Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /2009 17:09



Pour connaître les réalisateurs de ces films et avoir d'autres renseignements je vous renvoie au site intéressant de France 2

Chaque épisode sera découpé en plusieurs parties, ce qui va me permettre d'ajouter le texte du documentaire en dessous. Je vous proposerai aussi la version en anglais.

. 1er épisode         :  L'AGRESSION        (1933 - 1939)   -  THE AGRESSION

. 2ème épisode     :  L'ÉCRASEMENT    (1939 - 1940)   -  THE CRUSHING DEFEAT
3ème épisode     :  LE CHOC                  (1940 - 1941)   -  THE SHOCK
. 4ème épisode     :  L'EMBRASEMENT (1941 - 1942)   -  THE WORLD ABLAZE
. 5ème épisode     :  L'ÉTAU                      (1942 - 1943)   -  THE NOOSE
6ème épisode     :  L'ENFER                    (1944 - 1945)   -  INFERNO
 
Pour visionner cet épisode mais en anglais

- The crushing defeat - part 1
 
- The crushing defeat - part 2

- The crushing defeat - part 3

- The crushing defeat - part 4

- The crushing defeat - part 5


L'ÉCRASEMENT 
(1939 - 1940)




Début de la 1ère vidéo en anglais 1/5

9 mai 1940
Une petite ville avec de petits enfants. Une ville des Ardennes
(région nord-est de France) proche de l'Allemagne qui est en guerre contre la France. Mais jusque là, tout a été tranquille. Alors, ils alignent sagement leurs sabots et leur maîtresse leur dit : "Aujourd'hui, je vais vous apprendre une jolie chanson pour que la paix revienne. Ainsi font font font les petites marionnettes. C'est la dernière classe.

10 Mai 1940 à 5h35

L'offensive allemande se déchaîne. Les parachutistes allemands sautent sur la Hollande à l'avant-garde de 3 millions d'envahisseurs. 

La Wehrmacht entre en Belgique. C'est le piège d'Hitler. Il fait croire que les allemands recommencent leur attaque de 1914 à travers la Belgique neutre. 

Le commandant en chef allié, le général français Gamelin est très serein. Il a tout prévu. Il a soigneusement poli son plan pendant la drôle de guerre. Gamelin envoie donc en Belgique ses meilleures divisions motorisées, le fer de lance de l'armée française, avec tout le corps expéditionnaire britannique. Ces soldats sont de vrais combattants, déterminés. Ils vont enrayer l'avance allemande en Belgique.

Et pourtant Hitler, dans son quartier général, est au comble de l'exaltation. Son piège a fonctionné. Il dit : "J'en pleurerais de joie". Il donne comme consigne au maréchal Goering, le maître de l'aviation, de ne pas bombarder les colonnes françaises, de les laisser s'engager profondément en territoire belge. Et il les attaque à revers. Sa véritable offensive c'est à travers les Ardennes. Létat major français avait décrété : "Ce massif forestier accidenté ne peut en aucun cas permettre à des chars de passer". Rien ne les arrête sauf leurs propres embouteillages.

Pendant ce temps, les hollandais, les belges et les luxembourgeois qui possèdent des voitures sont les premiers à partir. Tous sont contrôlés par peur de ce qu'on appelle alors "la cinquième colonne" - des espions au service des nazis -.

Les allemands poursuivent leur action de diversion et d'invasion de la Belgique avec des troupes d'élites aéroportées. Les sapeurs braillent leur chanson de la campagne de Pologne : "Les filles attendront, camarade. Il faut y aller, camarade"

Le 11 mai à l'aube, ils sont jetés sur la Belgique. Leur objectif : neutraliser le point fort de la défense belge. Le fort d'Ében-Émael sur le canal Albert réputé imprenable. Un soldat audacieux se hisse sur le toit des tourelles d'artillerie avec sa charge d'explosifs. La réputation d'invincibilité de la Wehrmacht née de ces images de conquérants dans les ruines du fort d'Ében-Émael, la plaie de la Belgique.

