Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 19:40

Je vous propose ci-après de voir les différentes parties de
"Apocalypse - la 2ème guerre mondiale"
 retraçant les différentes étapes de la seconde guerre mondiale en 6 épisodes présentés sur la chaîne France 2 en Septembre 2009. Documentaire très bien fait utilisant des images d'archives colorisées (beau travail !) ou d'archives en couleur de l'époque et sonorisation fidèle aux images.







Pour connaître les réalisateurs de ces films et avoir d'autres renseignements je vous renvoie au site intéressant de France 2. 






Chaque épisode sera découpé en plusieurs parties ce qui va me permettre d'ajouter le texte du documentaire en dessous. Je vous proposerai aussi la version en anglais.

. 1er épisode      : L'AGRESSION          (1933 - 1939)  - THE AGGRESSION
. 2ème épisode  : L'ÉCRASEMENT     (1939 - 1940)  - THE CRUSHING DEFEAT
. 3ème épisode  : LE CHOC                   (1940 - 1941)  - THE SHOCK
. 4ème épisode  : L'EMBRASEMENT  (1941 - 1942)  - THE WORLD ABLAZE
. 5ème épisode  : L'ETAU                       (1942 - 1943)  - THE NOOSE
. 6ème épisode  : L'ENFER                    (1944 - 1945)  - INFERNO

Pour voir cet épisode mais en anglais :

- The aggression - part 1 

- The aggression - part 2

- The aggression - part 3

- The aggression - part 4

- The aggression - part 5


L'AGRESSION
 (1933 - 1939)






Début de la 1ère vidéo en anglais 1/5

Ceci est la véritable histoire de la deuxième guerre mondiale pour que les générations se souviennent de l'apocalypse.


BERLIN - 1945

L'Europe est libérée de la terreur nazie. L'armée rouge livre les derniers combats. Un officier russe, le capitaine Joseph Praoutov (? pas sûre du nom !) : "la haine était si profonde, nous voulions terminer cette guerre, anéantir cette force qui avait voulu nous tuer. En finir une fois pour toutes". Hitler vit ses derniers jours. Il est sorti de son bunker pour une dernière mise en scène du dernier film de propagande du IIIème Reich. Reste-t-il encore un soldat, un enfant pour mourir avec lui ? 
 
Cette guerre aura fait 50 millions de morts. Plus de victimes civiles que militaires. Le drame des femmes allemandes va se poursuivre quand les canons se seront tus. Un livre bouleversant : une femme dans Berlin raconte le viol des allemandes par les russes en 1945 "Ils s'emparent de moi, me jettent à terre, je me retrouve la tête couché sur la marche de l'escalier. J'aperçois l'un des soldats qui monte la garde pendant que l'autre arrache mes sous-vêtements et force son chemin avec violence. Puis on s'est dit il vaut mieux avoir un russe sur le ventre qu'un américain au-dessus de la tête". Cette allemande évoque les bombardiers alliés qui avaient détruit sa ville.

L'avenue Kurfurstendam, les Champs-Elysées de Berlin.

13 ans plus tôt. La vitrine d'une Allemagne toujours dans la crise. Un monument rappelle les millions de morts de la guerre de 14-18 (1914-1918 1ère guerre mondiale). Marlène Dietrich chante l'"Ange bleu" à Berlin à Alexanderplatz. Thomas Mann savoure son prix Nobel de littérature sous les tilleuls d'Unter der Linden. Berlin est l'une des grandes capitales de la culture européenne. L'une des villes les plus libres au monde.

Tout bascule en 1933. Hitler et ses milices armées comme les S.A. qui chantent leur hymne  -le Horst Wessel Lied- font main basse sur l'Allemagne par l'intimidation, la démagogie, l'exploitation de l'amertume des anciens combattants allemands. Les nazis profitent de la désunion des partis de gauche que même Hitler semble vouloir séduire en tendant le poing.  Les communistes allemands sont aux ordres de Moscou pour qui les socialistes sont les vrais adversaires. Pas d'alliance avec eux, alors les communistes allemands chantent une dernière fois l'Internationale.

