my french méli-mélo blog



Pour connaître les réalisateurs de ces films et avoir d'autres renseignements je vous renvoie au
site intéressant de France 2

. 1er épisode         :  L'AGRESSION        (1933 - 1939)   -  THE AGRESSION
. 2ème épisode     :  L'ÉCRASEMENT    (1939 - 1940)   -  THE CRUSHING DEFEAT
3ème épisode     :  LE CHOC                  (1940 - 1941)   -  THE SHOCK
. 4ème épisode     :  L'EMBRASEMENT (1941 - 1942)   -  THE WORLD ABLAZE
. 5ème épisode     :  L'ÉTAU                      (1942 - 1943)   -  THE NOOSE
6ème épisode     :  L'ENFER                    (1944 - 1945)   -  INFERNO


Pour visionner cet épisode mais en anglais

- Inferno   -  part 1

- Inferno   -  part 2

- Inferno   -  part 3

- Inferno   -  part 4

- Inferno   -  part 5


L'ENFER
(1944 - 1945)

  
Début de la 1ère vidéo en anglais - 1/5 (voir en haut de la page)

1944

Les alliés ont débarqué en Italie occupée par les allemands.

Les armées américaines, anglaises, canadiennes et françaises sont bloquées dans leur avance vers le nord où sévit encore Mussolini par une solide défense allemande, la ligne Gustav, à la hauteur du mont Cassin. A son sommet trône le monastère de Saint-Benoît. Les alliés soupçonnent d'avoir fait un poste d'observation de ce trésor historique millénaire.

224 bombardiers alliés vont larguer 420 tonnes de bombes sur le monastère. La seconde guerre mondiale ne respecte rien et déchaîne partout l'enfer.

Les britanniques attaquent aussitôt. Mais les parachutistes allemands les repoussent. Ces troupes de choc allemandes sont désormais solidement retranchées dans les ruines du monastère. Le bombardement n'a servi à rien. Images du réalisateur américain John Huston, envoyé sur ce front d'Italie qui dira plus tard : "Ce fut un massacre par un froid glacial". Pourtant Churchill avait dit : "L'Italie c'est le ventre mou de l'Europe". En attaquant ainsi par le sud en Italie, Churchill espérait prendre Berlin avant les russes. 

Et de son côté, l'Armée Rouge avance irrésistiblement. Kiev est libéré. La Wehrmacht abandonne l'Ukraine dont Hitler ordonne la destruction systématique.  

En Italie, les mois passent et la Wehrmacht  tient toujours la ligne Gustav et le mont Cassin. Le général français Juin propose alors de franchir le fleuve Garigliano pour surprendre les allemands qui ne défendent pas ses pentes jugées trop raides. Mais les rudes soldats d'Afrique du nord parviennent à gravir la montagne et donne à l'armée française sa première victoire de la guerre qui ouvre la route de Rome aux alliés.

Rome - 5 juin 1944

La Wehrmacht en retraite continue à tout détruire derrière elle. Avec les derniers fascistes de Mussolini, les allemands vont tenir le nord de l'Italie et son industrie. Ils font face aux attaques des partisans italiens et répondent par la terreur.

Angleterre - 5 juin 1944

Au même moment, dans le sud de l'Angleterre, la machine de guerre alliée pour le débarquement en Normandie se met en marche. Dès le soir du 5 Juin, les parachutistes embarquent avec leur coupe de cheveux et leurs peintures de guerre à l'indienne qui donnent le courage. Le commandant en chef des armées alliées le général Eisenhower vient leur dire : "Vous partez pour la croisade". Eisenhower a des millions d'hommes sous ses ordres et pourtant il est proche d'eux. Tous l'appellent affectueusement Ike. Le président Roosevelt l'a choisi parce que c'est un bon organisateur et surtout un diplomate. Ce qui est utile dans une coalition.

