Combien de temps (1987)
Stephan Eicher est Suisse.
Des hauts et des bas
(1993)
La pluie venait du nord.
Le vent passait sous ma porte.
Je comptais vivre fort.
Et que le diable m’emporte.
J’allais à la fenêtre
enroulé dans un drap.
Je secouais la tête.
J’en écartais les bras.
J’avais des hauts, j’avais des bas.
J’avais plus ou moins chaud
et toute la vie devant moi.
J’avais des hauts, j’avais des bas
Je crois qu'j'en voulais trop.
J’ai même eu ce que je ne voulais pas.
Je restais enfermé.
Ou errais pendant des jours.
Trop de chemins s’ouvraient.
Trop de questions en retour
Je n’avais pas tué mon père.
Mais je ne me souvenais pas
ce qu’il me disait de faire
ou ce qu’il ne disait pas.
J’avais des hauts, j’avais des bas
J’avais plus ou moins chaud
et toute la vie devant moi.
J’avais des hauts, j’avais des bas
Je crois qu'j'en voulais trop.
J’ai même eu ce que je ne voulais pas.
Chaque jour je me tenais prêt.
Je guettais l’heure et la place
où les eaux s’ouvriraient,
me laisseraient un passage.
L’espoir me faisait vivre.
L’attente me rendait nerveux.
Je trouvais dans les livres
de quoi patienter un peu.
J’avais plus ou moins chaud
et toute la vie devant moi.
J’avais des hauts, j’avais des bas
Je crois qu'j'en voulais trop.
J’ai même eu ce que je ne voulais pas.
Déjeuner en paix
(1991)
J’abandonne sur une chaise le journal du matin.
Les Nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent.
J’attends qu’elle se réveille et qu’elle se lève enfin.
Je souffle sur les braises pour qu’elles prennent.
Cette fois, je ne lui annoncerai pas la dernière hécatombe.
Je garderai pour moi ce que m’inspire le monde.
Elle m’a dit qu’elle voulait, si je le permettais,
déjeuner en paix
Je vais à la Fenêtre et le ciel ce matin
n’est ni rose ni honnête pour la peine
Est-ce que tout va si mal, est-ce que rien ne va bien ?
"l’homme est un animal" me dit-elle.
Elle prend son café en riant et me regarde à peine.
Plus rien ne la surprend sur la nature humaine.
C'est pourquoi elle voudrait, enfin si je le permets,
déjeuner en paix.
Je regarde sur la chaise le journal du matin.
Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent.
"Crois-tu qu’il va neiger" me demande-t’elle soudain.
"Me feras-tu un bébé pour Noël ?"
Elle prend son café en riant et me regarde à peine.
Plus rien ne la surprend sur la nature humaine.
C'est pourquoi elle voudrait, enfin si je le permets,
déjeuner en paix.
Pas d'ami comme toi
(1991)
Quand tu traverses la pièce
En silence
Que tu passes devant moi
Je regarde tes jambes
La lumière tombant
Sur tes cheveux
Quand tu t’approches de moi
Ton parfum
Me fait baisser les yeux
Et si tu touches mes mains
Je m'arrange
Pour ne pas y penser
Je n’ai pas d’ami
Comme toi
Oh No No No
Pas d’autre ami
Comme toi
Je comprends mieux le monde
En t’observant
Je crois que j’y vois plus clair
Je n’ai pas trouve la clé
Du mystère
Mais je m’en suis approché
Je n’ai pas d’ami
Comme toi
Oh No No No
Pas d’autre ami
Comme toi
Ne te lasse pas de moi
J’ai encore
Beaucoup a découvrir
Mais danse autour de moi
J’abandonne
Si tu danse autour de moi
Combien de temps
(1987)
L’ombre de mes cils
Un seul regard
L’ombre de mes cils
Comme un rempart
Les plaisirs faciles
Les amours d’un soir
Meurent d’un oubli subtil
Dans le noeud de foulard
Combien de temps, Combien de temps
Si on restait face à face
Sans un mot, sans une gomme
Qui efface
Combien de temps, Combien de temps
Et je bois, je bois
Et je suis saoul de toi
L’ombre de me cris
Flèches invisibles
L'ombre de mes cris
Comme une cible
Les mots inutiles
Les sourires illusoires
A vos questions
Je reponds au hasard
Combien de temps, Combien de temps
Si on restait face à face
Sans un mot, sans une gomme
Qui efface
Combien de temps, Combien de temps
Et je bois, je bois
Et je suis saoul de toi
Ces jours là j’ai de la peine
A vivre loin de toi
J’ai de la folie plein les veines
Je bois, je bois et je suis saoul de toi
Combien de temps...