Partager l'article ! "Apocalypse - la 2ème guerre mondiale" - 5ème épisode - L'étau: Pour connaître les réalisateurs de ces films et avoir d'autr ...
Pour connaître
les réalisateurs de ces films et avoir d'autres renseignements je vous renvoie au site intéressant de
France 2.
. 1er
épisode : L'AGRESSION (1933 - 1939) - THE
AGRESSION
. 2ème épisode
: L'ÉCRASEMENT (1939 - 1940) - THE CRUSHING DEFEAT
. 3ème épisode : LE
CHOC (1940 - 1941) - THE SHOCK
.
4ème épisode : L'EMBRASEMENT (1941 - 1942)
- THE WORLD ABLAZE
. 5ème épisode :
L'ÉTAU (1942 - 1943) - THE
NOOSE
. 6ème épisode :
L'ENFER (1944 - 1945)
- INFERNO
Pour visionner cet épisode mais en anglais
- The noose part
1
- The
noose part 2
- The noose part 3
- The noose part
4
- The noose part
5
L'ETAU
(1942 - 1943)
Début de la 1ère vidéo en anglais 1/5 (voir en haut de la page)
Fin octobre 1942
Adossée au fleuve, la ville de la Volga resiste encore. Les soldats allemands écoutent le führer à la radio. "Nous avons pris Stalingrad, il ne reste plus que quelques points de résistance. Nous
les prendrons les uns après les autres, c'est une question de temps". Pour Hitler, Stalingrad est devenue le symbole de la victoire sur la Russie.
Après deux ans de guerre à l'est, le front piétine.
Au nord, les allemands encerclent toujours Leningrad. Après 700 jours de siège, les soviétiques ne faiblissent pas.
Au centre, l'objectif, Moscou est toujours un mirage pour les allemands.
Au sud la progression vers le pétrole de Bakou s'arrête dans les monts du Caucase.
A Stalingrad, les russes tiennent encore. Contrairement à ce qu'affirme Hitler, les bateaux soviétiques traversent toujours la Volga pour amener des renforts. Chaque jour, des millieurs de
jeunes hommes, parfois sans arme ni formation militaire, sont déversés sur les berges. Ceux qui reculent devant les obus allemands sont impitoyablement abattus par les commissaires
politiques. Un officier, le colonel Ludnikov dit : "Nous nous battons pour chaque mètre de terre, mais notre mètre est différent. C'est le mètre de Stalingrad. Chaque centimètre compte. Nous
mordons la terre, nous ne reculons pas. Les allemands cherchent à les débusquer au lance-flammes. C'est l'enfer de Stalingrad.
Les sacrifiés et tous les soldats russes du front écoutent, le 7 novembre, anniversaire de la révolution, leur chef suprême Staline prononcer ces paroles inatendues. "Demain on dansera dans nos
rues". Parce que le général Joukov, l'homme qui a déjà sauvé Moscou a un plan : tenir ces îlots de résistance jusqu'au bout pour fixer dans Stalingrad l'armée allemande du général Paulus.
Sur l'autre rive de la Volga, Joukov rassemble toute une armée dans le plus grand secret. Tous doivent prêter serment à Staline.
L'union soviétique toute entière travaille, malgré les destructions et la perte du quart de son territoire, à donner à cette nouvelle armée un énorme
matériel. Les usines, déplacées et remontées aux portes de l'Asie, tournent maintenant jour et nuit. Là aussi, le sacrifice humain est terrible. Dans cet hiver de 1942, dans leurs ateliers sans
chauffage et parfois même sans toit, les femmes ont froid, elles ont faim, elles meurent d'épuisement. Mais la production industrielle soviétique est décuplée.
L' aide américaine à la Russie est devenue massive. Dans l'Atlantique nord, les alliés, réussissent à réduire la menace des sous-marins allemands en formant des convois protégés vers les ports
soviétiques comme Mourmansk. Fini l'anti-communisme. Pour les américains, Joseph Staline est devenu l'oncle Joe et pour les anglais "ce bon vieux Joe". Les russes recoivent d'énormes quantités de jeeps, de chars, d'avions, de camions et de boîte de corned beef. En ouvrant ce boeuf compressé, les soldats russes
plaisantent "on ouvre le second front". Tous attendent, comme Staline, que les alliés fassent plus pour soulager leur misère.