L'objectif est de débarquer sur cinq plages normandes étalées sur 100 km entre la Seine et le Cotentin. Là où les défenses allemandes du "mur de l'Atlantique" sont les moins denses. De très violents bombardements tactiques alliés frappent non seulement la Normandie mais toute la France au nord de la Loire et la Belgique, pour que les allemands ne localisent pas la zone du débarquement. Tout ce qui pourrait permettre l'acheminement de renforts allemands est matraqué. Les voies ferrées, les gares de triage, les routes, les ponts.

A minuit le 5 juin,

les planeurs chargés de paras (parachutistes) britanniques et les Dakota américains se glissent vers l'intérieur des terres normandes. Les paras sont les premiers à poser le pied sur la France occupée. Leur mission : sécuriser les extrémités de la zone de débarquement.

La flotte alliée approche. C'est la plus grande armada de tous les temps. 6 000 navires. Elle n'est pourtant pas repérée par les allemands que la tempête empêche d'effectuer des raids de reconnaissance. Les bombardements et les tirs des cuirassés qui pilonnent la côte ont complètement manqué leur cible sur la plage qui porte le nom de code : Omaha Beach. Les bunkers allemands sont intacts.

Le caporal Franz Kockel (?) est stupéfié par le spectacle des milliers de bateaux. Il crie : "Invasion". L'alerte est donnée mais la chaîne de commandement jusqu'à Hitler est sceptique persuadée que la véritable invasion doit se produire plus au nord dans un port du Pas-de-Calais.


6 JUIN 1944  
(un article sur  "my french français rag" sur le 6 juin 1944 - le D.Day ici !)
Le débarquement en Normandie

Omaha Beach

6h30 - La première vague d'assaut américaine va se heurter aux défenses allemandes d'Omaha Beach. Avec eux, un grand écrivain américain Ernest Hemingway correspondant de guerre. Il écrit : "Dans la pâleur grise de l'aube, nous avançons vers la terre. L'embarcation de fer ressemble à un cercueil. Des paquets d'eau verte retombent sur les têtes casquées des hommes serrés épaule contre épaule dans l'inconfortable, l'insupportable, la dure solitude des soldats allant au combat.

Un autre reporter de guerre, le photographe Robert Cappa, est pris dans cet enfer. Il dit : "C'est la plage la plus laide du monde. Nous sommes épuisés par l'eau et par la peur. Plus de mille soldats américains y perdent la vie. La marée monte, les soldats sont pris au piège entre la mer et les tirs des blockhaus allemands. Eisenhower avait préparé un communiqué en cas d'échec. Il avait écrit de sa main : "J'avais choisi d'attaquer à cet endroit, je suis le seul qu'il faut blâmer".

Mais un petit groupe héroïque réussit à grimper sous le feu ennemi et neutralise les canons allemands avec l'aide des chasseurs bombardiers de la Royal Air Force.  

Juno
Bernières-sur-Mer

Pendant ce temps, les canadiens ont débarqué sur la plage et le matelot Alfret Turnball (?) 19 ans, pilote de péniche dit : "Par quel miracle sommes-nous encore en vie ? Nous avons passé trois barrages de mines et la péniche à notre droite vient de sauter. Nos soldats débarquent. Curieusement, il  n'y a pas un tir. Même les villas sur la digue paraissent intactes. C'est irréel. Peu de résistance en effet.

Gold
Arromanches

Quelques tirs qui n'impressionnent pas les troupes anglaises de la plage à côté. Les quelques défenseurs allemands rescapés des bombardements finissent par se rendre.


Sword
Ouistreham

Les commandos français débarquent à leur tour sur la cinquième plage. La plupart était passée clandestinement de Bretagne en Angleterre. Ce retour en France est un moment particulièrement émouvant. L'un d'entre eux, Gwenaël Bolloré, 18 ans, raconte : "Les premiers chars sont arrivés, j'ai couru derrière et tout d'un coup il y a des civils qui sont sortis et qui nous ont fait des signes. Ils nous prenaient pour des anglais puisque nous avions l'uniforme anglais. On a eu juste le temps de leur dire quelque chose en français. Ca les a sidérés et puis on est passés. 