La chute du fort déclenche une ruée vers les derniers trains pour Paris. À la gare du Nord, la Croix Rouge, débordée, transfère les réfugiés belges dans des wagons à bestiaux pour le sud.

L'entrée des allemands dans Liège accentue le mouvement de panique. Devant une telle démonstration de force, il ne reste plus qu'à obéir ou à fuir. Ce ne sont plus des citadins mais des ruraux. Depuis la nuit des temps, les paysans sont toujours les derniers à fuir, à abandonner leurs bêtes. Le grand poète flamand Émile Verhaeren écrit : "Les gens d'ici n'ont rien de rien. Rien devant eux, que l'infini de la grand route. Les gens des champs, les gens d'ici, ont du malheur à l'infini.

L'offensive aérienne allemande se déchaîne, dévastant les carrefours stratégiques, les terrains d'aviation, les raffineries et les stocks d'essence. Les villes du nord et de l'est de la France sont bombardées. Les français sont maintenant confrontés à la réalité de la guerre moderne.

Aux Pays-Bas, le grand port de Rotterdam brûle. Un raid allemand de terreur, comme pour Varsovie. Mais ce bombardement a eu lieu après la réddition (action de capituler / de se rendre) de la ville. Un nouveau crime de guerre hitlérien.

La reine Wilhelmine des Pays-Bas part pour Londres pour continuer la lutte avec son gouvernement. Sa fille, la future reine Juliana, le prince Bernard et leur petite Béatrix, 2 ans, future reine elle aussi.

A Londres, Winston Churchill est désormais à la tête du gouvernement. Son premier discours révèle sa volonté quelles que soient les circonstances. Mais la France est soudain en mauvaise posture. En trois jours les allemands ont traversé les Ardennes. Ils avancent sur la ligne de résistance française sur la Meuse.

Début de la 2ème vidéo en anglais 2/5
 
Ils cherchent à refermer les tenailles de leur piège, commencer l'encerclement des alliés massés en Belgique. Les fantassins allemands bousculent les français comme s'ils venaient d'un autre monde. Grenades à main, fusils mitrailleurs, manches retroussées. En une journée la ville est prise. Sedan, la clé des Ardennes, déjà marquée par la défaite de 1870. Mais l'obstacle, pour les allemands, c'est bien la Meuse.

Dans la nuit du 13 au 14 mai, ils apportent des poutrelles pour construire des ponts. Les français se défendent. Mais, au matin, l'artillerie française neutralisée, les sapeurs allemands finissent le pont, galvanisés par leur général Guderian, un prussien de 42 ans, grand théoricien des chars, de leur utilisation avec force, audace et rapidité. La Blitzkrieg, la guerre éclair, ne doit pas laisser à l'ennemi le temps de se rétablir. Les chars suivis par l'infanterie et soutenus par l'aviation, surtout les Stukas. Les Stukas, les bombardiers en piqué, au bruit de sirène, dont les pilotes, surentraînés, insensibles à la pression terrible de la descente larguent au dernier moment leur bombes avec une précision mortelle.

Le chef du gouvernement français, Paul Reynaud, affolé, téléphone à Churchill : "Le front est percé, la route de Paris est ouverte". Les généraux français sont désemparés. Ils n'ont plus les moyens de réagir. Les forces alliées sont engagées en Belgique, alors comment arrêter l'avance allemande ?

A Paris, les autorités tentent de canaliser l'afflux de plus en plus grand des réfugiés. La Belgique et tout le nord de la France se sont déversés sur les collèges, les casernes ou les hôpitaux, très rapidement submergés. Pour eux, le temps des jeux interdits commencent. Les voies ferrées sont coupées. La plupart de ces gens sont venus à pied. Ils doivent repartir avec de nouvelles chaussures. Peu d'informations, des rumeurs angoissées. Il paraît que Gamelin s'est suicidé, mais non.

Le commandement français vient de comprendre que les allemands vont vers la mer et qu'il est tombé dans un piège. Il ordonne des contre-attaques où le colonel De Gaulle va s'illustrer à la tête de ses chars. L'armée française a plus de chars et de meilleure qualité que les Panzers allemands, mais faute de renfort et de soutien aérien, les chars français sont la proie des Stukas. Les combattants français n'ont pas démérité, mais tous répètent : "Pourquoi notre aviation ne nous protège pas ?". Les pilotes français, mal commandés, mal employés, se battent courageusement à un contre trois. Mille aviateurs allemands sont abattus et faits prisonniers.