Pourquoi ne créent-ils pas un second front ? Pourquoi ne débarquent-ils pas à l'ouest ?
Mais les allemands menacent les anglais en Egypte. Rommel, qu'Hitler vient de faire maréchal pour ses victoires dans le désert, son armée blindée, l' Afrika Korps avance dangereusement vers le
canal de Suez. Ils ont atteint El Alamein. L'empire britannique est menacé.
Le premier ministre Winston Churchill vient encourager son armée du désert. Le moment est grave mais il ne perd pas son humour. Il dit : "Le secret de la santé c'est boire, fumer et surtout pas
faire de sport". Et pourtant, il se remet à peine de son premier infarctus. Il retrouve le général Montgomery tout juste nommé. Ce n'était pas le premier choix de Churchill et il inquiète tous
ses soldats du désert : les anglais, les australiens, les néo-zélandais, les sud-africains ou français libres.
Parce que Montgomery, fils de pasteur, leur impose dès son arrivée une nouvelle discipline et une règle de vie rigide.
L'un de ses officiers, le capitaine Belchem (?) se rappelle : "Ce qui nous a frappés c'est qu'il était petit et maigre. Il n'était pas bronzé
comme nous autres. Il nous a dit quelques mots de circonstance -nous allons nous battre à El Alamein et nous en sortirons vivants ou morts- et il a affiché dans sa tente un portrait de Rommel".
Montgomery est le contraire de Rommel. Il est prudent, il attend d'avoir la supériorité en hommes et en matériel comme les nouveaux chars américains Sherman puissant et rapide. Encore faut-il
leur ouvrir des passages dans les champs de mines.
Le capitaine Belchem raconte : "Il n'y a rien de plus horrible. Tout le monde a posé des mines, des millions. Les plus diaboliques c'était les mines allemandes à double détente. Le pauvre
gars qui mettait le pied dessus, il sentait le clic mais rien ne se passait. Quand il enlevait son pied il sautait.
El Alamein
23 octobre 1942
Montgomery déclenche son offensive dans le style de la première guerre mondiale avec une préparation d'artillerie puis une attaque massive de chars qui se révèle très coûteuse à cause des canons
de 88 allemands. Les soldats de Rommel contre-attaquent sans arrêt. La bataille tourne à la charge à la baïonnette comme dans la Somme en 1916 avec de lourdes pertes des deux côtés. À ce jeu
mortel, c'est celui qui a le plus d'hommes qui gagne. Rommel écrit : "Nous sommes tout simplement écrasés par le poids de l'ennemi". Il reçoit ce message d'Hitler : "Votre seule pensée doit être
de tenir, de ne pas reculer d'un mètre". Rommel écrit dans ses carnets secrets : "Pourtant je cherche un moyen de tirer de là nos troupes. Nous allons vers les jours les plus difficiles qu'un
homme puisse traverser" ; et il ajoute "Les morts sont heureux, pour eux tout est fini".
Rommel bat en retraite. Ils sauvent ses hommes en volant l'essence de ses alliés italiens qui se retrouvent prisonniers alors qu'ils se sont battus avec courage.
À Londres, Churchill annonce à son peuple la première vraie bonne nouvelle de la guerre : "Ce n'est pas la fin, ni même le commencement de la fin mais c'est peut-être la fin du
commencement !". C'est la fin du commencement !
Le mot de Churchill fait le tour du monde. Le vieux lion britannique a tenu tête à Hitler.
Hitler, dans son quartier général, "la tannière du loup", est dédaigneux. Il dit : "Ce n'est qu'un revers, la guerre continue".