Les commandos sont durement éprouvés dans les combats pour s'emparer du casino de Rivabella transformé en poste de commandement par l'ennemi, des parachutistes allemands, des durs de durs, surnommés les diables verts qui prennent souvent l'avantage sur les alliés.

Mais le maréchal Rommel qui commande les forces allemandes de Normandie est pessimiste. Hitler lui a donné l'ordre de rejeter les alliés à la mer comme à Dunkerque 4 ans plus tôt. Hitler lui a dit : "Le destin du Reich dépend de l'issue de cette bataille". Rommel répond maintenant à Hitler : "Le combat acharné de nos troupes ralentit la progression ennemie mais sa maîtrise de l'air est telle que nos mouvements sont impossibles dans la journée".

Le supériorité aérienne des alliés est écrasante. Rommel, lui-même, sera mitraillé dans sa voiture, grièvement blessé et évacué en Allemagne.

L'objectif des alliés : débarquer 326 000 hommes
Ils déversent chaque jour 30 000 soldats
et 40 000 tonnes de matériel

Pour tenir ce rythme, il faut un port. Les alliés n'ont pas voulu s'attaquer aux grands ports trop défendus et ils ont débarqué sur les plages de Normandie. Ils ont donc emmené avec eux leur port. Un gigantesque mécano de 200 caissons de béton, grand chacun comme un immeuble de 5 étages et pesant 6 000 tonnes. Assemblés pour former des digues et des jetées qui permettent de décharger les cargos appelés "Liberty ships" - les bateaus de la liberté- Les chantiers américains en produisent maintenant un par jour.

En moins de trois ans, l'industrie de guerre a fait de l'Amérique une super puissance.

Les Etats-Unis ont mobilisés 11 millions d'hommes. Ses armées sont en France, en Italie, en Afrique du nord, en Asie.

La force de l'Amérique est telle, que quelques jours seulement après le débarquement en Europe, les Etats-Unis sont capables de rassembler à l'autre bout du monde, dans le Pacifique, une deuxième flotte aussi importante que celle de Normandie pour attaquer les îles Mariannes, bastion japonais.  

Début de la 2ème vidéo en anglais - 2/5 (voir en haut de la page)

Après la prise de l'île de Tarawa, l'année précédente, l'île de Saïpan doit devenir la base de départ des bombardiers pour le Japon.

135 000 marines se préparent pour le combat. 15 porte-avions et 800 avions vont détruire l'aviation japonaise dans une bataille aérienne qui sera appelée "le tir aux pigeons des Mariannes". C'est aussi l'agonie de la marine impériale suivie du matraquage des défenses de Saïpan. Mais quand les marines débarquent sur cette île, de 9 kilomètres de large, commence l'une des batailles les plus sanglantes de la guerre.

20 000 américains et 30 000 japonais sont tués ou blessés. Le commandant japonais de l'île, le général Saïto, avait dit à ses soldats : "Il n'y a plus qu'une seule issue, la mort. Nous allons montrer au diable américain ce qu'est notre courage". Le régime militaire japonais, en exaltant le code d'honneur du bushido, sacrifie son peuple. 

300 civils japonais se suicident. Les civils, les femmes, les enfants paient toujours le prix fort sur tous les fronts.  

20 000 normands trouvent la mort dans les bombardements alliés destinés à briser les défenses allemandes.

La Normandie est dévastée mais cela fait quatre ans qu'elle attendait sa libération. Une libération qui est loin d'être terminée. Les américains progressent difficilement dans le bocage normand, dédale de haies et de chemins creux propices aux embuscades allemandes.  

