
conditionnés du célèbre savant Pavlov. Les chiens ont été affamés et habitués à chercher leur nourriture sous un tracteur à chenilles. Ils sont entourés d'une ceinture d'explosifs télécommandée
et lâchés au dernier moment quand un char allemand se profile à l'horizon.
En août 1942, Churchill va à Moscou avec Harrimann l'ambassadeur de Roosevelt pour rencontrer Staline qui réclame l'ouverture d'un second front à l'ouest. Churchill affiche son
fameux V de la victoire mais il est bien obligé d'avouer à Staline que les alliés ne pourront pas soulager la pression allemande sur le front est. Harrimann promet plus d'aide mais Staline est
furieux. Il sait qu'il devra lutter seul contre Hitler. Alors il nomme à la défense de Stalingrad l'un de ses plus rude homme de main, l'ukrainien Nikita Khrouchtchev déjà
responsable de massacres staliniens avant la guerre. Khrouchtchev transmet l'ordre de Staline de ne plus reculer. Il fera fusiller 15 000 de ses hommes, des soldats soviétiques, pour manque de
courage. Mais il ne peut empêcher l'avance allemande jusque dans les faubourgs de Stalingrad.
Début septembre 42, Paulus parvient à la ligne de chemin de fer qui va à Moscou et réussit à la remonter et prendre la gare centrale de Stalingrad.
Les Stukas se préparent à détruire ce qui fut l'orgueil de l'Union Soviétique, la plus belle ville industrielle du monde communiste faite pour le bonheur des ouvriers. La cité-jardin les usines
Octobre Rouge ou Barricades. Les bombardements allemands tuent des milliers de civils.
La gigantesque usines de tracteurs qui produisait les chars T34 n'est plus qu'un océan de ruines. Mais ces ruines sont autant de blokhaus, de forteresses que les allemands doivent prendre au
corps à corps au prix de lourdes pertes qui ne sont pourtant rien à côté de celles des russes.
En quatre semaines de combats acharnés, les allemands réussissent à gravir le seul point élevé : la colline Mamaïev. De là, ils peuvent contrôler l'ensemble de la ville.
Le 15 Octobre 1942, les allemands atteignent leur but : le grand fleuve russe la Volga. Seule une mince bande de terre est encore aux mains de quelques soviétiques. Le
général Paulus peut donc annoncer à Hitler que la 6ème armée occupe la ville sur laquelle flotte désormais la croix gammée.
Hitler fait frapper la médaille commémorative de la prise de Stalingrad.
Il exulte. Il réunit ses complices : Goering, Goebbels, Himmler et ses fidèles et il leur dit : "Je voulais la prendre cette ville de Staline. Nous avons fini par l'avoir et aucun bateau ne peut
plus remonter la Volga. Ça c'est l'essentiel".
Pour connaître les réalisateurs de ces films
et avoir d'autres renseignements je vous renvoie au site intéressant de
France 2.
Chaque épisode sera découpé en plusieurs parties, ce qui va me permettre d'ajouter le texte du documentaire en dessous. Je vous proposerai aussi la version en anglais.
. 1er épisode :
L'AGRESSION (1933 - 1939) - THE AGRESSION
. 2ème épisode
: L'ÉCRASEMENT (1939 - 1940) - THE CRUSHING DEFEAT
. 3ème épisode : LE
CHOC (1940 - 1941) - THE SHOCK
. 4ème épisode : L'EMBRASEMENT (1941 - 1942) - THE WORLD
ABLAZE
. 5ème épisode :
L'ÉTAU (1942 - 1943) - THE
NOOSE
. 6ème épisode :
L'ENFER (1944 - 1945)
- INFERNO
Pour visionner cet épisode mais en anglais
- The
shock - part 1
- The shock - part 2
- The
shock - part 3
- The shock - part
4
- The shock - part
5
LE CHOC
(1940 - 1941)
Début de la 1ère vidéo en anglais 1/5
Après avoir vaincu la France, les allemands ont fait de Paris la ville de détente de leurs soldats. Avec les permissionnaires, le lieutenant August von Kageneck, 19 ans. Son unité n'avait pas
participé à la campagne de France. Il découvre la capitale. Il écrit : "On nous donne des consignes très strictes - tenue impeccable, pas de contact avec la population-. Nous inventons le
tourisme de masse.
Les français ne les regardent pas. Certains résistent déjà comme ces deux saboteurs de lignes téléphoniques. Les premiers fusillés par les allemands.
Le nouvel état français, autoritaire, avec à sa tête le maréchal Pétain s'engage dans la collaboration avec l'Allemagne.
Pétain a promulgué un statut des juifs les excluant de la vie publique et il a serré la main d'Hitler.
Tous les jours, à 13 heures, la Wehrmacht défile. L'Allemagne occupe les capitales de l'Europe. Après Prague et Varsovie, Bruxelles, Luxembourg, La
Haye, Copenhague, Oslo mais pas Londres.
Février 41, dans la banlieue de Londres. Rose a trois ans dont deux de guerre. Rose est courageuse comme tout le peuple anglais. Les villes anglaises sont dévastées par les bombardements
allemands. Mais l'Angleterre tient bon autour de Churchill avec l'aide providentielle de Roosevelt.
Roosevelt vient d'être réélu pour la troisième fois président des États-Unis. Malgré l'opinion américaine hostile à la guerre, il proclame : "Nous devons être l'arsenal des
démocraties".
Seule une partie du matériel qu'il fournit à l'Angleterre arrive. Chaque bateau anglais est menacé de mort. L'océan Atlantique est infesté des sous-marins allemands. Leurs périscopes
cherchent le cargot anglais. Churchill s'inquiète, bientôt plus rien ne passera, l'issue de la guerre sera fatale. L'Angleterre est une île. C'est sa force mais c'est aussi sa faiblesse.
Pourtant, elle est le seul espoir des peuples occupés.
Les sous-marins allemands les U-boat disposent maintenant des ports français. Les loups de l'Atlantique sont groupés en meute. Ils coulent, dans cette seule année 1941, à la torpille ou au canon,
4 000 000 de tonnes (quatre millions) de navires anglais. Les sous-mariniers allemands lancent ici quelques boules de pain aux
naufragés qui n'ont pas beaucoup de chance de survie. Ils mourront de soif, de faim, de froid ou asphyxiés par le mazout.
Hitler est content des succès de ses sous-marins mais reste préoccupé par la réarmement massif de l'Amérique. A son secrétaire Bormann, il explique : "Dans un an, les États-Unis seront près à
entrer en guerre. Pour faire face, il nous faut plus de matières premières et elles sont à l'est. Il faut conquérir cet espace vital. Après, l'Angleterre n'aura plus d'espoir et fera la paix. Il
sera trop tard pour les américains. Attaquons la Russie au plus vite.
Hitler a baptisé le plan d'invasion "opération Barbarossa", du nom de l'empereur germanique Barberousse. La Wehrmacht commence à se concentrer à l'est. Le lieutenant von Kageneck part pour la
Pologne. Le long de la voie ferrée, il peut voir le reste des combats de 1939. Des prisonniers polonais et des juifs travaillent sur le chantier gigantesque de l'autoroute qu'Hitler fait
construire à travers la Pologne pour acheminer son armée vers la nouvelle frontière avec les russes. C'est la que la 9ème panzer division s'installe avec le régiment de Kageneck. Il écrit : "à
côté de nous il y a une unité S.S. Le commandant nous demande -vous voulez voir un juif ?- il fait un signe et un soldat amène un petit homme. -combien de gens as-tu volé aujourd'hui ?- l'autre
ne répond pas -donnez-lui 10 coups de bâton-. Nous sommes atterrés. C'est donc ça notre occupation en Pologne ? Nous avions entendu de vagues histoires de cruauté mais il était impossible de
savoir ce qui se passait. Ce pays était devenu le pays du silence. Nous ne savions pas que c'était le début du génocide auquel nous allions prêté notre courage et nos mains".