En effet, les alliés ouvrent un nouveau front en Afrique du Nord. Un premier pas vers le contrôle de la Méditerranée. Comme en 1917, les soldats américains traversent l'Atlantique. Antoine de
Saint-Exupéry en exil à New-York reviendra d'Amérique à bord de l'un de ces transports de troupes. L'auteur du "Petit Prince" écrit : "Amis d'Amérique, je voudrais vous rendre pleinement justice.
Cinquante mille de vos soldats partaient en guerre pour sauver non les États-Unis mais l'homme lui-même, le respect de l'homme, la liberté de l'homme, la grandeur de l'homme.
8 novembre 1942
Les américains et les anglais sont accueillis à coups de canons par les français devant Casablanca et Oran. Ils ripostent.
Début de la 2ème vidéo en anglais 2/5 (voir en haut de la page)
L'Afrique du nord est toujours aux mains du régime de Vichy, collaborateurs des allemands. Les combats sont violents et les dégâts importants chez les vichystes. Le chef de la France libre,
le général De Gaulle parle à la radio de Londres : "Soldats, marins, aviateurs, fonctionnaires, colons français d'Afrique du nord, levez-vous ! Aidez nos alliés. Joignez-vous à eux
sans réserve".
Après deux jours de ces combats contre les libérateurs, le calme revient. Les alliés consolident leur débarquement. À Alger, le commandant en chef américain, le général Eisenhower
pragmatique négocie avec le chef des vichystes l'amiral Darlan. Darlan l'un des pires collaborateurs. Il a serré la main d'Hitler. Il change de camp et avec lui les forces
françaises d'Algérie et du Maroc passent du côté alliés. Quelques semaines après, Darlan sera assassiné par un résistant. Les français d'Afrique du nord, soulagés, accueillent les américains
chaleureusement. Les zouaves de l'armée d'Afrique eux aussi sont soulagés. Ils n'ont jamais eu envie de tirer sur les américains et ils vont bientôt entrer dans la guerre à leur côté comme à
peu près tous les autres "pieds noirs".
Avec eux, ceux que l'on appelle alors les indigènes qui formeront des unités de tirailleurs marocains et algériens. Et tous vont partir pour un nouveau front.
Parce qu'Hitler a pris de vitesse les alliés en occupant la Tunisie toujours contrôlée par Vichy qui laisse les allemands s'installer.
9 novembre 1942
Rommel, lui, recule vers la Tunisie.
Deux jours plus tard, pour sécuriser la côte méditerranéenne, Hitler envahit le sud de la France jusqu'ici non occupée : la "zone libre"
L'ordre d'Hitler est de capturer le port de Toulon où la flotte française est concentrée. Les amiraux vichystes choisissent alors le sabordage.
Couler eux-mêmes leurs navires pour ne pas les laisser tomber aux mains des allemands ni des alliés. Triste conséquence de la politique de Pétain mais pas une bonne nouvelle pour Hitler.
L'arrivée des allemands sème aussitôt la terreur dans l'ex zone libre où beaucoup de juifs avaient trouvé un refuge relatif. Dans cette atmosphère sinistre de rafles et de dénonciations qui
s'intensifie dans toute l'Europe, des enfants sont sauvés par de courageuses familles. Comme celle de Karl de Brower (?). Ce
banquier belge filme ses quatre enfants avec sa femme Denise. Ils cachent deux enfants juifs. Monique Mogoulski (?) 12
ans, fille d'un ingénieur, qui lui aussi se cache quelque part et Adrien Sabkaro (?) 6 ans. Sa mère a été arrêtée et déportée dans un camp de travail à l'est. Elle ne reviendra jamais
d'Auschwitz.
Ils sont nombreux maintenant à se douter que les mots utilisés par les occupants comme "camp de travail" signifient la mort.
Karl et Denise de Brower, héros du quotidien recevront un jour le titre de "juste" parmi les nations, comme 19483 hommes et femmes de toute l'Europe occupée.
Front de Stalingrad
18 novembre 1942
À 2000 kilomètres de là, autour de Stalingrad, les allemands profitent d'un repos à l'arrière en attendant de retourner se battre contre les derniers points de résistance russes.