Le gouvernement britannique demande avec insistance à son allié français de lui livrer ces aviateurs pour les mettre en lieu sûr au Canada, mais sans succès. Terrible imprudence. Ces pilotes allemands seront rendus, à la fin des hostilités, et reprendront le combat contre l'Angleterre.

Les chars allemands foncent à travers les villes et les villages du nord de la France. Les français tentent courageusement de ralentir l'avance allemande. Les allemands brisent les nids de résistance. Le commandement français ne sait plus où est l'ennemi. Un officier d'état major, le capitaine Boffre (?)  : "Nous recevions des mauvaises nouvelles, des mauvaises nouvelles sans arrêt. Un atmosphère incroyable. Une espèce d'usure morale après cette accumulation en huit jours de nouvelles catastrophiques. C'est aussi la première fois que j'ai vu pleurer un homme."

Les allemands sont sur la Manche. Le coup de faucille a réussi. Le corps expéditionnaire britannique, l'armée belge et les armées françaises sont encerclées.

Le roi des belges capitule avec son armée.

Le corps expéditionnaire britannique se replie, sans prévenir, vers les côtes, ce qui achève la décomposition des armées alliées.

A Paris, le chef du gouvernement Paul Reynaud, révoque Gamelin et se trouve un nouveau sauveur, le général Weygand, 72 ans. L'un des artisans de la victoire de 1918. Pour rassurer, Reynaud nomme vice-président une autre gloire, le général Pétain, 84 ans, qui pourtant tourne le dos à sa politique. Weygand est obligé, à son tour, d'ordonner le grand repli vers Dunkerque.

Hitler laisse faire. Il veut ménager l'Angleterre. Il cherche encore une paix séparée. Et Goering lui affirme que son aviation est capable d'empêcher tout rembarquement. 400 000 hommes désemparés s'entassent avec un dernier espoir de s'échapper par la mer. Churchill ordonne à tout ce qui flotte d'aller les chercher. Destroyers, dragueurs de mines, chalutiers, remorqueurs, péniches, yacht de plaisance et même le bateau pompe de la Tamise. Tous traversent la Manche au secours des assiégés, parmi lesquels des généraux anglais dont Montgomery.

Les français contiennent les allemands dans les faubourgs de Dunkerque au prix de très lourdes pertes. Alors Goering envoie les Stuka de la Luftwaffe et les bombardiers. Leur rembarquement réussit pour 215 000 anglais et 120 000 français. L'armée anglaise est sauvée mais dans quel état ! Les français seront renvoyés en Bretagne (région de l'ouest de la France) pour tenter une dernière résistance.



Les anglais sont dirigés vers des centres de rééquipement. Pour toute l'Angleterre Dunkerque est un exploit que Churchill relativise. Il dit lucidement : "On ne gagne pas de guerre avec des évacuations". Pourtant c'est là, dans ces premiers jours de juin 1940 que naît l'"esprit de Dunkerque". L'Angleterre prend conscience de la nature impitoyable de cette guerre et de la puissance mortelle de l'ennemi hitlérien.

L'insouciance et l'humour font place à une mobilisation désespérée. Le 4 juin, Churchill, qui lutte aussi contre les défaitistes de son propre camp, a des accents inoubliables : "Nous nous battrons sur les plages et sur les aérodromes, dans les champs, dans les rues, dans les collines. Nous ne céderons jamais".

Début de la 3ème vidéo en anglais 3/5

Le 4 juin, les allemands entrent dans Dunkerque.  