Kageneck fait mieux connaissance avec les autres officiers et les soldats de son régiment de panzer. Il faut se tenir prêt à attaquer, mais l'ordre ne vient pas, alors ils tournent en rond.
Hitler retarde l'offensive à l'est. Il doit venir en aide à son allié Mussolini qui veut mener sa guerre indépendamment de celle du führer. Le duce vient d'être battu par les anglais en Afrique.
L'armée italienne est en déroute dans le désert. Pour sauver Mussolini du désastre, Hitler envoie en Libye l'un de ses meilleurs généraux, Rommel, avec sa division blindée l'Afrika Korps. Une
petite armée de soldats très motivée par cette aventure coloniale. Ils ne savent pas ce qui les attend. Rommel est déjà un héros en Allemagne. C'est lui qui en mai et juin 1940 a pris Cambrai,
Arras, Rouen et Cherbourg (villes françaises). C'est aussi un vrai nazi de la première heure, un serviteur zélé et efficace
d'Hitler. Rommel croit aux blindés, à la guerre éclair. Le soir même de l'arrivée de l'Afrika Korps, Rommel lance ses chars vers les positions britanniques.
Ces prisonniers australiens ou sud-africains, venus se battre aux côtés des anglais, comprennent eux-aussi que la guerre du désert va être
terrible.
La légende de Rommel commence. Les anglais diffusent sa photo avec la mention "cet homme est dangereux". Hitler intervient en Grèce où
Mussolini s'est aussi aventuré. Il lancent ses parachutistes sur la Crète après avoir mené une campagne éclair dans les Balkans et occupé la Yougoslavie. Les arrières de l'invasion
de la Russie sont assurés. Mais l'opération Barbarossa prend du retard. Hitler a perdu de précieuses semaines.
Sur la place Rouge, la fête du travail est traditionnellement l'occasion d'un grand défilé militaire. Celui-là requiert une préparation particulière. Staline veut impressionner les
allemands. Il a reçu de nombreux renseignements de ses espions sur l'imminence d'une attaque. Mais il ne veut pas croire qu'Hitler osera rompre le pacte germano-soviétique aussi vite.
Début de la 2ème
vidéo en anglais 2/5
D'ailleurs, les allemands sont venus assister au défilé, salués avec beaucoup d'égard par le général Timochenko, commissaire du peuple, ministre de la défense de Staline. Les militaires allemands
se serviront de cette démonstration de force pour prétendre que Staline voulait frapper le premier.
Hitler va attaquer mais il aurait préféré ne pas se battre sur deux fronts, faire d'abord la paix avec l'Angleterre.
Dans la banlieue de Londres, dans son pavillon épargné par les bombardements allemands, Rose aide ses parents qui écoutent la radio. La BBC annonce soudain une nouvelle stupéfiante. En
Écosse, dans la région de Glasgow, viennent d'être retrouvés les restes d'un avion allemand, un Messerschmitt 110, son pilote a sauté en parachute. C'est un nazi de première importance : le
dauphin d'Hitler Rudolph Hess. Il dit : "Je suis en mission pour la paix".
Hess est l'un des premiers fidèles d'Hitler, l'un des plus fanatiques. Hess estime n'avoir pas eu un destin aussi glorieux que les autres dirigeants nazis. Il veut prouver à son führer
que lui, Rudolph Hess, et lui seul, peut trouver une issue au conflit avec l'Angleterre. Mais il est aussitôt emprisonné. Churchill ne veut rien savoir et Hitler le désavoue. Il finira ses jours
en prison. Pourtant il révèle, sans le vouloir, à ses interrogateurs britanniques qu'Hitler se prépare à envahir l'Union Soviétique.
Churchill transmet aussitôt l'information à Staline qui n'en fait aucun cas, pas plus que du dernier avertissement de Sorge, l'espion soviétique basé à Tokyo, sur l'attaque allemande - un
document daté du 30 mai 1941 -. Et Staline poursuit ses livraisons au Reich. Depuis le pacte germano-soviétique, il a expédié en Allemagne des milliers de tonnes de pétrole, de chrome, de
nickel. Ce qui a aidé Hitler à conquérir la France.
La dernière livraison a lieu dans la nuit du 21 au 22 juin 1941. Ce dernier train transporte mille tonnes de blé. Il passe la frontière à
minuit et à trois heures du matin, sans déclaration de guerre, les premiers sapeurs de la Wehrmacht se glissent en territoire russe. Derrière eux, 153 divisions allemandes, mais aussi
finlandaises, roumaines, slovaques, hongroises et même une division franquiste espagnole.
4 millions d'hommes avec 600 000 camions dont une bonne partie provient de l'industrie française. Des Berliet ou des Renault et 4000 chars, 7000 canons, 3000
avions.
Dans les premières minutes de l'attaque allemande, 1500 appareils soviétiques sont détruits au sol. Dans les premières heures,
400 autres avions russes sont abattus en vol par les allemands. Surprise, dépassée, l'armée de l'air soviétique semble rayée du ciel. L'offensive allemande se déchaîne sur 3000 kilomètres dans
trois directions.
Au nord, l'objectif idéologique Leningrad, la ville de Lénine, le berceau de la révolution russe, aujourd'hui, St-Petersbourg.
Au centre, l'objectif politique Moscou, la capitale de Staline.
Au sud, l'objectif économique Kiev et l'Ukraine.
La Pravda, le journal officiel du parti communiste, annonce "l'agression fasciste". Mais où est Staline. Il se cache, horriblement déçu et paniqué par les premières nouvelles catastrophiques
de la frontière. L'avance des allemands est foudroyante. Le lieutenant von Kageneck s'enthousiasme :"Un spectacle incroyable s'offre à mes yeux, tout notre régiment de panzers se déploie. Nos
chars hauts et fiers comme des bateaux voguent sur une mer jaune de blé mûr. Rien ne peut résister au panzers grenadiers à qui a été martelé : "Vous allez sauver l'occident des hordes asiatiques.
C'est une croisade moderne contre la puissance des ténèbres : le judéo-bolchevisme".
Au nord, l'entrée dans les Pays Baltes est triomphale. Les allemands sont accueillis en libérateurs. La terreur stalinienne a été telle que tout
vaut mieux que le N.K.V.D. , la terrible police politique soviétique qui s'est retirée en assassinant les baltes anti-communistes détenus dans les prisons. Les anti-sémites locaux accusent
les juifs d'être complices des communistes. Ils les rassemblent, leur font porter les corps. Les baltes se livrent ensuite à des pogroms, des violences contre les juifs, que les allemands
favorisent avec comme consigne "ne pas laisser de traces". Les bûchers feront disparaître les corps.
Sur le front centre, le général Guderian, l'homme des blindés de la blitzkrieg, de la guerre éclair, est ralenti par la ligne Staline, une série de fortifications que les panzers grenadiers
doivent enlever d'assaut.
Guderian reprend son avance mais un élément imprévu va freiner ses fières unités motorisées, comme en témoigne Kageneck : "Nous avançons avec nos auto-mitrailleuses et la poussière nous
enveloppe. Nous sommes en Russie où n'existe ni route, ni asphalte. Elle est terrible cette poussière grasse jaune ou rouge. Elle pénètre partout, dans les yeux, dans les narines, dans la bouche.