Les flans de l'armée allemande sont tenus par des unités des pays satellites du Reich : des roumains, des hongrois et des italiens qui n'imaginent pas le danger qui les menacent.
À quelques kilomètres de là, les soldats soviétiques se préparent à l'assaut. Leur haine est implacable. Ils sont plus d'un million. Ils doivent se ruer sur les unités ennemies les plus faibles
pour encercler l'armée allemande qui occupe Stalingrad.
19 novembre 1942
À cinq heures du matin, 3000 canons et orgues de Staline écrasent les lignes ennemies. Le soldat
italien Eugenio Corti témoigne : "Les roquettes
tombaient avec la rapidité de la grêle. La terre était secouée comme par un séisme". L'immense armée de Joukov passe à l'offensive. Les hongrois n'avaient pas assez de munitions. Les roumains
n'avaient pas d'armes anti-chars. Les italiens ont laissé leur vie.
Les deux armées russes du nord et du sud font leur jonction magnifiée par le talent des cinéastes soviétiques. Les allemands voient les chars russes
refermer le cercle autour d'eux. La 6ème armée du général Paulus est prise au piège de Stalingrad.
Hitler est dans son chalet du Berghof à Berchtesgaden, son repère des Alpes bavaroises. C'est là qu'il apprend la nouvelle de l'offensive soviétique. Sa première réaction est de dire à son
entourage : "Il faut cacher cette nouvelle au peuple allemand". Il part vite pour son quartier général de Prusse orientale en précisant : "Si la 6ème armée se retire de
Stalingrad, la Wehrmacht n'y retournera jamais".
Paulus pourrait encore briser l'encerclement mais il lui faudrait désobéir car en arrivant à la "Tanière du loup", Hitler lui a envoyé ce message : "Restez sur place, une armée va venir vous
délivrer". Mais aucune armée ne parviendra jusqu'à eux et les avions de la Luftwaffe seront incapables de les ravitailler suffisamment malgré les promesses de leur chef Goering.
Stalingrad
Noël 1942
À Noël, la ration est réduite à 50 grammes de pain et 12 g de graisse. Le soldat infirmier Paul Gerhard Muller (?), 30 ans, écrit : "Ma très chère
Magdalena, cette lettre est une tentative, probablement la dernière, d'entrer en contact avec le monde extérieur. Mon amour, je ne veux pas te faire de peine inutilement mais tu dois savoir ce
qu'il en est ici. Tous ces blessés, la misère de la situation actuelle dépassent de loin ce que nous avons vécu. Je te remercie encore une fois pour toute ta fidélité et ton amour. Je t'ai trop
souvent causé du chagrin, cela m'attriste profondément. Pardonne-moi".
Le lieutenant von Lebecke (?) dit : "Dans nos radios on entendait un russe nous répéter en allemand - toutes les 7 secondes un soldat allemand meurt
en Russie - Stalingrad massengrab / Stalingrad fosse commune - .
Mussolini qui vient de perdre une armée à Stalingrad cherche une issue à la guerre. Il dit à Hitler : "J'ai la conviction que la Russie ne
pourra jamais être détruite. Un territoire aussi vaste ne peut être conquis". Il l'entraîne à l'écart et ajoute : "Le chapitre russe peut être clos. Il faudrait faire la paix avec Staline". Que
va faire Hitler ? Négocier serait l'aveu d'un énorme échec, celui de toute la campagne de Russie. Pourtant, des pourparlers s'engagent secrétement par l'entremise du Vatican et de la
Suède.
Mais les évènements ne vont pas laisser le choix à Hitler.
Á Casablanca, au Maroc, le président des États-Unis, Roosevelt, vient assister à sa première grande conférence outre-Atlantique. Avec Churchill, il veut régler d'abord la délicate
question du pouvoir politique dans l'Afrique du Nord libérée. Roosevelt veut barrer la route à De Gaulle qui revendique la légitimité d'incarner la résistance française depuis 1940. Il dit :
"Le général De Gaulle est un soldat, patriote, dévoué à son pays mais c'est un politique et un sectaire et il y a chez lui, je crois, tous les attributs d'un dictateur".