Hitler accède légalement au pouvoir le 30 janvier 1933. En quelques mois, il établit sa dictature. Il devient le führer, le chef. Toute l'Allemagne doit crier "Heil Hitler" "Vive Hitler". Un peuple qui n'est pourtant pas entièrement acquis. Et il faut qu'Hitler martèle sans arrêt des slogans nationalistes simplistes. Ça passe car il a un exceptionnel pouvoir de conviction sur les masses.

Mais que veut Hitler ? Dans son livre "Mein kampf" "Mon combat", il a clairement exposé ce qu'il appelle ses missions. Comme Hitler est l'un de ces anciens combattants aigris de 14-18, sa première mission sera de détruire la France, d'effacer l'humiliation du traité de Versailles de 1919 qui prive l'Allemagne de son armée et d'une partie de son territoire. Il veut conquérir ce qu'il appelle l'espace vital. L'Allemagne a 80 millions d'habitants, le double de la France. Il veut en faire la grande puissance mondiale qu'elle doit être. Antisémite pathologique, sa mission est d'affirmer la supériorité de la race arienne germanique menacée par les juifs. Pour lui, les juifs ont causé la guerre et la défaite, l'inflation, le chômage. La prochaine guerre sera une guerre contre les juifs.  Ils iront à Dachau, le premier camp de concentration où Hitler jette les anti-nazis, communistes, socialistes, démocrates.

Hitler s'est donné enfin comme mission de réunir au Reich tous ceux qui parlent allemand en commençant par son pays natal. C'est l'Anschluss, l'annexion de l'Autriche, sur laquelle s'abat aussitôt la même terreur qu'en Allemagne avec l'ouverture de l'un des pires camps de concentration à Mathausen, près de Linz. Hitler retrouve son village autrichien. Il visite l'école où il a été en 1899, un élève comme ceux-ci. La plupart sont toujours pieds-nus, mais lui, aujourd'hui peut songer à dominer le monde. Quelle sera sa prochaine victime ? La Tchécoslovaquie voisine où vivent des allemands, les sudètes, mais que l'Angleterre et la France protègent.

La paix est menacée. À Munich, dans le temple du nazisme, une conférence de la dernière chance est organisée. Sont réunis, d'un côté Adolf Hitler qui fait de plus en plus peur et son allié le dictateur italien Benito Mussolini. Mussolini, l'inventeur du fascisme, l'embrigadement de tout un peuple depuis l'enfance ; et de l'autre côté les démocraties occidentales, vainqueurs épuisés de la grande guerre, le premier ministre britannique, le conservateur Chamberlain et le président du conseil français, le radical-socialiste Daladier veulent sauver la paix.

Ils en arrivent à accepter l'inacceptable. L'abandon de la province tchèque à Hitler en échange de sa promesse solennelle de  ne plus revendiquer aucun autre territoire. Mais que vaut la promesse d'Hitler ? 

Six mois plus tard, seulement, il envahit ce qu'il reste de la Tchécoslovaquie et entre à Prague avec le Maréchal Goering à ses côtés. Goering, ancien pilote de chasse de la première guerre mondiale, l'un des fondateurs du nazisme, devenu le maître de l'aviation est un ogre qui veut apprivoiser les enfants tchèques.

Début de la 2ème vidéo en anglais 2/5

Hitler n'a même plus besoin du prétexte de réunir ceux qui parlent allemand. La puissante industrie tchèque travaillera pour lui. Pourquoi se priver ? Les alliés ont laissé faire.

Pour dissuader Hitler, l'U.R.S.S. est le dernier recours. Elle est liée à la France par un traité d'assistance mutuelle. L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques, tel est le nom de la Russie communiste. Sur la place Rouge, la manipulation des foules masque la dictature de Staline qui, lui aussi, fait jeter des millions de malheureux dans ses camps. "L'archipel du goulag".

L'industrialisation, la militarisation à marche forcée a fait de l'U.R.S.S. une grande puissance. Malgré leur crainte du communisme, les occidentaux comptent sur l'U.R.S.S. Mais Hitler va les prendre de vitesse. À l'été 1939, dans son chalet de Berchtesgaden, il prépare une parade avec son ministre des affaires étrangères Ribentropp. Hitler avait juré de détruire le communisme mais il envoie Ribentropp, le nazi, à Moscou, pour conclure un traité historique avec ses pires ennemis.