Ces hommes marchent ainsi 50 kilomètres par jour. Ils marchent depuis le 1er septembre 1939. Ils ont marché jusqu'à Varsovie, jusqu'à Oslo, jusqu'à Bayonne. Maintenant ils se rendent compte
de l'immensité de la Russie.
Des centaines et des centaines de kilomètres sans village. Les camions de ravitaillement, de carburant et de munitions ont de plus en plus de mal à passer. Mais une autre réalité s'impose aux
soldats allemands : les russes se défendent. Une surprise de taille : l'apparition d'un nouveau type de char russe le T34, un monstre de 30 tonnes équipé d'un redoutable canon. Des
chenilles larges qui passent partout. Il n'est pas sophistiqué comme les blindés allemands. Le tankiste soviétique tape avec un maillet pour changer de vitesse mais il n'est jamais en panne.
Les allemands s'interrogent. Comment ces sous-hommes ont-ils pu fabriquer ces engins ? Les obus des canons anti-chars ricochent sur leur blindage. Seul peut l'arrêter le canon allemand de 88, une
arme puissante. Les allemands restent les mieux armés et les plus forts. Mais Yvan, comme ils appellent le russe, se bat jusqu'au bout. Kageneck écrit : "Il y avait l'odeur des cadavres cuits au
soleil couverts de mouches, une odeur douceâtre et fade qui s'accroche aux narines, qui pénètre sous la peau comme la poussière".
Les pertes russes sont déjà énormes, mais celles des allemands augmentent aussi. Le médecin allemand du bataillon, le major Heinrich Happ (?),
ordonne aux hommes d'arrêter toute prise de nourriture six heures avant les attaques. Il précise : "Cela augmente vos chances de survie en cas d'un coup dans le ventre. L'absorption d'une seule
tranche de pain contracte le sang dans les vaisseaux intestinaux et augmente le danger d'hémorragie interne".
Les allemands continuent à progresser quand même vers leurs trois objectifs. Leningrad, Moscou et Kiev en capturant des armées entières.
Début de la 3ème
vidéo en anglais 3/5
Hitler a donné l'ordre de tuer immédiatement les commissaires politiques, membres du parti communiste, qui contrôlent les officiers et surveillent les soldats de chaque unité. Guderian refuse
d'appliquer cet ordre criminel mais le commandant de la 4ème armée panzer, le général Hopner, estime lui : "Ce conflit doit être conduit avec une brutalité sans précédent. Aucune pitié pour les
bolcheviques".
Les bolcheviques, les russes, se battent désespérés avec de moins en moins d'armes, parfois même un fusil pour 10. C'est la retraite sur tout le front. Pour Staline, les nouvelles sont de pire en
pire. Mais que fait-il ? Il s'était effondré, il se relève. Parce que Staline est un pseudonyme qui signifie l'homme d'acier. Staline parle. Avec son lourd accent géorgien, il dit des mots qu'il
n'a jamais employés. Il appelle les russes "mes frères", "mes soeurs", il leur dit la vérité.
"Nous sommes attaqués par l'Allemagne hitlérienne, un ennemi cruel, inexorable. Un grave danger pèse sur notre patrie". Du fond de l'abîme, il ose prophétiser : "Les troupes fascistes allemandes
sont-elles vraiment invincibles ? On disait que l'armée de Napoléon était invincible mais elle a été battue".
Il ordonne de faire transporter immédiatement les usines avec leurs machines et leurs ouvriers loin à l'est, dans les montagnes de l'Oural ; et il donne aux paysans un ordre
inflexible. "Partez, quittez votre isba, votre maison, détruisez tout, ne laissez rien qui puisse servir à l'agresseur fasciste hitlérien". C'est l'ordre de la "terre brûlée".
Les officiers allemands se souviennent de Napoléon. En 1812, les russes avaient brûlé leurs villes et leurs champs. Ils avaient affamé la Grande Armée et il l'avait détruite à la
bataille de la Bérézina. Les allemands sont aussi sur la Bérézina, début juillet 41, sur le front centre ; et ils avancent. La résistance soviétique est de plus en plus
forte. Sur l'autre rive, une mauvaise surprise pour les allemands. Les russes mettent en action une arme nouvelle - un lance-roquettes baptisé "les orgues de Staline" ou Katioucha comme la
chanson patriotique - terrifiant. Mais rien ne peut arrêter l'avance des allemands.
Mi-juillet, ils atteignent Smolensk, la dernière grande ville avant Moscou. Les combats pour Smolensk durent 3 semaines. Les russes résistent jusqu'au bout malgré les appels à la réddition des
haut-parleurs allemands. Rares sont ceux qui se laissent prendre. Les survivants préfèrent se cacher dans les forêts profondes et devenir des partisans.
Ils sont rejoints par de nombreux paysans qu'ils forment au combat. Il font la chasse aux traîtres et harcèlent les lignes de communication de l'ennemi. La répression allemande est féroce. Ordre
du führer : liquider immédiatement toute population soupçonnée de la moindre hostilité.
Hitler décide alors de venir sur le front, avec le chef d'état major de la Wehrmacht, le servile maréchal Keitel. L'opération Barbarossa prend du retard. Pour les généraux c'est le plan d'Hitler
qui en est la cause en imposant trois axes d'attaque. Le maréchal von Bock, le commandant des armées du centre, veut au contraire concentrer ses forces sur Moscou. Hitler, on le voit
ici, n'aime pas les généraux qui osent le contredire. Le général Guderian est là. Il insiste : "nous ne sommes plus qu'à 350 kms de Moscou". "Vous ne comprenez rien" dit le führer "vous ne
connaissez rien à la guerre économique. Il nous faut d'abord le blé de l'Ukraine pour qu'on ne puisse pas nous affamer comme à la guerre précédente. Moscou n'est qu'un symbole, on s'en occupera
plus tard".
Il ordonne à Guderian de foncer vers Kiev pour refermer le piège sur les armées russes qui forment encore des poches sur les arrières de la Wehrmacht.
C'est la plus grand encerclement de l'histoire. Les allemands font d'un seul coup 600 000 prisonniers russes.
Himmler vient en visite. Rien n'est prévu pour nourrir les prisonniers et Himmler contemple avec indifférence les unter-mensch, les sous-hommes qu'il
va froidement laisser mourir de faim.
Le lieutenant von Kageneck écrit : "On vivait bien en Ukraine. Nous ne manquions de rien. Des oeufs, du beurre, des fruits, du lait, du vin, un excellent vin rouge du bord de la Mer
Noire. Les ukrainiens venaient à notre rencontre, souriants, joyeux. Les femmes nous apportaient du pain et du miel. Elles voyaient en nous leurs libérateurs. Les ukrainiens ont beaucoup de
raisons de haïr les russes, et surtout Staline qui a organisé au début des années 30 une immense famine et fait 3 millions de victimes. Les ukrainiens, souvent anti-sémites, incriminent
aussi les juifs et se livrent à des pogroms comme ici à Slokov sous les yeux des allemands. Beaucoup d'ukrainiens se rangent du côté des nazis. Mais l'Allemagne va perdre une
occasion de se faire un allié.
Le maréchal Goering, le deuxième personnage du Reich, arrive en Ukraine. Il dit : "Pas de bouches inutiles à nourrir. Ceux qui peuvent travailler
travailleront pour le Reich, les autres mourront. Ceux qui travaillent donneront tout ce qu'ils ont jusqu'à leur mort". Goering et son complice, le théoricien du racisme nazi, Rosenberg, sont là
pour mettre en oeuvre l'asservissement de l'Ukraine et l'élimination méthodique des juifs.