Ils découvrent un butin fabuleux abondamment filmé par la propagande. La plus grande partie du matériel de l'armée anglaise. Sur la plage jonchée d'épaves, un Spitfire britannique et la carcasse de l'Adroit, l'un de ces contre-torpilleurs français détruit comme le Jaguar ou le Sirocco qui témoignent de la violence des combats qu'a livré la marine française. Les soldats de la Wehrmacht se filment, heureux. Ils ont découvert un gramophone français avec un disque célèbre de Maurice Chevalier "Et tout ça ça fait d'excellents français, d'excellents soldats qui marchent aux pas en pensant que la République c'est encore le meilleur régime ici-bas. Et tous ces gaillards, qui pour la plupart, n'étaient pas du même avis en politique...les voilà tous d'accord quel que soit leur bord, ils désirent tous désormais qu'on leur foute une bonne fois la paix" (qu'on leur foute la paix = qu'on les laisse tranquilles - en paix).

Hitler proclame : "Dunkerque, c'est la plus grande bataille de tous les temps et le 4 juin sera désormais la fête nationale allemande. Les soldats allemands filment leurs prisonniers. 80 000 français, les sacrifiés de la défense de Dunkerque. Ils auraient bien préféré être embarqués avec les autres. Une amertume certaine restera longtemps dans les esprits.

Mais Churchill dit : "Pendant ces 4 jours critiques, les français ont contenu 7 divisions allemandes. Ils ont ainsi apporté une splendide contribution au salut de leurs camarades". L'Angleterre n'aurait pas pu continuer la guerre sans eux.

Malgré leur succès, les allemands ont, eux aussi, subi des pertes importantes. Guderian laisse souffler ses soldats. Fier de leur général, ils marquent leur matériel de son initiale, le "G". La plupart sont ivres de fatigue. Ils n'ont pas dormi depuis 4 semaines sans s'arrêter de se battre.  L'offensive reprend, la France s'écroule. Mais continuer la lutte c'est ce que veulent Reynaud et De Gaulle, promu général qui entre au gouvernement.

A Rome, Mussolini, le Duce, le dictateur de l'Italie, a une grande nouvelle pour son peuple. Mussolini rêve à son butin : la Corse (île au sud de Marseille), Nice (ville française proche de la frontière italienne), la Savoie (région française des Alpes), la Tunisie (française aussi à cette époque), Malte (britannique). Un coup de poignard dans le dos.

L'offensive de Mussolini est arrêté par les chasseurs alpins français.

Les troupes du général Rommel déferlent sur la Normandie et entrent dans Rouen.

Paris est déclarée "ville ouverte" c'est à dire livrée sans combat à l'adversaire pour  ne pas subir le sort de Varsovie ou de Rotterdam. Le gouvernement est parti pour Bordeaux. Les allemands sont aux portes de la ville. La rumeur enfle. Ils tuent, ils violent, comme les prussiens en 1870. Abandonnés, les parisiens fuient. La France s'enfuit. Une immense débâcle qui portera le nom biblique d'"Exode".  6 millions de français convergent vers la Loire. Le dernier rempart. Mais il n'y a pas de rempart contre les Stukas.

Le 14 Juin 1940, à l'aube, les allemands entrent dans Paris

La croix gammée, symbole du nazisme, flotte sur Paris. Le tout premier acte de l'occupation, c'est la ruée sur les archives des ministères abandonnés. Listes d'espions, de juifs, de franc-maçons, et même l'original du traité de Versailles qui avait, en 1919, humilié l'Allemagne et qui est aussitôt envoyé à Hitler.

L'exode s'arrête sur place. Les ponts de la Loire sont coupés. Il  n'y a plus qu'un espoir : que les combats cessent.

A Bordeaux, Petain veut aussi en finir. Les allemands poursuivent leur avance inexorable vers le sud. L'armée française, qui était considérée avant le 10 mai, comme la première du monde est détruite. Pourtant, elle s'est mieux battue qu'on ne l'a dit, surtout à l'époque. 100 000 soldats français sont morts. Plus que dans la même période de la Grande Guerre (14-18) pourtant si meurtrière. 1 850 000 (un million huit cent cinquante mille) soldats sont faits prisonniers avec 36 000 (trente six mille) officiers et 176 généraux.

Parmi les prisonniers, beaucoup de soldats africains des troupes coloniales françaises.

