Mercredi 23 septembre 2009
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Pour connaître les réalisateurs de ces films et
avoir d'autres renseignements je vous renvoie au site intéressant de
France 2.
Chaque épisode sera découpé en plusieurs parties, ce qui va me permettre d'ajouter le texte du documentaire en dessous. Je vous proposerai aussi la version en anglais.
. 1er épisode :
L'AGRESSION (1933 - 1939) - THE AGRESSION
. 2ème épisode
: L'ÉCRASEMENT (1939 - 1940) - THE CRUSHING DEFEAT
. 3ème épisode : LE
CHOC (1940 - 1941) - THE SHOCK
. 4ème épisode : L'EMBRASEMENT (1941 - 1942) - THE WORLD ABLAZE
. 5ème épisode :
L'ÉTAU (1942 - 1943) - THE
NOOSE
. 6ème épisode :
L'ENFER (1944 - 1945) - INFERNO
Pour visionner cet épidode mais en anglais
- The world ablaze - part
1
- The world ablaze - part
2
- The world ablaze - part
3
- The world ablaze - part 4
- The world ablaze - part
5
L'EMBRASEMENT
(1941 - 1942)
Début de la 1ère vidéo en anglais 1/5
Le Japon va attaquer l'Amérique. A bord du porte-avions Zuikaku, les pilotes sont réveillés à 4 heures du matin. Le commandant Mitsuo Fuchida les réunit pour le saké traditionnel
à la santé de l'empereur. Fuchida mène l'attaque sur Pearl Harbor, la grande base américaine d'Hawaï, selon le plan audacieux de l'amiral Yamamoto. Yamamoto veut frapper un coup
décisif, éliminer cette obstacle dans la conquête japonaise du Pacifique. Fuchida raconte : "Nous sommes partis vers Pearl Harbor et j'ai crié le mot de code de l'attaque -tora ! tora ! tora
! -."
La surprise est totale. Le caporal des Marines Earl Nightingale était à bord du cuirassé Arizona. Il raconte : "Une explosion secoue le bateau, une bombe tombe près de moi, mon lieutenant
s'effondre en sang. Le pont est couvert de morts. Le cuirassé se retourne. Je saute à la mer".
7 décembre 1941
Sans déclaration de guerre, l'attaque japonaise a fait 2500 morts américains et 1200 blessés pour seulement 30 pilotes japonais tués.
Ces images vont choquer le peuple américain qui ne sera plus hostile à l'entrée en guerre des États-Unis. Pourtant les japonais n'ont pas
débarqué à Hawaï ni pris Pearl Habor. Ils ont coulé une partie de la flotte américaine mais ce sont des cuirassés dépassés, parce que le porte-avions est devenu l'arme maîtresse de la guerre
navale, et les trois porte-avions américains basés à Pearl Harbor n'étaient pas là. Ils étaient tous en mer et ils sont intacts. Un vrai miracle.
Le président des États-Unis Franklin Roosevelt s'attendait à une attaque. La tension avec le Japon étant à son comble. Mais qui pouvait imaginer que l'aéronavale nippone puisse frapper à
5000 kilomètres de ses bases.
Le lendemain Roosevelt s'adresse au congrès.
Il s'agit bien d'une invasion. Le même jour, les japonais attaque Honk-Kong la grande colonie anglaise de Chine, puis mitraillent
les aérodromes américains des Philippines et débarquent dans la presqu'île de Bataan.
Déjà solidement établis en Chine, les japonais envahissent la Birmanie et la Malaisie, alors colonies britanniques, pour le caoutchouc ; Sumatra, colonie hollandaise, pour le
pétrole ; et ils menacent l'Inde et l'Australie.
Quelques mois plus tôt, ils s'étaient installés en Indochine, colonie française. Après la défaite de 1940, le régime de Vichy qui ne pouvait rien
refuser à un allié d'Hitler avait cédé aux japonais des bases aériennes et navales. Les États-Unis avaient réagi en arrêtant leurs livraisons de pétrole au Japon et en bloquant les avoirs
japonais. Cette sanction économique avait poussé le Japon à la guerre car c'est un archipel surpeuplé et pauvre en ressources. En plein essor, il a besoin de matières premières et il a entrepris
de les conquérir par la force.