Quand le ministre des affaires étrangères de Staline, Molotov, signe le pacte germano-soviétique, les communistes sont bouleversés. Comme ces militants français qui prennent, en ce mois d'août 39, leurs congés payés. L'une des grandes conquêtes du Front Populaire (Léon Blum)

Pourquoi ce pacte de non-agression ? Les soviétiques répondront : "Staline a voulu gagner du temps, laisser Hitler et les occidentaux s'entre-tuer". Peut-être avait-il aussi l'illusion qu'il pouvait durablement partager l'Europe avec Hitler en s'appropriant une partie de la Pologne et les Pays Baltes. Hitler, lui-même, a besoin de fournir quelques explications aux dignitaires nazis. L'alliance avec Staline les choquent. Hitler affirme au chef des S.S. et de la Gestapo, Heinrich Himmler, à son proche collaborateur Bormann, à quelques intimes, que cette alliance provisoire lui laisse les mains libres pour reprendre son expansion, cette fois, vers la Pologne.

Pour le monde entier, le pacte germano-soviétique c'est le signal de la guerre. Le gouvernement américain rapatrie ses ressortissants à bord du paquebot français Normandie. Normandie, symbole d'une époque qui va disparaître. Ce magnifique transatlantique représentait l'apogée d'un style, d'une douceur de vivre, du progrès, et de la paix. Le congrès des Etats-Unis avait voté en 1936 la loi de neutralité pour ne plus se retrouver dans une guerre européenne. Alors, Hitler, n'ayant pas plus d'inquiétude du côté américain que du côté russe décide de mettre fin à ce qu'il appelle la pire monstruosité du traité de Versailles : le couloir de Dantzig.

Le territoire allemand avait été coupé en deux en 1919 pour donner à la Pologne un accès à la mer. Hitler fixe la récupération de Dantzig et l'invasion de la Pologne au 1er septembre à 5h35.


Le premier coup de canon de la 2ème guerre mondiale est tiré sur Dantzig
.

Hitler est confiant, les anglais et les français ne bougeront pas. Pourtant, les deux gouvernements se réunissent aussitôt et adressent un ultimatum à Hitler lui intimant d'arrêter toute action militaire contre la Pologne. Hitler déclare "Ce sont des vermisseaux, ils sont incapables de prendre une vraie décision". Il ajoute "Qui voudrait s'embourber dans une guerre mondiale pour Dantzig ?".

Le 3 septembre 1939, à 11 heures, l'ambassadeur du Royaume-Uni à Berlin apporte la déclaration de guerre.

À 17 heures, la France déclare la guerre à l'Allemagne

Hitler est choqué. Son interprète Schmidt écrira "il était comme pétrifié, le regard perdu au loin". Le général Jodl  "pour la première fois, l'instinct du fûhrer s'est trompé". Les généraux allemands sont en face du scénario qu'ils redoutaient le plus : la guerre sur deux fronts.Mais les dés sont jetés. Hitler lance la Wehrmacht, la force armée de l'Allemagne, sur la Pologne. Une bataille d'un autre âge est alors menée par les lanciers polonais qui se font massacrer en chargeant les tanks allemands.

PARIS - GARE DE L'EST

Beaucoup de ces hommes étaient déjà partis de ces mêmes quais, 25 ans plus tôt. Dans un tout autre climat de passion et d'agressivité.En août 1914, ils étaient partis la fleur au fusil. Aujourd'hui, il n'y a ni fleur, ni fusil. Personne n'a envie de la faire cette nouvelle guerre. Pas même le gouvernement qui a bien été obligé de gesticuler mais sans conviction. 4 millions d'hommes sont mobilisés. Parmi eux de grandes vedettes comme Fernandel. La plupart sont des paysans. La France est encore un pays très agricole. Ils montent vers la frontière allemande à pied suivis de leurs officiers à cheval. A cette époque, toutes les armées utilisent encore beaucoup les chevaux. Une vaste réquisition est entreprise. La motorisation a pris du retard. Dans l'un de ces camions antiques aux pneux pleins, le chauffeur de 2ème classe Gaston Sirec "Il fallait vraiment qu'on manque de matériel de guerre. On avait un fusil pour deux par camion. On avait une boîte de petites cartouches qu'on n'avait  pas le droit d'ouvrir.Quelle misère ! Parce que si on avait eu de quoi se battre, on se serait battus".