Début de la 3ème vidéo en anglais - 3/5 (voir en haut de la page)
Roosevelt préfère convoquer à Casablanca l'un des grands chefs français le général Giraud, fait prisonnier en 1940, qui vient de s'évader d'Allemagne et qui a rejoint l'Afrique du
Nord. Il a belle allure et il ne se mêle pas de
politique.
Churchill continue de soutenir De Gaulle qu'il fait venir aussi pour le réconcilier avec son rival ce qui n'est pas facile. Roosevelt et Churchill s'entendent sur une future association des deux
concurrents au sauvetage de la France. On voit bien que Roosevelt est plus chaleureux avec Giraud qu'avec De Gaulle.
Mais c'est à la conférence de presse de clôture que Roosevelt et Churchill font une déclaration de la plus haute importance. Ils énoncent avec force ce
qui sera désormais le dogme des alliés :
la réddition sans condition de l'Allemagne, du Japon et de l'Italie.
Il n'y aura plus de négociations. Les alliés se battront jusqu'au bout contre l'axe au prix de tant de morts.
Nombreux sont ceux qui pensent que cette position radicale destinée à rassurer les russes va souder les allemands autour de leur führer.
Staline ne peut qu'applaudir. Sa crainte c'était qu'Hitler n'obtienne une paix séparée des alliés pour concentrer ses forces contre lui. Il lance son offensive pour achever la bête tapie dans les
ruines de Stalingrad
22 janvier 1943
Le capitaine soviétique Joseph Praoutov écrit à sa femme : "Je me sens mieux maintenant. Nous avons pris le dessus sur ces serpents. Nous en capturons un grand nombre. Ils commencent à payer pour
le sang qu'ils ont versé, pour les larmes de notre peuple. Je vais bientôt revenir. Je t'envoie 500 roubles. Joseph".
Les russes atteignent le centre ville. Face au drapeau rouge, le magasin Univermag où se terre le chef de la 6ème armée le général Friedrich Paulus. Ses hommes se rendent. Paulus aussi (31
janvier 1943). La veille, Hitler l'a nommé maréchal en pensant que son honneur l'obligerait à se suicider. Mais Paulus, écoeuré par l'absurdité des ordres d'Hitler, brisé nerveusement, épuisé par
la dysentrie se laisse capturer.
Pour les russes le maréchal Paulus est une prise exceptionnelle. C'est lui qui avait conçu le plan d'invasion de l'Union Soviétique : l'opération Barbarossa. Les soviétiques n'arrivent pas à
y croire et lui demande son livret militaire pour être sûrs de son identité. Paulus va collaborer avec les russes et faire condamner ses anciens chefs comme Keitel au procès de Nuremberg. Il
choisira de vivre en Allemagne de l'est. Il agit surtout par rejet de la folie hitlérienne comme beaucoup de ses hommes.
Au diable Hitler, osent marmonner les prisonniers allemands avec les quelques mots de russe qu'ils connaissent. Nous voulons rentrer chez nous.
On peut imaginer l'émotion de tous les peuples occupés. Après la défaite de Stalingrad, l'espoir renaît.
Bien entendu, les actualités allemandes ne montrent aucune de ces images et Hitler dit : "Il ne faut pas employer le mot capitulation. Il faut
expliquer que nos hommes n'ont pas eu de ravitaillement, c'est pourquoi ils ont été battus. Ils faut employer le mot sacrifice".
Les nazis veulent tirer de ce désastre national le moyen de galvaniser le peuple allemand, et c'est le ministre de la propagande Goebbels qui se charge de cette mobilisation générale de toutes
les énergies et de toutes les ressources.
Dans l'assistance, extasié, Albert Speer. C'est lui qui va donner à Hitler les moyens de la guerre totale. Hitler dit de lui qu'il est son seul ami. Il a fait de cet architecte de 38 ans, qui a
construit ses palais de mégalomane, son ministre de l'armement. Speer donne un nouvel élan à l'industrie de guerre allemande parce qu'il est un remarquable organisateur mais surtout un nazi
implacable.