Le Japon s'est doté de la deuxième marine du monde avec pas moins de 10 porte-avions et des appareils de combat très performant comme le remarquable chasseur Zéro, supérieur aux avions
alliés en vitesse, en maniabilité et rayon d'action... et une armée de deux millions de combattants fanatisés autour de leur empereur.
Hirohito est le 124ème empereur du Japon. Savant, il étudie la biologie marine dans son laboratoire installé dans son palais. Il est le dieu vivant. Il couvre de son autorité
divine les actes des militaires.
En chine, l'armée impériale s'est livrée à des massacres inouïs. Comme à Nankin en 1937, où 300 000 chinois ont été assassinés avant que les japonais
ne défilent fièrement dans la cité interdite de Pékin. L'empereur l'a-t-il su ? Il règne mais ne gouverne pas.
Le pouvoir est entre les mains du général Tojo et d'une clique ultra-nationaliste qui contrôle le pays au moyen d'une gestapo locale "la Kempeitai" et des haut-parleurs qui
relaient la déclaration de guerre officielle aux États-Unis. Ils n'ont pas peur des anglais ces pilotes japonais partis d'Indochine, au petit déjeuner, à la recherche de deux cuirassés
britanniques venus protéger Singapour.
Le vénérable Repulse mais surtout l'un des navires de combat les plus modernes de l'époque le Pince of Wales, l'orgueil de la Royal Navy. Ils sont coulés par les japonais en moins d'une
heure.
Une date (10 Décembre 1941) : la fin de l'Angleterre maîtresse des mers.
Le lendemain, à Berlin, le führer se rend au Reichstag pour une assemblée exceptionnelle du monde dirigeant nazi. Depuis Pearl Harbor et l'entrée en guerre des
japonais contre les États-Unis pendant 4 jours fatidiques, Hitler a attendu en vain que Roosevelt lui déclare la guerre. Hitler pense que s'il se range du côté du Japon, Tokyo va être obligé de
le soutenir en Russie, ce qu'il n'a pas fait jusque là. Les généraux allemands sont plus que réservés. Le ministre des affaires étrangères, Ribbentrop, a tenté de dissuader Hitler.
Mais Hitler veut rester le maître des décisions, alors il déclare la guerre à l'Amérique. "Ce qui anime Roosevelt c'est le juif éternel. Je suis reconnaissant au peuple allemand de
m'avoir désigné pour conduire cette lutte historique qui déterminera l'histoire du monde dans les dix siècles à venir".
Le premier ministre britannique accourt à Washington. Il dit : "Nous sommes dans le même bateau maintenant". Cela faisait deux ans qu'il
attendait ce moment mais Roosevelt avait voulu montrer à son électorat qu'il avait tout fait pour préserver la paix.
Début de la 2ème
vidéo en anglais 2/5
La guerre est devenue mondiale.
Churchill se sent plus fort. Churchill sous-estime gravement l'adversaire nippon. Hong-Kong tombe en quelques jours.
Le général Yamashita, surnommé le Rommel japonais, ose s'enfoncer avec ses chars dans la jungle de Malaisie. Il capture Singapour, la perle de l'empire britannique, une
forteresse réputée imprenable. Yamashita fait aligner 27 000 prisonniers, en ordre impeccable, pour un passage en revue spectaculaire et humiliant. Yamashita s'offre ensuite le
luxe d'un salut chevaleresque pour la propagande filmée japonaise.
Le général Yamashita sera pendu en 1946 pour crimes de guerre.
Ces prisonniers regroupés dans d'horribles camps vont mourir de faim, de maladies tropicales, de mauvais traitements.
Il seront obligés de travailler sur les voies ferrées qui permettent aux japonais de se rapprocher de l'Inde avec le fameux chantier du pont de la rivière Kwaï.