"On est pas du genre à aimer les boches". Les "boches", le surnom péjoratif donné aux soldats allemands depuis les guerres précédentes ou les "schleux", les "fritz", les "frisés", les "fridolins", les "vert de gris" comme la teinte de leur uniforme qu'ils appellent "feldgrau", gris-vert pour se fondre dans la nature. Ils seront aussi surnommés les "doryphores", insectes parasites qui grouillent sur les pommes de terre.

Mais qui sont ces "boches" ?

Prenons par exemple l'un de ces jeunes allemands qui défilent en chantant. "Notre drapeau flotte devant nous, notre drapeau est le temps nouveau, notre drapeau est plus fort que la mort". Il s'appelle August Von Kageneck, il écrit : "Je pensais que le meilleur choix était dans la carrière militaire. Mes parents m'encourageaient. Mon père me disait -là au moins tu peux encore ouvrir ta gueule et dire ce que tu veux, et tu n'auras pas à faire le salut hitlérien-. En septembre 1939, August Von Kageneck est encore à l'entraînement pour devenir officier de char. Mon père qui était général me disait : "Les français ont 40 divisions à la frontière. Nous, 15 divisions. Le reste est en Pologne, 500 000 hommes contre 200 000, ils sont deux fois plus forts que nous".

Et les français, confiants, attaquent le 7 septembre 1939, 4 jours après la déclaration de guerre. Cette offensive organisée pour montrer à l'opinion que la Pologne n'est pas abandonnée, s'enfonce de 8 kilomètres en Sarre. Les allemands sont ainsi les premiers à connaître l'exode. Le service cinéma de l'armée française célèbre le butin : des vélos. "Témoins ces joyeux cyclistes qui récupérèrent si plaisamment les vélos abandonnés dans les villages allemands". L'offensive de la Sarre ne va pas plus loin et se transforme en une série d'escarmouches. Des incursions de commandos de choc, les "corps francs" dont le héros Joseph Darnand est nommé 1er soldat de France. Il deviendra l'un des plus féroces collaborateurs des allemands et finira fusillé.

L'armée française, malgré ses héros et sa supériorité numérique, ne bougera plus. Son chef Maurice Gamelin, 67 ans, a le titre de générallissime, ce qui signifie qu'il commande les forces alliées françaises et britanniques. Car les français sont plus nombreux que les anglais qui, eux aussi, pensent que cette guerre n'en est pas une et que tout s'arrangera un jour. Gamelin, lui non plus, ne veut pas recommencer la guerre de 14. Il veut à tout prix éviter une nouvelle hécatombe.

Début de la 3ème vidéo en anglais 3/5

Il estime qu'il lui faut deux ans pour achever le réarmement à l'abri de la ligne Maginot.

André Maginot, un ministre de la défense des années 30 voulait avec cet ensemble de fortifications arrêter pour toujours l'ennemi allemand. Il a fallu 16 ans de travaux, 1,5 million de mètres cube de béton, 150 000 tonnes d'acier. Ses tourelles d'artillerie, reliées entre elles par un dédale de tunnels dans lesquels 200 000 hommes sont immobilisés, couvrent 500 km de la frontière Suisse au Luxembourg. Au bout de la ligne Maginot, la forêt accidentée des Ardennes est jugée par l'état major français infranchissables par les chars. La ligne Maginot n'a pas été prolongée jusqu'à la mer parce que la Belgique était une alliée de la France avant de se proclamer neutre. Cette partie du front est tenue par une armée française et le corps expéditionnaire britannique qui s'étoffera avec des canadiens et des contingents de l'empire. Leur chanson favorite "Nous irons pendre notre linge sur la ligne Siegfried".

La ligne Siegfried, les fortifications construites par Hitler en face de la ligne Maginot. Les français reprennent la chanson. Les allemands n'attaquent pas, toujours pour éviter de se battre sur deux fronts. Mais, par mesure de précaution, les français décident d'évacuer les alsaciens et les lorrains vers le Périgord ou les Charentes (deux régions de France).