Des cinéastes amateurs, dans l'armée allemande, les filment avec une complaisance malsaine. Affamés, ils égorgent une chèvre.

Les actualités officielles allemandes, elles, insistent sur les visages en gros plan. La consigne est de montrer la dégénérescence des français, obligés de faire la guerre avec leurs esclaves : les colonies. D'ailleurs, le commentaire allemand d'origine est significatif.

3000 soldats et officiers de l'armée française d'origine africaine sont fusillés après leur capture.

Le racisme imprègne les soldats allemands après sept années d'endoctrinement nazi.

Le sort de la France se joue maintenant en trois journées décisives.

Le 16 Juin 1940, le conseil des ministres à Bordeaux met Reynaud en difficulté et il démissionne. Pour lui succéder, le Président de la République désigne alors Philippe Pétain comme chef du gouvernement.

Place de la Bastille. Ceux qui sont restés écoutent le Maréchal. Pétain, le vainqueur de Verdun, il annonce qu'il demande l'armistice.

"Français, j'ai demandé à nos adversaires de mettre fin aux hostilités. J'ai pris cette décision, dure au coeur d'un soldat, parce que la situation militaire l'imposait". La radio allemande traduit ce discours de la défaite de la France. Les français captent la BBC, la radio anglaise. Le général De Gaulle est arrivé à Londres.

Le 18 Juin, il s'élève contre l'armistice (appelé "l'appel du 18 juin"). Quelques jours après, il enregistre un nouveau discours. "Nous croyons que l'honneur des français consiste à continuer la guerre au côté de leurs alliés".

Hitler reçoit un télégramme de félicitations de Staline.

Début de la 4ème vidéo en anglais 4/5

Le 22 juin 1940, Hitler arrive à Compiègne près de Paris. Il a ordonné une mise en scène implacable pour humilier les vaincus. Il a choisi le wagon dans lequel fut signé l'armistice du 11 novembre 1918 qui consacrait la défaite de l'Allemagne. La revanche est totale. La délégation française est conduite par le général Huntziger. Un interprète lit d'abord une diatribe accusant la France d'avoir déclaré la guerre sans raison. Hitler ne dit pas un mot, il se lève et s'en va. Pendant ce temps, les français prennent connaissance des clauses de l'armistice dont l'une est inacceptable : la livraison des allemands anti-nazis réfugiés en France. Huntziger tente de négocier. Refusé. Huntziger appelle Weygand au gouvernement à Bordeaux. Les services secrets allemands enregistrent la conversation.
- oui, mon général, c'est Huntziger. Oui mon général, c'est fait.
-...la façon dont vous l'avez fait
- mon général, vous me comprenez vous !
- ah j'vous comprends !

Ensuite, Hitler fait transporter le wagon de l'armistice à Berlin. Dans les derniers jours du Reich, il le fera dynamiter par les S.S.

En six semaines, tous les grands symboles de la victoire française dans la première guerre mondiale sont profanés. Comme Verdun, 500 000 morts pour en arriver là vingt ans plus tard !

Hitler, goguenard, rend visite à ses hommes qui viennent seulement de prendre la ligne Maginot. Il se fait plus solennel pour entrer dans Strasbourg et sa cathédrale. L'Alsace et la Lorraine sont de nouveau allemandes comme il l'avait promis dans "Mein kampf".

Le butin de la campagne de France : 2000 chars, 5000 canons, 300 000 fusils, 4 000 000 de munitions,

La Wehrmacht découvre dans un magasin de l'intendance à Paris le stock de caleçons de l'armée française. Des vêtements de laine bien chauds pour les campagnes futures.

Le butin c'est la France, ses usines, ses ports, ses richesses. Les français ont déclaré la guerre, ils paieront chaque jour une indemnité équivalente à 100 millions d'euros.

Le général Huntziger se rend en Allemagne pour la première réunion de la commission chargée d'appliquer les clauses de l'armistice. Hitler, pour économiser ses troupes, préfère laisser une partie de la souveraineté à un gouvernement français à sa botte (soumis), avec une armée réduite sans armement lourd juste pour maintenir l'ordre.