Louis Bohm (?), un alpiniste anglais, avait été fait prisonnier à Singapour. Il se souvient : "Les japonais avaient du mépris pour nous. Ils ne
comprenaient pas pourquoi on ne s'était pas fait hara-kiri". Pour éviter d'être fait prisonnier le général MacArthur, commandant des forces américaines des Philippines, encerclé par les japonais,
reçoit de Roosevelt l'orde de s'échapper. En arrivant en Australie, il déclare : "Je reviendrai". Les hommes de MacArthur sont fait prisonniers
30 000 américains avec leurs vieux casques plats modèles 1917 et autant de philippins qui partent pour leur camp d'internement distant de 100 kms. C'est la marche de la mort.
L'un des survivants, Sydney Sewart raconte : "On a marché 10 jours et 10 nuits sans manger, on était battu sans arrêt. Ceux qui n'en pouvaient plus étaient achevés par les gardes qui les
décapitaient d'un coup de sabre. Cette cruauté s'explique par la mentalité très particulière des japonais de cette époque. Ils ne comprennent pas que l'on puisse se rendre. Eux ne se rendent
jamais. Formés dès l'enfance à la guerre, ils apprennent le Bushido, l'art de tuer et d'être tué. L'officier de la marine impériale Mitsuo Fuchida explique : "Bushido se traduit par "la voix
du guerrier". C'est un code de loyauté, de fidélité et de dévouement jusqu'à la mort. Nous méprisons la mort. Nous la donnons avec la plus grande cruauté du moment qu'on tue l'ennemi. Nous
méprisons la douleur physique. Nous méprisons la mort sans gloire. Le Bushido c'est l'art de la mort".
En cinq mois, le Japon a détruit les forces alliées d'Extrême Orient et conquis la moitié du Pacifique.
"Vive l'empereur", un immense bonzai déferle sur l'empire pour célébrer la guerre éclair à la japonaise jusqu'au général Tojo et jusqu'à l'empereur qui daigne se montrer avec sa famille.
Reine de son petit jardin londonien, Rose, toujours filmée par son papa qui lui dit, malgré les mauvaises nouvelles du Pacifique que tout va s'arranger. Mais Rose a toujours peur dès qu'elle
entend le bruit d'un avion, son père la rassure. Ceux-là c'est la Royal Air Force. Ils appartiennent sans doute aux 615 Squadron qui protègent Londres. Churchill en est le commandant honoraire. Ces pilotes, des rescapés de la bataille d'Angleterre, et des belges, des polonais, de tchèques, et des français comme
René Mouchotte : "De Gaulle a pour ces héros une affection particulière".Ce sont parmi les premiers à l'avoir rejoint en Angleterre. Ce sont eux maintenant qui attaquent les allemands au-dessus
de la France.
C'est l'Allemagne qu'il faut abattre en premier.
Pour Churchill comme pour Roosevelt "Germany first" - l'Allemagne d'abord
"Il faut la bombarder" dit Churchill. Il crée une flotte aérienne commandée par le général Harris, surnommé "Harris la bombe" qui dit "Nous allons détruire leur moral et leurs usines avec leurs
ouvriers". Harris est convaincu qu'il peut gagner la guerre avec ses puissants quadri-moteurs les Halifax et les Lancaster.
Cette stratégie, coûteuse en hommes et en matériel, est critiquée mais elle commence à semer la mort sur les villes allemandes.
Le 28 mars 42, la ville d'Essen est touchée, un centre de production d'armement pour les forces allemandes de Russie. Un moyen pour Churchill d'aider Staline.
Quand aux allemands, ils commencent à mesurer les conséquences de la politique hitlérienne.
Le régime hitlérien qui s'enfonce dans la démence meurtrière. Hitler, Goering, Himmler et son adjoint Heydrich mettent en place ce qu'ils
appellent la "solution finale". L'extermination des juifs d'Europe organisée à la conférence de Wannsee près de Berlin en janvier 42.