Quel destin ! Ballotés de guerre en guerre, changeant à chaque fois de nation. (l'Alsace et la Lorraine sont deux régions qui au gré des guerres ont été françaises ou allemandes - très dur pour les gens habitants là - en 1870, elles sont allemandes - en 1918 elles redeviennent françaises). "Sans oublier les pensionnaires du jardin zoologique dont le blanc et fier lama". Strasbourg vide. Tout a été emporté jusqu'à l'âme, surtout celle des synagogues.

Le 20 septembre Hitler ordonne le bombardement de Varsovie encerclée, qui résiste encore.

Hitler veut terroriser non seulement les polonais mais aussi les français et les anglais. Voilà ce qui vous attend.
Le monde est horrifié.

A NEW-YORK,

les journaux lumineux, comme toute la presse, titrent sur les bombardements de Varsovie. Le président des Etats-Unis, Franklin Roosevelt s'adresse à la nation.

Le bombardement de Varsovie a montré à quel point les villes sont vulnérables. Paris entreprend de protéger ses monuments et de cacher en province les chefs-d'oeuvre de ses musées. Le Champ de Mars est creusé d'abris et les exercices d'alerte sont fréquents. Les masques à gaz deviennent obligatoires.

Les gaz de combats avaient été utilisés en 14-18. Et tout le monde en avait peur, même les chevaux. Pendant ce temps, la malheureuse Pologne est dépecée. Comme convenu avec Hitler, les russes ont envahi la moitié du pays. Images incroyables que ces soldats soviétiques et allemands qui fraternisent. Les nazis distribuent des tracts ainsi rédigés : "L'armée allemande salue l'armée rouge des ouvriers paysans pour laquelle elle a toujours eu un profond respect". L'armée polonaise s'est rendue aux allemands, et à l'est aux soviétiques.


 Staline ordonne alors l'exécution de 20 000 prisonniers polonais.

 Staline veut supprimer les élites d'un pays qu'il entend annexer. 4500 officiers polonais sont tués d'une balle dans la nuque dans la forêt de Katyn près de Smolensk en Russie. Deux ans plus tard, Staline reçoit au Kremlin le chef des polonais en exil, le général Sikorski qui lui fait remettre une liste des officiers disparus. Staline fait l'étonné. Il promet de faire des recherches. En 1992, le président de la nouvelle Russie, Boris Eltsine remettra au président polonais Lech Walesa le document original, l'ordre d'exécution signé par Staline.

En fait, Staline, en occupant la moitié de la Pologne, a servi les plans d'Hitler qui a besoin d'une frontière commune avec l'U.R.S.S. pour faciliter son projet d'invasion de la Russie. Hitler et Himmler le chef des S.S.vont maintenant "s'occuper"de la Pologne en nommant un gouverneur général des provinces polonaises occupées, le nazi Hans Frank qui proclame : "J'ai le droit de vie et de mort sur le peuple polonais". Il sera pendu, après la guerre, au procès de Nuremberg pour crime contre l'humanité.

Un allemand filme un enclos où sont rassemblés des
tziganes. Pour les nazis ce sont des non-personnes.

Les femmes seront stérilisées de force
parce qu'elles ne méritent pas de se reproduire. Et les nazis entreprennent la chasse au gibier tzigane. Par centaines de milliers ils seront dirigés vers les camps.


Le calvaire des juifs commence.

Les nazis tiennent maintenant entre leurs griffes 3 millions de juifs polonais. Hitler se pose encore, à ce moment là, des questions sur leur sort. Tant que la guerre lui est favorable, Hitler envisage de les déporter dans un territoire à l'est ou même de les envoyer à Madagascar. Ce n'est que lorsque l'issue de la guerre deviendra incertaine qu'Hitler et ses complices se déchaîneront dans la haine et dans le meurtre. Ce sera la solution finale.

Début de la 4ème vidéo en anglais 4/5

Mais pour le moment, il faut les identifier et les marquer d'une étoile jaune, puis les enfermer dans les guettos, certains entourés de murs. L'un de ces malheureux a écrit dans un cahier : "Nos coeurs se déchirent quand nous assistons aux honteuses scènes de violence qui se déroulent sous nos yeux. Des femmes, des vieillars sont battus au milieu des rues par des petits bandits. Les larmes me montent aux yeux. Toute notre impuissance, tout notre isolement se voit dans ces rues. Personne ne prend notre parti. Nous sommes si faibles.