La France est donc coupée en deux

Une zone occupée au nord et le long de la façade maritime pour disposer des ports. La Méditerranée est contrôlée par l'Italie qui a une bande d'occupation le long des Alpes. Le reste est une zone dite libre avec une nouvelle capitale Vichy.

Cette ville thermale a été choisie parce qu'elle dispose de nombreux hôtels où s'installent, dès le début juillet, le maréchal Pétain et les ministères dans une atmosphère pathétique. Mais ce gouvernement de Vichy contrôle encore un immence empire colonial et surtout une marine restée puissante. Hitler a demandé seulement qu'elle soit désarmée dans ses ports d'attache car il a eu peur qu'elle se joigne à  l'Angleterre.

Churchill a la crainte inverse : que les allemands ne s'en emparent. Il donne l'ordre à la Royal Navy de la neutraliser.

Une escadre britannique se présente devant l'une des bases les plus importantes de la marine : Mers-el-Kebir en Algérie. Churchill ne veut prendre aucun risque, il fait envoyer ce signal : "Rejoignez-nous ou sabordez-vous ou partez pour les Antilles".
Vichy n'est informée que des deux premiers points et refuse. Les anglais ouvrent le feu.


Deux cuirassés, deux croiseurs et un destroyer sont coulés. 1200 marins français sont tués. Churchill veut prouver à son opinion, au monde et surtout aux Etats-Unis, sa détermination en frappant ses amis d'hier dont la flotte aurait pu aider un débarquement allemand sur les côtes anglaises.

Les ministres de Vichy veulent déclarer la guerre à l'Angleterre. Pétain s'y oppose en disant : "Une défaite suffit".

Toute l'Allemagne fait un triomphe à Hitler. Sa conquête éclair de l'Europe subjugue ses généraux. Il se croit désormais le plus grand chef de guerre de tous les temps, l'égal de Napoléon. Et comme pour l'empereur, personne n'osera plus le contredire.

Les allemands occupent les îles anglo-normandes Jersey et Guernesey. Un premier pas vers l'invasion de la Grande-Bretagne. Hitler attend. Après tout, ces gens sont des cousins germains. Une alliance avec eux est envisageable. L'Europe serait allemande, l'océan britannique. Mais Churchill n'acceptera jamais.

Les anglais attendent une invasion allemande en prenant des mesures qui peuvent paraître dérisoires. Le bruit court que la bataille de France a été gagnée par les allemands parce qu'ils avaient des cartes Michelin. L'autre mesure immédiate est de mettre les enfants à l'abri, à la campagne...toujours un déchirement. Leurs grandes soeurs, leurs mères et leurs mamies s'engagent, car chacune doit défendre sa maison contre les redoutables parachutistes allemands.

Sont ainsi volontaires pour la "home garde", la défense locale, tous les hommes, même les vétérans de la guerre de 14, même ceux de la guerre des boers en Afrique du sud de 1902. Une mobilisation des bonnes volontés pendant que l'armée sauvée à Dunkerque se reconstitue. L'Amérique fournit les fusils, les mitrailleuses et les canons anti-aérien et l'entraînement se perfectionne.

Alors Churchill prononce son discours resté le plus cher dans le coeur des anglais.

"La bataille d'Angleterre va commencer. Nous devons rassembler toutes nos forces. Si l'empire britannique existe encore dans mille ans, les hommes de ce temps diront : ceux-là ont vécu leur moment le plus glorieux."

Début de la 5ème vidéo en anglais 5/5

L'une des armes principales de Churchill c'est la R.A.F, la Royal Air Force et un avion remarquable le Spitfire avec son moteur Rolls Royce, le meilleur chasseur du monde. Les anglais ont aussi une avance dans le domaine de l'électronique. C'est un anglais qui a inventé le radar pour détecter les avions et permettre aux Obs room, les centres de contrôle, de diriger le pilote vers l'ennemi.

Aux pilotes, venus de tout l'empire britannique, se sont joints ceux qui ont réussi à s'enfuir de leur pays occupé par les allemands. Ceux dont les gouvernements sont en exil à Londres comme les polonais, les hollandais, les belges, les tchèques et de nombreux américains. Leur pays est neutre, pas eux. Et les premiers français libres avec De Gaulle.