Les britanniques, eux, sont bloqués dans la plaine de Caen. Le lance corporal Edward Argraves (?) écrit à sa femme : "Plus je vois les français plus je les apprécie. Ils continuent à cultiver la terre et ne se plaignent pas".

Les renforts allemands qui remontent du sud de la France sont ralentis par la résistance française. Les F.F.I, les Forces Françaises de l'Intérieur, et les F.T.P, les francs-tireurs et partisans - les communistes. En représaille, les S.S. pendent, fusillent, massacrent les maquisards et les civils. Comme à Tulle, Marsoulas, Saint-Lys et surtout Oradour-sur-Glane, près de Limoges.

Oradour-sur-Glane

Ils abattent tous les hommes du village, enferment les femmes et les enfants dans l'église et y mettent le feu.

Le Chef de la résistance c'est le général De Gaulle qui revient en France après quatre ans d'exil. De Gaulle se rend à Bayeux, la première ville française libérée, pour imposer l'autorité de son gouvernement provisoire contesté par Roosevelt qui préférait attendre des élections. Mais De Gaulle est accueilli triomphalement par la population et il déclare : "La seule France légitime est celle qui, avec moi, a refusé la défaite. Roosevelt finit par accepter le gouvernement De Gaulle.

Un mois et demi après le Jour J (D-Day) les combats sont toujours acharnés. Les alliés progressent mais Eisenhower est inquiet. Il écrit : "Pour un mètre gagné nous avons perdu un homme. Cette putain de guerre peut bien durer dix ans !".

Hitler veut absolument contenir les alliés en Normandie pour protéger les rampes de lancement des ses armes de terreur, les V1, qu'il lance sur Londres depuis le nord de la France.

Le V1 est le premier missile de croisière de l'histoire.

Une bombe volante à réaction d'une tonne d'explosifs. Un petit engin rapide sans pilote difficile à intercepter et à abattre.  





Son bruit de moto caractéristique alerte les londoniens. Quand le V1 arrive sur la grande ville, son carburant est épuisé, son moteur d'arrête. On ne sait jamais où il va tomber.

Près de 10 000 de ces engins vont faire 25 000 victimes.

Mais là encore, les anglais sont admirables de courage et de flegme.

Les V1 passent souvent au-dessus de Rose et de son petit frère John dans leur banlieue de Londres, et parfois ne tombent pas loin. La maman de Rose a eu ainsi une famille d'amis et une voisine tués par les V1.

Toutes les précautions sont prises. Les lits sont protégés dans la cave. Faute de pouvoir casser le moral des anglais, le V1 est destiné à remonter celui des allemands. Depuis deux ans, ils vivent dans les abris.

Les bombardiers américains le jour et anglais la nuit écrasent les villes allemandes sous un tapis de bombes.

2 millions de tonnes de bombes  - 400 000 morts - 800 000 blessés - 7 millions de sans-abris - tel est le résultat du bombardement stratégique allié fondé sur ce principe : détruire le potentiel industriel et humain au service de l'effort de guerre allemand.

Au quartier général d'Hitler, "La Tanière du Loup", sous les sourires obligatoires, un profond désarroi accable beaucoup d'officiers, surtout ceux issus de la vieille aristocratie militaire prussienne. Depuis un an, beaucoup se sont joints à un complot pour se débarasser d'Hitler. L'un d'entre eux, le colonel Klaus von Stauffenberg dépose une bombe sous le bureau d'Hitler pendant une conférence à la "Tanière du Loup". Cette table massive sauve Hitler en déviant le souffle de l'explosion qui tue deux généraux et blessent une vingtaine de personnes.

Hitler qui a échappé à 5 attentats est de nouveau convaincu qu'il est protégé par la providence. Et le soir même, il accueille Mussolini qui dirige toujours son régime fasciste dans le nord de l'Italie mais qui est à la recherche d'une solution de compromis pour arrêter la guerre. Hitler le réconforte en lui parlant de ses armes secrètes et de l'attentat raté. Il lui dit : "C'est un signe du destin qui fait entrevoir une victoire prochaine de notre cause". Hitler n'a qu'une légère contusion au bras mais le choc est profond et aggrave son état mental, sa cruauté, sa paranoïa.