Toutes les grandes villes de Pologne auront leurs ghettos-prisons où seront regroupés aussi les juifs allemands, autrichiens et tchèques. Les juifs, ici, sont encore confiants, tranquilles. Peut-être un jour retrouveront-ils leur maison. Ils ne savent pas qu'ils vont mourir de faim et de froid. Il ne savent pas que la Shoah va commencer.

Dans Varsovie en ruine, Hitler est venu se faire filmer par une équipe de la propagande, ici au fond sur une voiture travelling. Ces images de conquérant masquent une profonde préoccupation. Les fiers soldats allemands ont beau défiler au pas de l'oie au son martial de la "marche des grenadiers", ils n'ont pas été si brillants en Pologne. Impréparation, manque de combativité et même des cas d'indiscipline. Voilà ce qu'ose exposer au führer le commandant en chef, le général Von Brauchitsch. Hitler est furieux mais il ne doute pas et ordonne de préparer l'attaque à l'ouest contre les Pays-Bas, la Belgique, la France. Une folie disent les généraux. Certains complotent désormais pour le renverser. C'est un moment crucial où l'histoire peut basculer.

Le 8 novembre 1939 à Munich Hitler échappe à une bombe.

Il semble protégé par la providence. Lorsqu'il se rend à la cérémonie aux morts de l'attentat il n'est plus le même homme. Son emprise sur le peuple allemand et son armée est renforcée. Il dit à ses généraux : "Ma décision est irrévocable, j'attaquerai la France au moment le plus favorable. Je remporterai cette victoire ou je mourrai". Pourtant Hitler hésite encore à attaquer à l'ouest. Il dit aussi : "La guerre c'est comme ouvrir une porte sur une pièce obscure, on ne sait jamais ce qui va se passer". Hitler reporte ses ordres d'attaque et retourne à son chalet des Alpes retrouver sa maîtresse Eva Braun.

 

Von Kageleck écrit : "Nous brûlons de nous battre, nous sommes prêts pour le combat".
Sa mère lui répond : "Cette guerre est un crime, nous devrons le payer". La guerre entre alors dans une phase inédite. Pour les allemands, elle devient la sitzkrieg - la guerre assise -. ; pour les anglais the phoney war - la fausse guerre - ; pour les français la drôle de guerre.

Une longue et étrange période d'attente.

Surtout pour les femmes. Pour elles, s'ajoute à l'angoisse de la guerre celle de la survie de leur famille. Comme à la guerre précédente, les soldats s'enterrent. Ils s'arrangent comme ils peuvent. Le soldat français Gaston Sirec écrit à sa femme : "Il fait moins 30 (- 30°) le pain est gelé. J'ai eu de la chance, on nous a donné de la paille comme ça je dors mieux.

L'hiver 39-40 est l'un des plus froids du siècle comme le seront d'ailleurs tous les hivers de la guerre pour ajouter au malheur des hommes.

Le généralissime Gamelin s'attend à une action allemande par la Belgique comme en 14 par cette plaine ouverte vers Paris. Gamelin prévoit donc d'affronter les allemands sur le sol belge.

En France, un officer de char déjà remarqué, le colonel De Gaulle critique cette stratégie qu'il appelle "l'esprit de la ligne Maginot" qui consiste à attendre que les autres fassent quelque chose. Dans son livre "Vers l'armée de métier", il prône au contraire l'offensive et l'utilisation massive des chars. La France en produit bien 300 par mois mais les disperse dans tous les secteurs en appui de l'infanterie.

L'aviation française souffre aussi d'un grand retard. La France a commandé aux Etats-Unis 4000 avions malgré le courant  isolationniste de plus en plus important mené par Charles Lindbergh, le héros de la première traversée de l'Atlantique, leader du mouvement "America first" -l'Amérique d'abord-.

C'est l'Amérique profonde et des personnalités comme Henri Ford, le constructeur automobile antisémite, ou Joseph Kennedy, l'ambassadeur américain à Londres, pro-allemand, alors que son fils le futur président Kennedy soutient les démocraties. Les nazis américains, très actifs, contribuent à passionner le climat en ce début de 1940.