C'est pour cela qu'Heydrich est maintenant à Paris pour ordonner les grandes rafles des juifs. Le voyage sans retour vers les chambres à gaz d'Auschwitz.
La conférence de Wannsee c'est le crime à l'échelle industrielle. Les juifs, par milliers, sont entassés dans des fausses douches et gazés. Après la Shoah par balles en Russie, le génocide
s'amplifie.
A Paris, comme dans toute l'Europe, l'occupation a amené la misère. Tout est rationné. Tout ce que produisent les pays occupés nourrit l'armée
allemande -gigantesque parasite-. Leurs pères sont prisonniers en Allemagne. Les hommes de troupe dans les stalags et les officiers dans oflags. Gaston Sirec, prisonnier en juin 40, écrit : "Dans
mon Stalag, j'ai perdu les cinq plus belles années de ma vie de 20 à 25 ans sans ma femme".
Et les prisonniers juifs ? L'artilleur Maurice Rosensky (?) raconte : "Quand je suis arrivé au stalag 12 A, près de Lindburg, j'ai vu une affiche
:"Messieurs les israëlites sont priés de se faire inscrire". Mais ils ne nous ont rien fait. Ils respectaient, dans ce cas là, la Convention de Genève qui protège les prisonniers de guerre. Je
n'ai pas été inquiété alors que ma famille a été déportée".
Les officiers sont mieux traités dans les oflags. Les généraux sont internés dans la forteresse de Königstein près de Dresde. Les malheureux chefs de la bataille de France, comme le général
Giraud que l'on voit ici filmé avec jubilation par son geôlier au cours d'une intéressante visite de Dresde dont plus tard il ne restera plus une pierre après le bombardement
anglais.
Le général Giraud, sera, à 63 ans, le héros d'une évasion acrobatique qui provoquera la führer d'Hitler. Giraud sera un moment le rival du général De Gaulle.
Mais c'est bien De Gaulle de Londres qui incarne la résistance.
En France, les attentats contre l'occupant se multiplient surtout depuis que les communistes ont rejoint la lutte après l'attaque contre l'Union Soviétique. Les attentats contre les allemands
sont suivis d'exécution d'otages.
De Gaulle dispose maintenant d'une petite armée en Afrique qui se bat aux côtés des britanniques. On les appelle les "français libres". Condamnés par le régime de Vichy, certains se battent
depuis le 18 juin 40. Le plus célèbre d'entre eux c'est le général Leclerc, de son vrai nom Philippe de Hautecloque, qui avait pris ce pseudonyme pour protéger sa famille restée
en France. Promu général par De Gaulle, il avait bricolé un vague képi avec deux étoiles récupéré sur un italien après le combat victorieux de Koufra en Libye. Ce jour là Leclerc avait dit à ses
hommes : "Jurez de ne déposer les armes que lorsque notre drapeau à nouveau sur la cathédrale de Strasbourg".
À Bir Hakeim, dans le désert de Libye, d'autres français libres arrêtent pendant 15 jours l'offensive allemande de l'Afrika Korps de Rommel, le renard du désert.
1942
Dans ce conflit planétaire, ce qui est appelé "l'axe", l'alliance de l'Allemagne, de l'Italie et du Japon domine tous les
fronts.
L'Afrika Korps est aux portes de l'Egypte. La Wehrmacht occupe le tiers de la Russie. La marine impériale japonaise contrôle le Pacifique et les sous-marins allemands ravagent l'Atlantique.
L'arme la plus dangereuse des allemands ce sont bien les U-boat, des sous-marins qui coulent 4 millions de tonnes de navires alliés dans ces premiers mois de 1942. Un hécatombe de pétroliers, de
cargots chargés d'armes et d'avions en route pour ravitailler l'Angleterre à bout de souffle. Malgré l'entrée de l'Amérique dans le conflit la guerre semble perdue. Le monde s'enfonce dans
l'abîme.