Il fait rafler 4 millions de civils soviétiques et les fait travailler jusqu'à l'épuisement et la
mort.
Après la Russie et la Pologne, c'est la France occupée qui fournit le plus gros contingent de travailleurs aux nazis. Le régime de Vichy
institue le S.T.O - le Service du Travail Obligatoire - et recrute 600 000 ouvriers pour l'Allemagne. Les réfractaires au S.T.O s'enfuient dans les forêts pour renforcer les maquis. Ces
groupes de résistants dont l'hymne est : "Le chant des partisans" de Maurice Druon (écrivain et homme politique), Joseph Kessel (journaliste et écrivain) et Anna Marly chanté par Germaine Sablon.
Des armées de l'ombre se constituent dans tous les pays occupés.
Ghetto de Varsovie
19 avril 1943
Derrière les murs du ghetto de Varsovie, les allemands font face à la révolte des juifs.
Avant la guerre, le ghetto de Varsovie était un quartier animé.et libre filmé ici en couleur par un touriste américain. Des juifs sortis des romans yiddish de Salem (?) qui écrivait : "Que tous se rappellent de nous en souriant". Ce mêmes êtres humains en 1940. Les nazis ont fait du ghetto une prison
surpeuplée où cette femme hurle sa douleur en portant son enfant mort.
Le ghetto en 1941. Le ghetto en 1942. Le ghetto en 1943.
Début de la 4ème vidéo en anglais - 4/5 (voir en haut de la page)
Les nazis ont organisé la famine pour tuer, affaiblir, et empêcher toute révolte. Mais les juifs ont réussi à se procurer des armes et ils sont morts en combattant. Les survivants sont déportés
et assassinés au camp d'extermination de Tréblinka. Le ghetto est totalement rasé.
7 mai 194
Au même moment, les alliés remportent une nouvelle victoire. Ils entrent dans Tunis.
Derrière ces grilles, les allemands pendant leur courte occupation avaient aussi entrepris de persécuter les juifs de Tunisie. Les alliés leur font
aussitôt enlever leurs étoiles jaunes. Les italiens prisonniers ont droit à un bras d'honneur général.
Rommel, encore en Tunisie, est filmé par un de ses officiers avant d'embarquer dans l'un des derniers avions pour l'Allemagne. Il écrit : "J'ai reçu la consigne de prendre une permission de
convalescence pour me remettre sur pieds. Mes efforts pour sauver mes hommes et les ramener sur le continent ont été inutiles ". Du quartier général du führer l'ordre a été donné de me
rappeler, en secret, seul en Allemagne. Ce qu'ils veulent c'est garder ma réputation militaire en réserve".
Cap Bon (Tunisie)
16 mai 1943
Son armée l'Afrika Korps est entièrement prisonnière et marche maintenant en longue file vers les baleines de la flotte américaine qui vont l'engloutir et l'amener de l'autre côté de
l'Atlantique. Pendant la guerre, 380 000 prisonniers allemands seront transportés au Canada et aux Etats-Unis d'où ils ne pourront pas s'évader. C'est une étrange odyssée que celle de ces
prisonniers. Elle commencent sur les navires de transports où la plupart de ces hommes ont l'impression de vivre un rêve. Pour eux la guerre est finie et ils sont sains et saufs. Mais pour ces
simples soldats allemands le rêve tourne vite au cauchemar car les nazis règnent toujours en maîtres.
En débarquant au Canada, ceux-là font toujours leur salut arrogant même quand ils n'ont plus qu'un bras. Ceux qui vont dans les camps de Virginie ou du Texas remplacent dans les plantations de
coton ou de tabac les ouvriers agricoles noirs mobilisés par l'armée américaine.