Début de la 5ème vidéo en anglais 5/5

En Europe, les nazis anglais s'activent eux-aussi avant d'être interdits. Dans le centre même de Londres, le führer anglais Oswald Mosley défie le pouvoir. Il ira en prison pour le restant des hostilités. Son slogan : "arrêtez la guerre" est inspiré par les nazis qui recherchent à ce moment une paix séparée avec l'Angleterre. Mais Churchill est devenu l'homme fort du gouvernement britannique. "Il faut passer à l'offensive", martèle Churchill aux chefs français venus à Londres, le général Gamelin et l'amiral Darland.

Un corps expéditionnaire franco-britannique est formé pour venir d'abord en aide à la Finlande soudain attaquée par l'Union Soviétique

Le France prépare l'envoi de ses soldats d'élite de la légion étrangère. La légion étrangère, depuis un siècle, les réprouvés du monde entier peuvent s'engager dans la Légion sans qu'on tienne compte de leur passé s'il n'est pas trop lourd. Leur caserne d'Algérie à Sidi-Bel-Abbès vient maintenant d'acceuillir de nombreux républicains espagnols qui ont fui leur pays après la victoire des fascistes.

Ils n'ont qu'une envie : se battre contre les nazis qui ont aidé Franco. Tous vont faire le long voyage vers la France.

A BREST
(France)

Les légionnaires embarquent avec les chasseurs alpins spécialistes de la neige et de la montagne, bien équipés. Mais la
Finlande a fait la paix avec la Russie.

En même temps, au Danemark et en Norvège Hitler est soudain passé à l'offensive  (le 9 Avril 1940)  - la Blitzkrieg - la guerre éclair-

En deux jours, la Wehrmacht occupe Oslo. Hitler veut protéger la route du fer. 50 % des approvisionnements en minerai de fer indispensable à l'industrie de guerre allemande vient par bateau de Suède,  pays neutre pourtant, et transite par le port norvégien de Narvik.

Le corps expéditionnaire franco-britannique débarque dans le fjord de Narvik. Après un mois de combats qui font près de 5000 tués et blessés, Narvik est prise. Les alliés peuvent proclamer que la route du fer est coupée. Le moral des français est regonflé. "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts" tel est le nouveau slogan français. Mais le corps expéditionnaire va devoir abandonner Narvik. Et les wagons de minerai de fer continueront pendant toute la guerre à alimenter l'industrie d'armement allemande.

L'Allemagne vient d'attaquer.

Le 9 mai 1940, Hitler a quitté Berlin à bord de son train spécial baptisé America. Direction : la Norvège. Mais au milieu du trajet : changement. Le train roule vers son nouveau quartier général près de la frontière française. Hitler dit : "Messieurs, l'offensive vient de commencer". Ses généraux lui avaient soumis leur plan de bataille pendant l'hiver. Ce plan était le même que celui de 1914 : l'attaque par la Belgique. Hitler a préféré l'idée du général von Manstein. Hitler dit : "Il faut faire croire à cette attaque par la Belgique. Les alliés se porteront au secours. C'est un piège. Nous nous lancerons à travers les Ardennes, puis nous obliqueront vers la mer. Ce sera un coup de faucille qui les encerclera". 

En fait ce coup de faucille est encore un coup de poker parce que les alliés pourraient se retourner et briser l'attaque. Mais le führer a confiance. Il dit : "Le plus important, c'est qu'il fasse beau".

Le lieutenant Auguste von Kageneck dit : "Nous sommes la Wehrmacht, la force armée de la grande Allemagne, pas le moindre doute en la victoire. Ces soldats sont devenus les modèles de ce qu'on a appelé "l'ardeur à servir". C'est l'aboutissement d'une perfection militaire héritée de l'armée prussienne et fanatisée par les nazis. Pour eux la patrie est en danger. Ce sont les français qui ont déclaré la guerre.

Le 10 mai 1940, à l'aube, les parachutistes allemands sautent sur la Hollande.

Ils ont pour mission de prendre les terrains d'aviation et les ponts autour de Rotterdam.

Au même moment, Hitler lance sa machine de guerre sur la Belgique.

Hitler attend. Les alliés vont-ils tomber dans le piège ?
Par marie - Publié dans : 2nde guerre mondiale
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