Himmler et Heydrich ont, dès 1939, mis en place des commandos d'exécution les "einsatzgruppe" composés de S.S., de policiers et de soldats de
la Wehrmacht qui raflent les juifs. Les S.S emmènent les juifs dans les bois et leur donnent à chacun une pelle pour creuser leur tombe.
Début de la 4ème vidéo en anglais 4/5
Mais ce procédé est jugé trop long. Alors les S.S. font creuser de longues fosses communes ou les juifs vont directement se coucher sur les morts précédents.
Ce procédé est encore trop lent. Les S.S. font aménager un ravin près de Kiev. Un endroit appelé Babi Yar et exécutent en deux jours 33 771 juifs, les hommes, les femmes, et les enfants.
Dans cette affaire comme dans des centaines d'autres, les victimes sont prises en photo par leurs bourreaux en souvenir pour leurs familles en Allemagne. Le meurtre prémédité et de sang-froid
d'un million de juifs portera le nom de "Shoah par balles".
Mais Himmler n'est pas satisfait. Il a assisté à l'une de ces actions des einsatzgruppen. Il a été éclaboussé de sang et pris de nausées. Ils demandent aux S.S. de trouver des méthodes moins
primitives. Cette réflexion donnera des camions aux gaz d'échappement reliés à l'arrière et un an plus tard les chambres à gaz.
Au nord, le long siège de Léningrad commence. Les allemands décident : "Plutôt que de se lancer dans une guerre de rues, laissons faire la famine et
l'artillerie". La célèbre bibliothèque de Léningrad est dévastée, le zoo décimé. La ration alimentaire tombe vite au-dessous du minimum. Mais le pire reste à venir avec l'hiver.
Au sud, Guderian reçoit enfin d'Hitler l'ordre de remonter vers le nord rejoindre les autres armées et marcher sur Moscou. Sur ce front immense, trois fois grands comme la France, de Léningrad à
Odessa, la poussée vers Moscou paraît irrésistible. Les allemands font encore 700 000 prisonniers. Le général Jodl, chef des opérations de la Wehrmacht dit : "La guerre est gagnée". Kageneck
écrit : "Nous avons soudain affaire à un adversaire terrible, la pluie d'automne et la boue que les russes appellent "raspoutiza". Une boue sans fond, tenace, collante qui prend tout qui tient
tout et ne lâche plus rien, pas plus un char qu'un camion, un cheval ou un homme.
Elle paralyse tout mouvement, nous faisons 5, 8 kilomètres par jour au lieu de 30. Mettre un pied devant l'autre demande un effort surhumain. Les
panzers, l'orgueil de la Wehrmacht sont arrêtés. Hitler écrit à ses troupes. "Soldats du front de l'est, mes camarades, nous nous trouvons au seuil de la dernière grande bataille décisive : la
bataille pour Moscou.
1er novembre 1941
Et d'un seul coup, l'armée allemande repart vers Moscou parce que le gel vient durcir le sol. Alors le monde retient son souffle. Hitler va-t-il vaincre Staline ?
C'est le moment où dans tous les pays occupés les extrémistes de droite s'engagent aux côtés des forces allemandes. Les belges, les danois, les hollandais et les jeunes de la L.V.F, la
légion des volontaires français qui ont choisi de porter l'uniforme allemand et d'aller se battre sur le front de l'est. Et ils vont souffrir.
À partir de ce mois de novembre 1941 une vague de froid précoce fait descendre le thermomètre à - 40. La Wehrmacht, prévue pour la blitzkrieg, la guerre éclair, devait régler son compte à la
Russie en 4 mois. Elle n'a pas d'équipement d'hiver. Guderian écrit dans ses mémoires : "Il faut avoir vu ces hommes affamés et insuffisamment couverts se battre pour un abri médiocre". Ils se
battent pour tenir le moindre village. Perdre un village, perdre une seule isba c'est la mort certaine. Les hommes meurent de froid ou de dysentrie. La diarrhée les fait courir trente fois par
jour. Le médecin le major Happ (?) les prévient : "Il faut choisir : si vous baissez votre pantalon vous mourrez de froid. Il faut découdre la
couture derrière pour ne pas avoir à le baisser".
Ils envient leurs camarades, ceux de l'Afrika Korps qui, au même moment dans le désert, peuvent faire cuire des oeufs sur la tôle surchauffée de leurs chars en écoutant Lily Marlen, la chanson de
la guerre. La guerre du désert elle aussi s'enlise dans les sables. L'essence et le ravitaillement manque. Rommel doit s'arrêter. Pourtant, il prépare une nouvelle offensive et de nouveaux
sacrifices pour l'Afrika Korps.
Pendant ce temps là, sur la route de Moscou, les allemands ne peuvent plus se laver ni se changer. Pour eux comme pour l'ennemi les poux, les punaises, la gale rendent fous et apportent le
typhus. La grande armée de Napoléon avait perdu un tiers de ses hommes à cause du typhus. Mais la Wehrmacht réussit quand même à avancer jusqu'à trente kilomètres de Moscou. Et Hitler dit : "Je
raserai cette ville maudite et je la remplacerai par un lac artificiel avec un éclairage central. Les avant-gardes allemandes atteignent la banlieue de Moscou et même le terminus de la ligne
d'autobus qui va jusqu'à la place Rouge.
7 novembre 1941
Pendant que l'armée soviétique contient cette avance allemande, Staline a ordonné de maintenir le traditionnel défilé pour l'anniversaire de la révolution. Pour galvaniser ses troupes,
Staline prononce un discours où il fait appel à ce qui est interdit : le souvenir des grands soldats du tsarisme. "Soyez dignes de vos glorieux ancêtres. Le vainqueur des teutons Alexandre
Nievsky, des tartares Dimitri Donskoï, des turcs Souvorof et de Napoléon Koutouzov". Staline a organisé la défense de Moscou avec le plus brillant peut-être de ses généraux, un spécialiste
des chars, considéré comme l'équivalent russe de Guderian, Joukov, 45 ans. Joukov a de la chance. L'espion soviétique Sorge a révélé que le Japon, pourtant allié d'Hitler, avait décidé de ne pas
attaquer la Russie parce que son principal ennemi c'est l'Amérique. Du coup, Joukov peut dégarnir ses forces d'Extrême Orient.
Début de la 5ème
vidéo en anglais 5/5
Il fait venir les divisions de sibériens bien équipés. Les sibériens ne craignent pas le froid. Ce sont des hommes des bois rompus à toutes les ruses. Ils ont emmené leurs skis et leurs rennes
avec eux et leur gibier, cette fois, c'est l'allemand. Joukov veut prendre la Wehrmacht en tenaille.
5 décembre 1941
50 000 allemands sont morts ou disparus. 57 000 sont faits prisonniers. Ils partent pour la Sibérie et ils n'ont pas fini d'avoir froid. Un sur dix seulement reviendra au bout de 15 ans. August
von Kaganeck, lui, avait été grièvement blessé et évacué en Allemagne. Il écrit : "La foi s'évanouie. Le doute devient obsession. La mort devient la meilleure amie, la seule amie de l'homme car
elle le délivrera de ses souffrances".
Les russes non plus n'ont pas fini de souffrir. Leur pays est ravagé. Les millions de morts et de prisonniers ont permis de sauver Moscou mais la menace est toujours là.