Dans les baraquements, la loi nazie fait régner la terreur. Chacun doit prouver qu'il n'a pas été capturé par lâcheté sinon un tribunal clandestin le condamnera. Les exécutions ont lieu la nuit
derrière les barbelés. Et ce message doit être transmis aux soldats allemands qui se battent et souffrent sur tous les fronts. Ils doivent savoir qu'ils n'ont rien à espérer en se livrant aux
alliés.
La Wehrmacht n'est plus la même. Les soldats colportent des histoires sur le führer. Il paraît qu'il a perdu la raison. Il est gardé en secret à
Berchtesgaden. C'est un sosie qu'il envoie. Mais non, c'est bien Hitler à Berchtesgaden filmé par Eva Braun, sa maîtresse. Il a changé depuis les défaites de Stalingrad et d'Alamein. Sa célèbre
moustache a blanchi. L'un de ses généraux von Senger est frappé par son aspect il dit : "Sa peau était flasque, son regard si bleu qui avait magnétisé les foules était rongé par l'insomnie".
C'est que son médecin, l'étrange docteur Morell, lui a fabriqué un collyre à la cocaïne.
Morell, filmé ici le 20 avril 1943, avec les secrétaires et les intimes qui viennent souhaiter un bon anniversaire au führer qui n'a que 54 ans. Morell réussit à le rendre
présentable pour les cérémonies. Mais Hitler fait attention de bien retenir son bras gauche qui a tendance à trembler parce qu'il est déjà atteint de la maladie de Parkinson. Alors le chef de
S.S. Himmler, l'homme de main aux petits yeux cruels, prend un nouvelle importance. L'A.S.S., issue des jeunesses hitlérienne, était au début du nazisme la SchutzStaffle - la section de
protection des chefs -.Elle fournit ensuite les gardiens des camps de concentration.
L'A.S.S s'est dotée maintenant d'une véritable armée : la Waffen-S.S. Des troupes d'élite qui doivent, sous les ordres d'Himmler, supplanter un jour la Wehrmacht qui n'est plus considérée comme
parfaitement fidèle. Himmler recrute de plus en plus dans les pays occupés et fanatiques comme ces S.S. bosniaques que vient inspecter le grand Mufti de Jérusalem. Pour lui, les
juifs sont les ennemis communs de l'Islam et de l'Allemagne nazie. Hitler lui a dit : "L'heure de la libération du peuple arabe a sonné".
Dans la partie de la Russie occupée, les S.S. n'ont pas de mal à recruter aussi deux divisions de cosaques, déjà tristement célèbres du temps du tsarisme pour leurs pogroms anti-sémites sanglant.
Ils vont former le redoutable 15ème S.S Kavalerie Korps. De son côté, la Wehrmacht enrolera un million de prisionniers soviétiques qui n'ont pas d'autre choix que de mourir de faim ou de
combattre aux côté des allemands. Certains sont aussi anti-stalinien, comme l'ex-général soviétique Andreï Vlasov, héros de la bataille de Léningrad, fait prisonnier puis transfuge de l'Armée
Rouge. Il commandera une armée de libération de la Russie sous uniforme allemand.
Cette véritable légion étrangère est équipée en priorité des meilleurs matériels comme le super char Tigre, produit du génial ingénieur Ferdinand Porsche. Avec son canon de 88, le meilleur de la
guerre, un Tigre vaut dix chars alliés.
À la "Tanière du Loup", Hitler reprend espoir. Il a maintenant les moyens de replonger dans son obsession : casser l'Armée Rouge. Il veut attaquer.
À Koursk, les russes se sont imprudemment enfoncés dans le dispositif allemand. L'occasion est rêvée de les encercler et de les détruire. C'est l'opération "Citadelle". Le plus grand affrontement
de blindés. La première bataille industrielle de l'histoire. 2700 chars allemands prêts à affronter 3600 chars soviétiques. Mais la supériorité technique du Tigre est écrasante. Hitler est sûr de
son coup. Il a placé à la tête de 600 000 soldats celui qui lui avait permis de gagner la bataille de France : le maréchal von Manstein.