L'un des plus grands écrivains Stefan Sweig, autrichien, juif, en exil se suicide de désespoir en laissant ces mots : "Le monde de mon langage a disparu, et ma patrie spirituelle l'Europe s'est
détruite elle-même. Il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême
de ce monde".
Les sous-mariniers allemands parlent d'âge d'or et baptisent la côte américaine la Terre Promise.
Début de la 3ème
vidéo en anglais 3/5
Ils filment à travers leurs périscopes New-York brillamment éclairée.
La radio et la presse américaine s'égarent, propagent la crainte d'un bombardement allemand mais aucun avion n'a, à l'époque, un rayon d'action suffisant depuis l'Europe. Pourtant l'ordre est
donné de calfeutrer les lumières. La psychose s'empare surtout de la côte ouest où l'idée du débarquement japonais est plus crédible. Du coup, les 120 000 américains d'origine japonaise
deviennent suspects. On commence par leur confisquer leurs postes de radio, et les shérifs prennent leurs empreintes digitales. Le gouvernement fait placarder un arrêté qui prévoit des mesures
d'exception. Roosevelt déclare : "J'admets que la constitution est violée mais c'est une nécessité militaire". Pourtant ces américains d'origine japonaise vivent en Californie
depuis des générations et ont mis en valeur les cultures et le commerce. La plupart ont la citoyenneté américaine. Ils sont regroupés, leurs maisons, leurs boutiques doivent être vendues
dans les 48 heures. Ils sont embarqués vers des baraquements perdus dans le désert de l'Utah ou dans les neiges de l'Orégon, qualifiés pudiquement de camp d'internement mais qui en rappellent
d'autres. Un spectacle indigne de l'Amérique.
La romancière américaine Julie Otsuka témoigne : "Mon éducation avait été très américaine. Nous ne parlions jamais japonais à la maison. Nous ne mangions pas de nourriture japonaise et mon
grand-père, soupçonné d'être un espion à la solde du Japon a été arrêté par le F.B.I avec ma grand-mère, mon oncle et ma mère. Ma famille a toujours été très discrète sur ce qui s'est passé. Mais
rien n'entamera leur fidélité à l'Amérique".
6000 d'entre eux serviront de traducteurs dans le Pacifique. Près de 20 000 iront se battre contre les allemands en Europe. Le reste sera libéré à la fin de la guerre.
En 1942, autour de son drapeau, l'Amérique se mobilise.
11 millions d'hommes et 6 millions de femmes pour les remplacer dans les usines d'armement.
Roosevelt donne comme objectif la production de 60 000 avions, 75 000 tanks et 10 millions de tonnes de bateaux. C'est le programme de la victoire. Une victoire incertaine et lointaine. Pour
rassurer l'opinion publique américaine il faut un exploit immédiat : bombarder le Japon mais comment ?
Un plan audacieux est mis au point. Un porte-avion, le Hornett, embarque 16 bombardiers B25. Il va tenter de s'approcher le plus
possible du Japon. Jamais des avions aussi gros n'ont décollé du pont exigu d'un porte-avion. Les équipages ont été entraînés par un célèbre pilote de course devenu Colonel dans l'Air Force
Jimmy Doolittle, qui va conduire ce raid. Mission impossible. Pour la longue traversée jusqu'au Japon, ils sont trop lourds en bombes et en essence.
18 avril 1942
Et pourtant, ils parviennent à décoller. Un grand film à succès : "30 secondes sur Tokyo" célébrera leur action. Quelques tonnes de bombes, peu de dommages, mais une énorme gifle à l'empire du
Soleil Levant.
La vengeance contre un équipage tombé en territoire japonais sera implacable. Jugés pour crimes de guerre, ils seront tous condamnés à mort. Pour le premier ministre, le général Tojo, pour
l'amiral Yamamoto, ce raid américain prouve qu'il faut sécuriser le périmètre de l'expansion japonaise. Leur plan est de prendre Midway, base américaine à mi-chemin du Pacifique, puis
débarquer à Pearl Harbor, ce qu'ils auraient dû faire six mois plus tôt.