L'armée allemande recule de deux cents kilomètres. Hitler ordonne alors de tenir cette nouvelle ligne à tous prix. Il destitue 35 généraux dont Guderian et assure lui-même le commandement de
l'armée. Il va réussir à rétablir la situation, rééquiper son armée, se préparer pour la revanche. La Wehrmacht reste solidement en Russie.
Hitler retrouve ses chiens dans son chalet de Bavière. Pour lui, l'échec devant Moscou est celui de ses généraux, de ses diplomates qui lui avaient déjà affirmé que les français et les anglais ne
bougeraient pas pour la Pologne et de l'Abwehr, le service d'espionnage, qui l'a mal renseigné sur les forces russes. Hitler ajoute : "L'armée bolchevique est composée de paysans qui combattent
avec une inconscience barbare et d'ouvriers entraînés par le fanatisme mystique du communisme".
Hitler croit en sa bonne étoile. Il vaincra. Il peut se détendre avec ses courtisans. Ici, la maîtresse de Bormann lui présente l'une des vedettes du
cinéma allemand Magda Schneider. Sa fille Maria Schneider joue à côté avec les enfants de Bormann. L'Allemagne est encore insouciante. Les grands bombardements n'ont pas encore commencé et les
sacrifiés de Moscou sont si loin dans la neige.
7 décembre 1941
Deux jours après ce premier revers d'Hitler, son allié le Japon attaque par surprise l'Amérique à Pearl Harbor, la grande base navale du Pacifique.
Avec cette vague d'avions japonais, la guerre devient mondiale.
A Londres, Rose danse en pensant déjà à Noël. Elle entend ses parents dire : "Maintenant les américains vont se battre avec nous, les russes sont
avec nous et nous les anglais nous ne sommes plus seuls".
Pour connaître les réalisateurs
de ces films et avoir d'autres renseignements je vous renvoie au site intéressant de
France 2.
Chaque épisode sera découpé en plusieurs parties, ce qui va me permettre d'ajouter le texte du documentaire en dessous. Je vous proposerai aussi la version en anglais.
. 1er épisode :
L'AGRESSION (1933 - 1939) - THE AGRESSION
. 2ème épisode : L'ÉCRASEMENT (1939 - 1940)
- THE CRUSHING DEFEAT
. 3ème épisode : LE
CHOC (1940 - 1941) - THE SHOCK
. 4ème épisode : L'EMBRASEMENT (1941 - 1942)
- THE WORLD ABLAZE
. 5ème épisode
: L'ÉTAU (1942 - 1943) - THE
NOOSE
. 6ème épisode :
L'ENFER (1944 - 1945) - INFERNO
Pour visionner cet épisode mais en anglais
- The crushing defeat -
part 1
- The crushing defeat - part 2
- The crushing defeat - part
3
- The crushing defeat - part
4
- The crushing defeat - part
5
L'ÉCRASEMENT
(1939 - 1940)
Début de la 1ère
vidéo en anglais 1/5
9 mai 1940
Une petite ville avec de petits enfants. Une ville des Ardennes
(région nord-est de France)
proche de l'Allemagne qui est en guerre contre la France. Mais jusque là, tout a été tranquille. Alors, ils alignent sagement leurs sabots et leur maîtresse leur dit : "Aujourd'hui, je vais vous
apprendre une jolie chanson pour que la paix revienne. Ainsi font font font les petites marionnettes. C'est la dernière classe.
10 Mai 1940 à 5h35
L'offensive allemande se déchaîne. Les parachutistes allemands sautent sur la Hollande à l'avant-garde de 3 millions d'envahisseurs.
La Wehrmacht entre en Belgique. C'est le piège d'Hitler. Il fait croire que les allemands recommencent leur attaque de 1914 à travers la Belgique neutre.
Le commandant en chef allié, le général français Gamelin est très serein. Il a tout prévu. Il a soigneusement poli son plan pendant la drôle de guerre. Gamelin envoie donc en Belgique ses
meilleures divisions motorisées, le fer de lance de l'armée française, avec tout le corps expéditionnaire britannique. Ces soldats sont de vrais combattants, déterminés. Ils vont enrayer l'avance
allemande en Belgique.
Et pourtant Hitler, dans son quartier général, est au comble de l'exaltation. Son piège a fonctionné. Il dit : "J'en pleurerais de joie". Il donne comme consigne au maréchal Goering, le maître de
l'aviation, de ne pas bombarder les colonnes françaises, de les laisser s'engager profondément en territoire belge. Et il les attaque à revers. Sa véritable offensive c'est à travers les
Ardennes. Létat major français avait décrété : "Ce massif forestier accidenté ne peut en aucun cas permettre à des chars de passer". Rien ne les arrête sauf leurs propres embouteillages.
Pendant ce temps, les hollandais, les belges et les luxembourgeois qui possèdent des voitures sont les premiers à partir. Tous sont contrôlés par peur de ce qu'on appelle alors "la cinquième
colonne" - des espions au service des nazis -.
Les allemands poursuivent leur action de diversion et d'invasion de la Belgique avec des troupes d'élites aéroportées. Les sapeurs braillent leur chanson de la campagne de Pologne : "Les filles
attendront, camarade. Il faut y aller, camarade"
Le 11 mai à l'aube, ils sont jetés sur la Belgique. Leur objectif : neutraliser le point fort de la défense belge. Le fort d'Ében-Émael sur le canal Albert réputé imprenable. Un soldat
audacieux se hisse sur le toit des tourelles d'artillerie avec sa charge d'explosifs. La réputation d'invincibilité de la Wehrmacht née de ces images de conquérants dans les ruines du fort
d'Ében-Émael, la plaie de la Belgique.
La chute du fort déclenche une ruée vers les derniers trains pour Paris. À la gare du Nord, la Croix Rouge, débordée, transfère les réfugiés belges dans des wagons à bestiaux pour le sud.
L'entrée des allemands dans Liège accentue le mouvement de panique. Devant une telle démonstration de force, il ne reste plus qu'à obéir ou à fuir. Ce ne sont plus des citadins mais des ruraux.
Depuis la nuit des temps, les paysans sont toujours les derniers à fuir, à abandonner leurs bêtes. Le grand poète flamand Émile Verhaeren écrit : "Les gens d'ici n'ont rien de rien. Rien devant
eux, que l'infini de la grand route. Les gens des champs, les gens d'ici, ont du malheur à l'infini.
L'offensive aérienne allemande se déchaîne, dévastant les carrefours stratégiques, les terrains d'aviation, les raffineries et les stocks d'essence. Les villes du nord et de l'est de la France
sont bombardées. Les français sont maintenant confrontés à la réalité de la guerre moderne.
Aux Pays-Bas, le grand port de Rotterdam brûle. Un raid allemand de terreur, comme pour Varsovie. Mais ce bombardement a eu lieu après la réddition (action de capituler / de se rendre) de la ville. Un nouveau crime de guerre hitlérien.
La reine Wilhelmine des Pays-Bas part pour Londres pour continuer la lutte avec son gouvernement. Sa fille, la future reine Juliana, le prince Bernard et leur petite Béatrix, 2 ans,
future reine elle aussi.
A Londres, Winston Churchill est désormais à la tête du gouvernement. Son premier discours révèle sa volonté quelles que soient les circonstances. Mais la France est soudain en mauvaise posture.
En trois jours les allemands ont traversé les Ardennes. Ils avancent sur la ligne de résistance française sur la Meuse.