Les pilotes anglais sont des étudiants d'Oxford ou de Cambridge. L'un d'entre eux, Richard Hilary écrit avant de partir au combat et d'être abattu : "La presse nous appelait la génération perdue. Nous avions les cheveux longs, nous étions gâtés, désabusés, suffisants. Ce n'était pas l'héroïsme qui nous intéressait, mais la guerre allait nous fournir l'occasion de nous prouver à nous-mêmes et au monde que, quelle que soit notre indiscipline, nous pouvions tenir tête à la jeunesse fanatisée d'Hitler.

Ces pilotes allemands ont été formés par la Hitlerjugend, la jeunesse hitlérienne, dans l'idée de la revanche. Ils se sentent l'élite, et leur chef Goering, est le personnage le plus populaire du régime. Goering, qui aime tant le luxe, a fait de l'hôtel Ritz à Paris le quartier général de la Luftwaffe. Il a promis à Hitler qu'en cinq jours il anéantirait la Royal Air Force. Il aurait la maîtrise de l'air et permettrait le débarquement de la Wehrmacht en Angleterre.


Un grand atout de la Luftwaffe : elle dispose maintenant de tous les aérodromes français, de leurs installations, de leurs équipements. Ses pilotes sont très entraînés comme Adolph Galland avec son éternel cigare. Il s'est battu contre les républicains en Espagne. Ou Werner Mölders, un as de la campagne de France où il a été descendu. Il a fait partie des prisonniers rendus aux allemands. Il mène maintenant l'offensive aérienne contre l'Angleterre.

A partir de ces terrains de la France occupée, les allemands vont s'acharner sur le trafic maritime, les ports, puis les terrains d'aviation du sud de l'Angleterre. Ils vont abattre 400 avions anglais au prix de 1000 des leurs. Les pilotes anglais ont tenu bon. Ils se sont sacrifiés. Churchill dit : "Jamais dans l'histoire des conflits humains autant d'hommes n'ont eu une dette aussi considérable envers si peu".

Hitler décide de reporter son  plan d'invasion. C'est son premier échec, alors il change de méthode. Il dit : "Les anglais se rendront quand leurs villes seront détruites". Les bombardiers allemands s'acharnent sur les villes comme Coventry et Londres. C'est le blitz, le bombardement quotidien. Ce changement d'objectif est une erreur fatale d'Hitler parce qu'en fait la Royal Air Force était bien sur le point de craquer. La R.A.F a le temps de souffler.

Quant au peuple anglais, il se révèle admirable. Il s'est enterré dans des jardins de ses cottages. Il dort dans le métro avant d'aller au boulot et ne perd jamais son humour ni sa confiance. Churchill dit : "Ici, dans cette ville de Londres, que Herr Hitler prétend réduire en cendres, nos gens tiennent bon !"

Hitler est exaspéré, il dit : "Churchill est un demi-américain, ivrogne et enjuivé". Comme à chaque revers, il va retourner sa hargne contre les juifs.

Le 12 octobre 1940, le jour du Yom Kippour, le guetto de Varsovie est entouré de murs de 3 m de haut.

Y seront enfermés 500 000 juifs, hommes, femmes, enfants, vieillards qui vont souffrir atrocement de froid, de faim, de misère.


Y seront enfermés 500 000 juifs, hommes, femmes, enfants, vieillards qui vont souffrir atrocement de froid, de faim, de misère.

Dans son châlet des Alpes de Bavière le "Berghof", Hitler, filmé par sa maîtresse Eva Braun, fête la Noêl 1940 avec les enfants des dignitaires nazis. Il mûrit un nouveau coup de poker. Sa mission c'est la conquête de l'espace vital à l'est. Il ne s'est allié avec Staline que pour mieux l'attaquer. Mais plus tard, son échec anglais l'oblige à précipiter les choses avant que Churchill n'arrive à entraîner l'Amérique à ses côtés.

Ce serait alors...le choc.

Par marie - Publié dans : 2nde guerre mondiale
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