PEARL HARBOR - Juin 1942
Ce que les japonais ne savent pas, c'est que leur plan est connu des américains qui ont réussi l'exploit de déchiffrer leur code secret. Le commandant en chef Chester Nimitz veut préparer la
défense de Midway. Il a moins de porte-avions que Yamamoto mais il les rassemble sur place en embuscade. L'amiral Yamamoto approche à la tête de la plus grande escadre jamais réunie : 200 navires
de guerre et surtout une concentration inégalée de 8 porte-avions transportant près de 600 avions.
5000 fusiliers marins ont été embarqués de même qu'un peintre pour immortaliser le fait d'armes, l'un des plus célèbres artistes de Montparnasse rentré au Japon pour faire son devoir :
Fujita. Du côté américain, c'est John Ford, le grand metteur en scène, qui est mobilisé pour immortaliser la défense de Midway où il parvient à recréer, la veille de la bataille, l'atmosphère de
ses westerns avant le duel final au révolver.
Les marines savent que l'attaque est pour demain.
7 juin 1942
A cinq heures du matin, Ford filme la première attaque japonaise qui ravage la base américaine. Une bombe japonaise explose trop près des cinéastes et blesse grièvement Ford qui
perdra un oeil. Ford reprend conscience dans la jeep qui l'emmène à l'hôpital et : "Mon dieu, c'était pas loin". Il ajoute : "Ces marines, des gosses qui avaient 18 ou 20 ans. Ils étaient si
calmes dans ce bordel ! J'me suis dit -ils vont gagner la guerre-." Les pilotes des porte-avions américains ne sont pas plus âgés. Ils sont à peine sortis de l'université. Ils posent pour le
cameraman de John Ford et décollent pour attaquer la flotte japonaise.
C'est l'escadrille Torpedo 8 qui va frapper la première. L'un de ces pilotes, le lieutenant Georges Gay (?)
25 ans pique au-dessus de la flotte japonaise. Les canons anti-aériens des porte-avions japonais abattent les appareils américains les uns après les autres. Georges Gay fonce sur un des
navires. Il est abattu. Il se retrouve dans l'eau miraculeusement indemne. Il voit à quelques centaines de mètres l'agitation sur les porte-avions japonais qui s'apprêtent à faire décoller leur
deuxième vague d'attaque. Ils n'ont pas terminé les pleins d'essence et de bombes.
C'est à ce moment précis qu'une autre formation de bombardiers américains arrivent au-dessus des japonais. Un coup de chance inouï. Ils coulent 4 porte-avions japonais. Georges Gay, toujours dans
l'eau, raconte : "Je me suis retrouvé au milieu des naufragés japonais et les requins. J'ai vu les avions japonais qui revenaient de leur première attaque sur Midway. Ils cherchaient leurs
porte-avions qu'on venait de couler. Alors j'ai vu les pilotes japonais à court d'essence obligés de se poser sur la mer". Georges Gay est repêché par un destroyer américain. Il deviendra pilote
de ligne.
Début de la 4ème
vidéo en anglais 4/5
Le porte-avion américain Yorktown a été endommagé par les japonais. Il panse ses plaies et compte ses morts et tente de revenir à sa base. Mais, le lendemain matin, il est torpillé par le
sous-marin japonais I168. Les américains viennent de perdre un porte-avions mais les japonais en ont perdu quatre. Cette défaite japonaise, la première, ranime le moral des alliés. "On a repris
confiance" dit Churchill.
Pourtant, le Japon ne paraît pas affaibli. Bloqué sur Midway, au centre du Pacifique, il continue sa progression vers le sud, vers l'Australie. Darwin, la ville la plus au nord de l'Australie,
déjà bombardée par les japonais, se prépare à un débarquement - 1ère guerre de ce continent -. Les australiens vont s'efforcer de contrer les japonais qui continuent à débarquer en
Nouvelle-Guinée. Une île immense, difficilement pénétrable, jusque là fréquentée plutôt par des explorateurs. Les papous se révèlent de précieux auxiliaires des australiens qui mènent une guerre
désespérante en Nouvelle Guinée contre les moustiques, les fourmis rouges, les sangsues, les serpents et les japonais.