Début de la 2ème vidéo en anglais 2/5
Ils cherchent à refermer les tenailles de leur piège, commencer l'encerclement des alliés massés en Belgique. Les fantassins allemands bousculent les français comme s'ils venaient d'un autre
monde. Grenades à main, fusils mitrailleurs, manches retroussées. En une journée la ville est prise. Sedan, la clé des Ardennes, déjà marquée par la défaite de 1870. Mais l'obstacle, pour les
allemands, c'est bien la Meuse.
Dans la nuit du 13 au 14 mai, ils apportent des poutrelles pour construire des ponts. Les français se défendent. Mais, au matin, l'artillerie française neutralisée, les sapeurs allemands
finissent le pont, galvanisés par leur général Guderian, un prussien de 42 ans, grand théoricien des chars, de leur utilisation avec force, audace et rapidité. La Blitzkrieg, la guerre
éclair, ne doit pas laisser à l'ennemi le temps de se rétablir. Les chars suivis par l'infanterie et soutenus par l'aviation, surtout les Stukas. Les Stukas, les bombardiers en
piqué, au bruit de sirène, dont les pilotes, surentraînés, insensibles à la pression terrible de la descente larguent au dernier moment leur bombes avec une précision mortelle.
Le chef du gouvernement français, Paul Reynaud, affolé, téléphone à Churchill : "Le front est percé, la route de Paris est ouverte". Les généraux français sont désemparés. Ils n'ont plus les
moyens de réagir. Les forces alliées sont engagées en Belgique, alors comment arrêter l'avance allemande ?
A Paris, les autorités tentent de canaliser l'afflux de plus en plus grand des réfugiés. La Belgique et tout le nord de la France se sont déversés sur les collèges, les casernes ou
les hôpitaux, très rapidement submergés. Pour eux, le temps des jeux interdits commencent. Les voies ferrées sont coupées. La plupart de ces gens sont venus à pied. Ils doivent repartir avec de
nouvelles chaussures. Peu d'informations, des rumeurs angoissées. Il paraît que Gamelin s'est suicidé, mais non.
Le commandement français vient de comprendre que les allemands vont vers la mer et qu'il est tombé dans un piège. Il ordonne des contre-attaques où le colonel De Gaulle va s'illustrer à la tête
de ses chars. L'armée française a plus de chars et de meilleure qualité que les Panzers allemands, mais faute de renfort et de soutien aérien, les chars français sont la proie des Stukas. Les
combattants français n'ont pas démérité, mais tous répètent : "Pourquoi notre aviation ne nous protège pas ?". Les pilotes français, mal commandés, mal employés, se battent courageusement à un
contre trois. Mille aviateurs allemands sont abattus et faits prisonniers.
Le gouvernement britannique demande avec insistance à son allié français de lui livrer ces aviateurs pour les mettre en lieu sûr au Canada, mais sans succès. Terrible imprudence. Ces pilotes
allemands seront rendus, à la fin des hostilités, et reprendront le combat contre l'Angleterre.
Les chars allemands foncent à travers les villes et les villages du nord de la France. Les français tentent courageusement de ralentir l'avance allemande. Les allemands brisent les nids de
résistance. Le commandement français ne sait plus où est l'ennemi. Un officier d'état major, le capitaine Boffre (?) : "Nous recevions des
mauvaises nouvelles, des mauvaises nouvelles sans arrêt. Un atmosphère incroyable. Une espèce d'usure morale après cette accumulation en huit jours de nouvelles catastrophiques. C'est aussi
la première fois que j'ai vu pleurer un homme."
Les allemands sont sur la Manche. Le coup de faucille a réussi. Le corps expéditionnaire britannique, l'armée belge et les armées françaises sont encerclées.
Le roi des belges capitule avec son armée.
Le corps expéditionnaire britannique se replie, sans prévenir, vers les côtes, ce qui achève la décomposition des armées alliées.
A Paris, le chef du gouvernement Paul Reynaud, révoque Gamelin et se trouve un nouveau sauveur, le général Weygand, 72 ans. L'un des artisans de la victoire de 1918. Pour rassurer, Reynaud nomme
vice-président une autre gloire, le général Pétain, 84 ans, qui pourtant tourne le dos à sa politique. Weygand est obligé, à son tour, d'ordonner le grand repli vers Dunkerque.
Hitler laisse faire. Il veut ménager l'Angleterre. Il cherche encore une paix séparée. Et Goering lui affirme que son aviation est capable d'empêcher tout rembarquement. 400 000 hommes désemparés
s'entassent avec un dernier espoir de s'échapper par la mer. Churchill ordonne à tout ce qui flotte d'aller les chercher. Destroyers, dragueurs de mines, chalutiers, remorqueurs, péniches, yacht
de plaisance et même le bateau pompe de la Tamise. Tous traversent la Manche au secours des assiégés, parmi lesquels des généraux anglais dont Montgomery.
Les français contiennent les allemands dans les faubourgs de Dunkerque au prix de très lourdes pertes. Alors Goering envoie les Stuka de la Luftwaffe et les bombardiers. Leur rembarquement
réussit pour 215 000 anglais et 120 000 français. L'armée anglaise est sauvée mais dans quel état ! Les français seront renvoyés en Bretagne (région de l'ouest de la France) pour tenter une
dernière résistance.
Les anglais sont dirigés vers des centres de rééquipement. Pour toute l'Angleterre Dunkerque est un exploit que Churchill relativise. Il dit lucidement : "On ne gagne pas de guerre avec des
évacuations". Pourtant c'est là, dans ces premiers jours de juin 1940 que naît l'"esprit de Dunkerque". L'Angleterre prend conscience de la nature impitoyable de cette guerre et de la puissance
mortelle de l'ennemi hitlérien.
L'insouciance et l'humour font place à une mobilisation désespérée. Le 4 juin, Churchill, qui lutte aussi contre les défaitistes de son propre camp, a des accents inoubliables : "Nous nous
battrons sur les plages et sur les aérodromes, dans les champs, dans les rues, dans les collines. Nous ne céderons jamais".
Début de la 3ème
vidéo en anglais 3/5
Le 4 juin, les allemands entrent dans Dunkerque.
Ils découvrent un butin fabuleux abondamment filmé par la propagande. La plus grande partie du matériel de l'armée anglaise. Sur la plage jonchée d'épaves, un Spitfire britannique et
la carcasse de l'Adroit, l'un de ces contre-torpilleurs français détruit comme le Jaguar ou le Sirocco qui témoignent de la violence des combats qu'a livré la marine française. Les soldats de la
Wehrmacht se filment, heureux. Ils ont découvert un gramophone français avec un disque célèbre de Maurice Chevalier "Et tout ça ça fait d'excellents français, d'excellents soldats qui marchent
aux pas en pensant que la République c'est encore le meilleur régime ici-bas. Et tous ces gaillards, qui pour la plupart, n'étaient pas du même avis en politique...les voilà tous d'accord quel
que soit leur bord, ils désirent tous désormais qu'on leur foute une bonne fois la paix" (qu'on leur foute la paix
= qu'on les laisse tranquilles - en paix).
Hitler proclame : "Dunkerque, c'est la plus grande bataille de tous les temps et le 4 juin sera désormais la fête nationale allemande. Les soldats allemands
filment leurs prisonniers. 80 000 français, les sacrifiés de la défense de Dunkerque. Ils auraient bien préféré être embarqués avec les autres. Une amertume certaine restera longtemps dans les
esprits.
Mais Churchill dit : "Pendant ces 4 jours critiques, les français ont contenu 7 divisions allemandes. Ils ont ainsi apporté une splendide contribution au salut de leurs camarades". L'Angleterre
n'aurait pas pu continuer la guerre sans eux.