L'offensive des Tigres parvient à percer les lignes soviétiques mais se heurtent à une violente défense anti-chars russe et à d'énormes concentrations de blindés. Les soldats de la Wehrmacht sont
repoussés. Ils ont l'impression que l'ennemi sait exactement où ils vont attaquer et chaque fois les chars russes T34 sont là en embuscade.
Début de la 5ème vidéo en anglais - 5/5 (voir en haut de la page)
Parce que la machine allemande à crypter les messages appelée "Enigma" a été capturée et décodée par les britanniques. Ils peuvent désormais lire en clair tous les ordres les plus
secrets.
Churchill interdit de communiquer ces informations aux russes pour ne pas éveiller les soupçons des allemands. Mais les puissants services secrets soviétiques, en Grande-Bretagne, ont réussi à
transmettre les décodages des plans d'opération à Moscou. Cette guerre est aussi celle de l'espionnage.
À Koursk, le résultat est terrible pour les allemands qui ont déjà perdu 50 000 hommes dans cette bataille. Manstein veut des renforts pour continuer son offensive. Il attend Hitler. Il lui dit
aussitôt : "Nous avons eu des pertes mais les russes bien plus que nous". Hitler se montre très hésitant. Il bafouille des lieux communs (banalités).
Manstein écrira : "Il me fait l'effet d'être faible". Cette impression se confirme quand Manstein montre à Hitler le tableau des pertes de Koursk. La guerre a déjà coûté à l'Allemagne 2 millions
de soldats tués, blessés ou disparus. Et ce ne sont pas les Waffen S.S qui vont combler les vides.
On est loin des victoires de la Blitzkrieg -la guerre éclair- de la bataille de France. Koursk est le vrai tournant de la guerre parce qu'Hitler passe sur la défensive.
Paranoïaque, il a exigé la présence de sténographes qui notent pour l'histoire tout ce qui se dit dans ce moment crucial. Pour Manstein, rien n'est encore perdu. Mais pas pour
Hitler. Manstein le supplie de reprendre l'offensive. Hitler refuse. La bataille de Koursk est terminée. Pour lui, l'urgence, c'est d'envoyer les renforts en Sicile où les alliés viennent de
débarquer.
L'étau se resserre. Les évènements se précipitent.
11 septembre 1943
Hitler ne peut que retarder l'avance des alliés. Mais il ne peut empêcher la chute de Mussolini qui entraîne la
capitulation et le changement de camp de l'Italie.
Le nouveau gouvernement italien emprisonne Mussolini dans la montagne. Hitler envoie un commando de parachutistes pour le délivrer. Hitler veut
rétablir l'autorité de Mussolini. Il le renvoie en Italie recréer un état fasciste avec l'aide de l'armée allemande.
Hitler envahit l'Italie et n'hésite pas à faire tirer sur ses anciens alliés qui tentent de résister.
Il occupe Rome où les juifs sont aussitôt pourchassés. Pour Hitler, il faut avant tout empêcher d'autres débarquements alliés en Italie et surtout en
France. C'est la forteresse Europe dont le symbole est l'incroyable "mur de l'atlantique". Une succession de fortifications de la Norvège à la frontière espagnole.
Rommel est chargé de la défense de cette forteresse Europe. Il dit : "Nous devons absolument repousser les anglais et les américains sur les plages,
après, il sera trop tard". Le premier jour du débarquement sera décisif. Ce sera "le jour le plus long".
Pour Rommel et les nazis le "crépuscule des dieux" commence.
Et pourtant, ces images des actualités allemandes de Rommel invité à un goûter chez la femme du ministre de la propagande, Magda Goebbels, incarnent
bien l'état d'esprit des nazis à ce moment de la guerre. L'idéologie nazie donne la foi en la victoire et l'emporte sur le doute. Magda Goebbels adore Hitler comme un dieu alors qu'il enfonce
l'Allemagne dans le crime et la mort. Magda Goebbels a donné à ses six enfants des prénoms qui commencent par "h" comme Hitler - Helga - Hildegarde - Helmut - Holdine - Hedwig - Heidrun
-
Elle les assassinera tous, les uns après les autres, au dernier jour du Reich.