Mais c'est maintenant l'île de Guadalcanal qui inquiète les américains. Un de leurs appareils de reconnaissance révèle que les japonais construisent une piste d'aviation. Une nouvelle menace
contre l'Australie. Les américains organisent alors le premier grand débarquement de la guerre.
Guadalcanal - 7 août 1942
Au début, sur la plage, les marins ne rencontrent pas de résistance et s'enfoncent dans la jungle. L'un d'entre eux, Edwin Morgan raconte : "Nous
avons fait connaissance avec la jungle. C'est plein de bruits suspects qui font peur. Moi j'avais peur".
Et on s'est dit : "Y a pas de raison que les japonais soient meilleurs que nous, ils habitent tous dans des villes, y a pas d'jungle au Japon". Les
marines sont des pros et les japonais des fanatiques, certains de leur supériorité. Les japonais chargent à la baïonnette comme pendant la 1ère guerre mondiale, comme à Verdun, contre les
mitrailleuses. Avec le même résultat qu'à Verdun : une hécatombe. 900 trouvent la mort dans la bataille de la rivière Ténaro. Après cela, les marines peuvent capturer l'aérodrome, le
sécuriser, agrandir la piste pour les premiers avions des marines volants surnommés "les têtes brûlées".
Ce terrain d'aviation devient la cible permanente des canons japonais. La nuit, leurs croiseurs se glissent le long de la côte pour les pilonner avec une telle régularité que les marines
l'appellent "l'express de Tokyo".
Une bataille navale s'engage pour empêcher les renforts de débarquer. Un régiment d'élite japonais y parvient. Ces fusiliers marins japonais sont de redoutables guerriers mais ils partent se
battre sans la moindre protection contre les maladies tropicales. Le paludisme en tuera la moitié, l'autre se sacrifiera toujours au nom du bushido. Celui qui les commande, le colonel Itchiki,
leur rappelle la devise des Samouraïs "Le devoir est lourd comme une montagne mais la mort du soldat est légère comme une plume".
Les combats de Guadalcanal ne font que commencer. Ils vont durer six mois. Une guerre d'usure. Les marines se sentent pris au piège de ce qu'ils appellent l'"enfer vert". Eux aussi sont malades,
leurs plaies s'infectent, mais ils ne sont qu'au début de leur calvaire.
C'est aussi, au même moment, le calvaire de l'Armée Rouge. Les russes l'appellent l'"été noir de 1942". Les allemands ont repris leur marche vers l'est et font de nouveau des prisonniers mais
moins que l'année précédente, car la plupart du temps, les soviétiques se retirent devant eux en ne laissant que de la terre brûlée.
Ce qu'Hitler prend pour une fuite est un ordre de Staline. Mais pour les lenzheers (?), les soldats de la Wehrmacht, chaque prise de ville
reste un combat féroce. Le major Hocke (?) , du 18ème régiment d'infanterie, écrit : "Les nouvelles recrues ne sont pas habituées à ce genre de
combat. Ils se dépriment vite, s'énervent et se font faucher. Le 8 août, nous avons perdu 35 de ces jeunes sur 50 morts de la sixième compagnie.
Hitler jette dans cette fournaise toutes ses ressources : 5 millions d'hommes mais il estime qu'il lui en manque encore 800 000 pour ce combat décisif. Ce sont ses alliées roumains, hongrois et
italiens qui vont fournir ces hommes. La plupart sont forcés de se battre pour lui. Pauvres italiens, jetés par la mégalomanie de Mussolini dans cette guerre. 10 000 seulement sur 300 000
reviendront chez eux.
L'objectif d'Hitler n'est plus Moscou mais le sud de la Russie. Il a conçu un vaste mouvement de tenaille qui se refermera sur le pétrole du Caucase et celui du Moyen Orient avec Rommel qui
continue à avancer en Egypte.