Malgré leur succès, les allemands ont, eux aussi, subi des pertes importantes. Guderian laisse souffler ses soldats. Fier de leur général, ils marquent leur matériel de son initiale, le "G". La
plupart sont ivres de fatigue. Ils n'ont pas dormi depuis 4 semaines sans s'arrêter de se battre. L'offensive reprend, la France s'écroule. Mais continuer la lutte c'est ce que veulent
Reynaud et De Gaulle, promu général qui entre au gouvernement.
A Rome, Mussolini, le Duce, le dictateur de l'Italie, a une grande nouvelle pour son peuple. Mussolini rêve à son butin : la Corse (île au sud de Marseille), Nice (ville française proche de la
frontière italienne), la Savoie (région française des Alpes), la Tunisie (française aussi à cette époque), Malte (britannique). Un coup de poignard dans le dos.
L'offensive de Mussolini est arrêté par les chasseurs alpins français.
Les troupes du général Rommel déferlent sur la Normandie et entrent dans Rouen.
Paris est déclarée "ville ouverte" c'est à dire livrée sans combat à l'adversaire pour ne pas subir le sort de Varsovie ou de Rotterdam. Le gouvernement est parti pour Bordeaux. Les
allemands sont aux portes de la ville. La rumeur enfle. Ils tuent, ils violent, comme les prussiens en 1870. Abandonnés, les parisiens fuient. La France s'enfuit. Une immense débâcle qui portera
le nom biblique d'"Exode". 6 millions de français convergent vers la Loire. Le dernier rempart. Mais il n'y a pas de rempart contre les Stukas.
Le 14 Juin 1940, à l'aube, les allemands entrent dans Paris
La croix gammée, symbole du nazisme, flotte sur Paris. Le tout premier acte de l'occupation, c'est la ruée sur les archives des ministères
abandonnés. Listes d'espions, de juifs, de franc-maçons, et même l'original du traité de Versailles qui avait, en 1919, humilié l'Allemagne et qui est aussitôt envoyé à Hitler.
L'exode s'arrête sur place. Les ponts de la Loire sont coupés. Il n'y a plus qu'un espoir : que les combats cessent.
A Bordeaux, Petain veut aussi en finir. Les allemands poursuivent leur avance inexorable vers le sud. L'armée française, qui était considérée avant le 10 mai, comme la première du monde est
détruite. Pourtant, elle s'est mieux battue qu'on ne l'a dit, surtout à l'époque. 100 000 soldats français sont morts. Plus que dans la même période de la Grande Guerre (14-18) pourtant si
meurtrière. 1 850 000 (un million huit cent cinquante mille) soldats sont faits prisonniers avec 36 000 (trente six mille) officiers et 176 généraux.
Parmi les prisonniers, beaucoup de soldats africains des troupes coloniales françaises.
Des cinéastes amateurs, dans l'armée allemande, les filment avec une complaisance malsaine. Affamés, ils égorgent une chèvre.
Les actualités officielles allemandes, elles, insistent sur les visages en gros plan. La consigne est de montrer la dégénérescence des français, obligés de faire la guerre avec leurs
esclaves : les colonies. D'ailleurs, le commentaire allemand d'origine est significatif.
3000 soldats et officiers de l'armée française d'origine africaine sont fusillés après leur capture.
Le racisme imprègne les soldats allemands après sept années d'endoctrinement nazi.
Le sort de la France se joue maintenant en trois journées décisives.
Le 16 Juin 1940, le conseil des ministres à Bordeaux met Reynaud en difficulté et il démissionne. Pour lui succéder, le Président de la République désigne alors Philippe Pétain comme chef du
gouvernement.
Place de la Bastille. Ceux qui sont restés écoutent le Maréchal. Pétain, le vainqueur de Verdun, il annonce qu'il demande l'armistice.
"Français, j'ai demandé à nos adversaires de mettre fin aux hostilités. J'ai pris cette décision, dure au coeur d'un soldat, parce que la situation militaire
l'imposait". La radio allemande traduit ce discours de la défaite de la France. Les français captent la BBC, la radio anglaise. Le général De Gaulle est arrivé à Londres.
Le 18 Juin, il s'élève contre l'armistice (appelé "l'appel du 18 juin"). Quelques jours après, il enregistre un nouveau
discours. "Nous croyons que l'honneur des français consiste à continuer la guerre au côté de leurs alliés".
Hitler reçoit un télégramme de félicitations de Staline.
Début de la 4ème
vidéo en anglais 4/5
Le 22 juin 1940, Hitler arrive à Compiègne près de Paris. Il a ordonné une mise en scène implacable pour humilier les vaincus. Il a choisi le wagon dans lequel fut signé l'armistice du 11
novembre 1918 qui consacrait la défaite de l'Allemagne. La revanche est totale. La délégation française est conduite par le général Huntziger. Un interprète lit d'abord une diatribe accusant la
France d'avoir déclaré la guerre sans raison. Hitler ne dit pas un mot, il se lève et s'en va. Pendant ce temps, les français prennent connaissance des clauses de l'armistice dont l'une est
inacceptable : la livraison des allemands anti-nazis réfugiés en France. Huntziger tente de négocier. Refusé. Huntziger appelle Weygand au gouvernement à Bordeaux. Les services secrets allemands
enregistrent la conversation.
- oui, mon général, c'est Huntziger. Oui mon général, c'est fait.
-...la façon dont vous l'avez fait
- mon général, vous me comprenez vous !
- ah j'vous comprends !
Ensuite, Hitler fait transporter le wagon de l'armistice à Berlin. Dans les derniers jours du Reich, il le fera dynamiter par les S.S.
En six semaines, tous les grands symboles de la victoire française dans la première guerre mondiale sont profanés. Comme Verdun, 500 000 morts pour en arriver là vingt ans plus tard !
Hitler, goguenard, rend visite à ses hommes qui viennent seulement de prendre la ligne Maginot. Il se fait plus solennel pour entrer dans Strasbourg et sa cathédrale. L'Alsace et la Lorraine sont
de nouveau allemandes comme il l'avait promis dans "Mein kampf".
Le butin de la campagne de France : 2000 chars, 5000 canons, 300 000 fusils, 4 000 000 de munitions,
La Wehrmacht découvre dans un magasin de l'intendance à Paris le stock de caleçons de l'armée française. Des vêtements de laine bien chauds pour les campagnes futures.
Le butin c'est la France, ses usines, ses ports, ses richesses. Les français ont déclaré la guerre, ils paieront chaque jour une indemnité équivalente à 100 millions d'euros.
Le général Huntziger se rend en Allemagne pour la première réunion de la commission chargée d'appliquer les clauses de l'armistice. Hitler, pour économiser ses troupes, préfère laisser une partie
de la souveraineté à un gouvernement français à sa botte (soumis), avec une armée réduite sans
armement lourd juste pour maintenir l'ordre.
La France est donc coupée en deux
Une zone occupée au nord et le long de la façade maritime pour disposer des ports. La Méditerranée est contrôlée par l'Italie qui a une bande
d'occupation le long des Alpes. Le reste est une zone dite libre avec une nouvelle capitale Vichy.
Cette ville thermale a été choisie parce qu'elle dispose de nombreux hôtels où s'installent, dès le début juillet, le maréchal Pétain et les ministères dans une atmosphère
pathétique. Mais ce gouvernement de Vichy contrôle encore un immence empire colonial et surtout une marine restée puissante. Hitler a demandé seulement qu'elle soit désarmée dans ses ports
d'attache car il a eu peur qu'elle se joigne à l'Angleterre.