Il se déchaîne. Il fait juger les principaux comploteurs, assassiner 5 000 suspects et déporter leurs familles.  

Il n'hésite pas à faire exécuter des maréchaux. Rommel est poussé au suicide parce qu'il avait accepté de remplacer Hitler à la tête de l'armée. Hitler qui lui fait d'hypocrites obsèques nationales. Les S.S. prennent véritablement le pouvoir. Plus rien ne peut sauver l'Allemagne.

Les russes poursuivent leur avance à l'est. Ce qu'ils appellent maintenant "la grande guerre patriotique" prend un tour nouveau.

L'Armée Rouge frappe soudain avec une puissance qui stupéfie tous les camps. Quelle réserve inépuisable d'hommes après les coûteux affrontements de Moscou ou de Stalingrad !

Cette offensive de Biélo-russie de l'été 1944 est la plus grande bataille de la 2ème guerre mondiale. Sur un front de 1000 kilomètres de large, les russes avancent de 600 kilomètres en deux mois détruisant 3 armées allemandes.

La Wehrmacht reflue vers la Prusse orientale en laissant 200 000 morts et 200 000 prisonniers dont la moitié va défiler dans Moscou.


Moscou
27 Juillet 1944


Ces prisonniers allemands, dont une centaine de généraux, sont d'abord rassemblés à leur descente des trains par les russes qui, après les avoir affamés, leur donnent une soupe aux choux bien grasse aux propriétés puissamment laxative.

Parmi eux, beaucoup de "malgré nous". Des alsaciens, lorrains enrôlés de force comme Armand 20 ans qui raconte : "Nous étions torturés par la diarrhée. Nous nous vidions dans de violentes coliques au milieu des cris et des coups de la foule. Et derrière, les camions-pompes de la ville passaient leur jet d'eau pour nettoyer la merde qui jonchait les rues".


Normandie
6 Août 1944


A l'ouest, les alliés prennent le dessus. La situation s'aggrave pour la Wehrmacht. 50 000 soldats allemands sont faits prisonniers dans la poche de Falaise. Les allemands l'appellent "Stalingrad en Normandie", la victoire des canadiens et des polonais.

L'étau allié se resserre avec un nouveau débarquement en Provence.

Saint-Tropez
15 Août 1944


L'armée française reconstituée prend une grande part dans ce débarquement. Parmi ces soldats, le sénégalais Mademba (?) dit : "C'est nous les coloniaux qui avons fait la guerre. On nous avait appris à donner l'assaut en criant  - en avant pour la France ! -.

Ils sont 250 000 africains, marocains, algériens, tunisiens, "pieds-noirs" et jeunes français évadés de France occupée. En deux semaines, ils  libèrent tout le littoral jusqu'à Marseille.

La résistance sort au grand jour et participe à cette libération comme elle va le faire pour Paris.

Paris
19 Août 1944

Paris se soulève et se couvre de barricades. Une grande partie de l'armée allemande s'est retirée vers l'est mais restent quand même 20 000 hommes sous le commandement du général Von Choltitz qui a reçu l'ordre d'Hitler de détruire la ville.

De violents combats s'engagent. Au quatrième jour de l'insurrection, une unité française la 2ème DB - la 2ème division blindée du général Leclerc arrive de Normandie pour achever la libération de la capitale. 

Les allemands capitulent et le général von Choltitz est améné au poste de commandement de Leclerc gare Montparnasse. Choltitz venait de recevoir un appel d'Hitler en personne qui posait la question restée célèbre : Brennt Paris ? Paris brûle-t-il ? 

Choltitz a préféré la réddition. Officier de parachutiste discipliné, il désobéit pour la première fois. Il ne figurera pas sur la liste des criminels de guerre. 