L'autre objectif : Stalingrad. La ville de Staline et ses usines. Hitler déclenche les deux offensives en même temps, ce qui inquiète l'état-major. Hitler divise ses forces comme pour Moscou
l'année précédente.
Une partie de la Wehrmacht s'enfonce donc dans les steppes. Le général von Kleist dit : "Devant moi : pas d'ennemi - derrière moi pas de réserves". Ils atteignent les monts du Caucase, ils
marchent vers les confins de l'Iran où transite depuis peu le matériel américain en direction de l'U.R.S.S. Ils n'y parviendront jamais.
Début de la 5ème
vidéo en anglais 5/5
Pendant ce temps, le reste des forces allemandes, la sixième armée du général Paulus avance vers Stalingrad. Pour tenter d'arrêter la progression inexorable des chars, les russes mettent en
oeuvre des moyens désespérés : les chiens. Jusqu'ici, la peau de ces chiens servait à fabriquer des bottes. Les russes ont activement mis au point une technique basée sur les réflexes
conditionnés du célèbre savant Pavlov. Les chiens ont été affamés et habitués à chercher leur nourriture sous un tracteur à chenilles. Ils sont entourés d'une ceinture d'explosifs télécommandée
et lâchés au dernier moment quand un char allemand se profile à l'horizon.
En août 1942, Churchill va à Moscou avec Harrimann l'ambassadeur de Roosevelt pour rencontrer Staline qui réclame l'ouverture d'un second front à l'ouest. Churchill affiche son
fameux V de la victoire mais il est bien obligé d'avouer à Staline que les alliés ne pourront pas soulager la pression allemande sur le front est. Harrimann promet plus d'aide mais Staline est
furieux. Il sait qu'il devra lutter seul contre Hitler. Alors il nomme à la défense de Stalingrad l'un de ses plus rude homme de main, l'ukrainien Nikita Khrouchtchev déjà
responsable de massacres staliniens avant la guerre. Khrouchtchev transmet l'ordre de Staline de ne plus reculer. Il fera fusiller 15 000 de ses hommes, des soldats soviétiques, pour manque de
courage. Mais il ne peut empêcher l'avance allemande jusque dans les faubourgs de Stalingrad.
Début septembre 42, Paulus parvient à la ligne de chemin de fer qui va à Moscou et réussit à la remonter et prendre la gare centrale de Stalingrad.
Les Stukas se préparent à détruire ce qui fut l'orgueil de l'Union Soviétique, la plus belle ville industrielle du monde communiste faite pour le bonheur des ouvriers. La cité-jardin les usines
Octobre Rouge ou Barricades. Les bombardements allemands tuent des milliers de civils.
La gigantesque usines de tracteurs qui produisait les chars T34 n'est plus qu'un océan de ruines. Mais ces ruines sont autant de blokhaus, de forteresses que les allemands doivent prendre au
corps à corps au prix de lourdes pertes qui ne sont pourtant rien à côté de celles des russes.
En quatre semaines de combats acharnés, les allemands réussissent à gravir le seul point élevé : la colline Mamaïev. De là, ils peuvent contrôler l'ensemble de la ville.
Le 15 Octobre 1942, les allemands atteignent leur but : le grand fleuve russe la Volga. Seule une mince bande de terre est encore aux mains de quelques soviétiques. Le
général Paulus peut donc annoncer à Hitler que la 6ème armée occupe la ville sur laquelle flotte désormais la croix gammée.
Hitler fait frapper la médaille commémorative de la prise de Stalingrad.
Il exulte. Il réunit ses complices : Goering, Goebbels, Himmler et ses fidèles et il leur dit : "Je voulais la prendre cette ville de Staline. Nous avons fini par l'avoir et aucun bateau ne peut
plus remonter la Volga. Ça c'est l'essentiel".
Par marie
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Publié dans : 2nde guerre mondiale
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