Churchill a la crainte inverse : que les allemands ne s'en emparent. Il donne l'ordre à la Royal Navy de la neutraliser.
Une escadre britannique se présente devant l'une des bases les plus importantes de la marine : Mers-el-Kebir en Algérie. Churchill ne veut prendre aucun risque, il fait envoyer ce signal :
"Rejoignez-nous ou sabordez-vous ou partez pour les Antilles". Vichy n'est informée que des deux premiers points et refuse.
Les anglais ouvrent le feu.
Deux cuirassés, deux croiseurs et un destroyer sont coulés. 1200 marins français sont tués. Churchill veut prouver à son opinion, au monde et surtout
aux Etats-Unis, sa détermination en frappant ses amis d'hier dont la flotte aurait pu aider un débarquement allemand sur les côtes anglaises.
Les ministres de Vichy veulent déclarer la guerre à l'Angleterre. Pétain s'y oppose en disant : "Une défaite suffit".
Toute l'Allemagne fait un triomphe à Hitler. Sa conquête éclair de l'Europe subjugue ses généraux. Il se croit désormais le plus grand chef de guerre de tous les temps, l'égal de Napoléon. Et
comme pour l'empereur, personne n'osera plus le contredire.
Les allemands occupent les îles anglo-normandes Jersey et Guernesey. Un premier pas vers l'invasion de la Grande-Bretagne. Hitler attend. Après tout, ces gens sont des cousins germains. Une
alliance avec eux est envisageable. L'Europe serait allemande, l'océan britannique. Mais Churchill n'acceptera jamais.
Les anglais attendent une invasion allemande en prenant des mesures qui peuvent paraître dérisoires. Le bruit court que la bataille de France a été gagnée par les allemands parce qu'ils avaient
des cartes Michelin. L'autre mesure immédiate est de mettre les enfants à l'abri, à la campagne...toujours un déchirement. Leurs grandes soeurs, leurs mères et leurs mamies s'engagent, car
chacune doit défendre sa maison contre les redoutables parachutistes allemands.
Sont ainsi volontaires pour la "home garde", la défense locale, tous les hommes, même les vétérans de la guerre de 14, même ceux de la guerre des boers en Afrique du sud de 1902. Une mobilisation
des bonnes volontés pendant que l'armée sauvée à Dunkerque se reconstitue. L'Amérique fournit les fusils, les mitrailleuses et les canons anti-aérien et l'entraînement se perfectionne.
Alors Churchill prononce son discours resté le plus cher dans le coeur des anglais.
"La bataille d'Angleterre va commencer. Nous devons rassembler toutes nos forces. Si l'empire britannique existe encore dans mille ans, les hommes de ce temps diront : ceux-là ont vécu leur
moment le plus glorieux."
Début
de la 5ème vidéo en anglais 5/5
L'une des armes principales de Churchill c'est la R.A.F, la Royal Air Force et un avion remarquable le Spitfire avec son moteur Rolls Royce, le meilleur chasseur du monde. Les anglais ont aussi
une avance dans le domaine de l'électronique. C'est un anglais qui a inventé le radar pour détecter les avions et permettre aux Obs room, les centres de contrôle, de diriger le pilote vers
l'ennemi.
Aux pilotes, venus de tout l'empire britannique, se sont joints ceux qui ont réussi à s'enfuir de leur pays occupé par les allemands. Ceux dont les gouvernements sont en exil à Londres comme les
polonais, les hollandais, les belges, les tchèques et de nombreux américains. Leur pays est neutre, pas eux. Et les premiers français libres avec De Gaulle.
Les pilotes anglais sont des étudiants d'Oxford ou de Cambridge. L'un d'entre eux, Richard Hilary écrit avant de partir au combat et d'être abattu : "La presse nous appelait la génération perdue.
Nous avions les cheveux longs, nous étions gâtés, désabusés, suffisants. Ce n'était pas l'héroïsme qui nous intéressait, mais la guerre allait nous fournir l'occasion de nous prouver à
nous-mêmes et au monde que, quelle que soit notre indiscipline, nous pouvions tenir tête à la jeunesse fanatisée d'Hitler.
Ces pilotes allemands ont été formés par la Hitlerjugend, la jeunesse hitlérienne, dans l'idée de la revanche. Ils se sentent l'élite, et leur chef Goering, est le personnage le plus populaire du
régime. Goering, qui aime tant le luxe, a fait de l'hôtel Ritz à Paris le quartier général de la Luftwaffe. Il a promis à Hitler qu'en cinq jours il anéantirait la Royal Air Force. Il aurait
la maîtrise de l'air et permettrait le débarquement de la Wehrmacht en Angleterre.
Un grand atout de la Luftwaffe : elle dispose maintenant de tous les aérodromes français, de leurs installations, de leurs équipements. Ses pilotes
sont très entraînés comme Adolph Galland avec son éternel cigare. Il s'est battu contre les républicains en Espagne. Ou Werner Mölders, un as de la campagne de France où il a été descendu. Il a
fait partie des prisonniers rendus aux allemands. Il mène maintenant l'offensive aérienne contre l'Angleterre.
A partir de ces terrains de la France occupée, les allemands vont s'acharner sur le trafic maritime, les ports, puis les terrains d'aviation du sud de l'Angleterre. Ils vont abattre 400 avions
anglais au prix de 1000 des leurs. Les pilotes anglais ont tenu bon. Ils se sont sacrifiés. Churchill dit : "Jamais dans l'histoire des conflits humains autant d'hommes n'ont eu une dette aussi
considérable envers si peu".
Hitler décide de reporter son plan d'invasion. C'est son premier échec, alors il change de méthode. Il dit : "Les anglais se rendront quand leurs villes seront détruites". Les bombardiers
allemands s'acharnent sur les villes comme Coventry et Londres. C'est le blitz, le bombardement quotidien. Ce changement d'objectif est une erreur fatale d'Hitler parce qu'en fait la Royal Air
Force était bien sur le point de craquer. La R.A.F a le temps de souffler.
Quant au peuple anglais, il se révèle admirable. Il s'est enterré dans des jardins de ses cottages. Il dort dans le métro avant d'aller au boulot et ne perd jamais son humour ni sa confiance.
Churchill dit : "Ici, dans cette ville de Londres, que Herr Hitler prétend réduire en cendres, nos gens tiennent bon !"
Hitler est exaspéré, il dit : "Churchill est un demi-américain, ivrogne et enjuivé". Comme à chaque revers, il va retourner sa hargne contre les juifs.
Le 12 octobre 1940, le jour du Yom Kippour, le guetto de Varsovie est entouré de murs de 3 m de haut.
Y seront enfermés 500 000 juifs, hommes, femmes, enfants, vieillards qui vont souffrir atrocement de froid, de faim, de misère.
Y seront enfermés 500 000 juifs, hommes, femmes, enfants, vieillards qui vont souffrir atrocement de froid, de faim, de misère.
Dans son châlet des Alpes de Bavière le "Berghof", Hitler, filmé par sa maîtresse Eva Braun, fête la Noêl 1940 avec les enfants des dignitaires nazis. Il mûrit un nouveau coup de poker. Sa
mission c'est la conquête de l'espace vital à l'est. Il ne s'est allié avec Staline que pour mieux l'attaquer. Mais plus tard, son échec anglais l'oblige à précipiter les choses avant que
Churchill n'arrive à entraîner l'Amérique à ses côtés.
Ce serait alors...le choc.
Derniers Commentaires