Début de la 3ème vidéos en anglais - 3/5 (voir en haut de la page)

Alors arrive De Gaulle qui connaît les mots pour l'histoire : "Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré". 
 
Et pendant que cette libération de la France et de la Belgique progresse, que l'armée rouge attend devant Varsovie, de l'autre côté de la planète, le général américain MacArthur revient aux Philippines.  

Philippines
20 Octobre 1944


Quand il s'était échappé du piège japonais trois ans plus tôt MacArthur avait dit : "Je reviendrai". Un retour bien mis en scène par son service de presse avec sa pipe de maïs légendaire, celle de Popeye, et il déclare : "Peuple des Philippines, je suis revenu, l'heure de votre rédemption a sonné.
Mais il faudra quatre mois pour achever la libération des Philippines. La capitale Manille sera la ville la plus détruite après Varsovie.

Ce qui explique la brutalité, la cruauté de ces combats, c'est la découverte par les soldats américains des massacres d'otages et des camps avec les survivants des prisonniers américains de 1941.

Toute la guerre du Pacifique prend cet aspect de férocité avec toujours le même enchevêtrement des marines cloués sur les plages de ces îles infernales. Le même acharnement suicidaire des japonais. Pour eux, se rendre est le pire des déshonneur. S'ils sont quand même capturés, ils se suicident avec une grenade. Comme ce pilote japonais abattu au-dessus de la mer des Philippines que des marins américains essaient d'attraper. Le "jap'", comme ils disent, dégoupille une grenade avec les dents. Il est achevé.  

Alors les américains ne prennent plus de risques. Dès qu'ils voient ce qu'ils appellent "les serpents venimeux", ils les tuent. La haine des "jaunes" contre la haine des "blancs".

Avec l'impérialisme,  le fondement de la deuxième guerre mondiale c'est le racisme.

1945

Le racisme qui donne Auswichtz - l'usine à tuer - libérée par l'offensive russe de janvier 45.

La haine des juifs, leur extermination était pour Hitler, comme il l'a écrit dans "Mein kampf", sa mission. Il a fait assassiner

1 million de juifs dans les chambres à gaz d'Auswichtz.
6 millions sont morts de faim, sous les coups, tués par balles et brûlés dans les crématoires à Maidaneck, à Sobibor, à Tréblinka.

Les russes découvrent quelques centaines de survivants tatoués à vie. Les russes interceptent aussi les trains de déportés.

Les nazis continuent à donner la priorité à ces trains de la mort, même sur les convois de munitions. Ils roulent encore vers la centaine de camps de concentration toujours en activité en ce début de 1945.

20 millions de résistants, d'opposants, de chrétiens, d'homosexuels, de tziganes ont été déportés dans ces camps et 5 millions ont déjà trouvé la mort eux aussi de faim, de coups, d'épuisement.

Dora Nordhausen
Comme les esclaves du tunnel de Dora. L'usine souterraine où les nazis assemblent une autre arme secrète le V2. La première fusée balistique qui porte une tonne d'explosifs à 300 kilomètres. Depuis les côtes allemandes, 1500 sont tirées sur Londres et 2000 sur la Belgique en accroissant les ruines et les victimes civiles.

Los Alamos - Nouveau Mexique
USA

Et l'angoisse des alliés c'est qu'elle puisse un jour transporter une charge atomique.

Le grand Einstein, lui-même, avait alerté Roosevelt sur l'urgence de devancer le danger allemand.

Un énorme budget a permis à toute une équipe de savants de travailler dans le plus grand secret à la première bombe atomique.

Une bombe à l'uranium, métal qui permet l'explosion de l'atome. Ils en attendent une puissance égale à 20 000 tonnes de bombes de l'époque avec des retombées radioactives mortelles. L'objectif désigné alors : Berlin.

Mais cette première bombe atomique ne sera pas prête pour l'Allemagne.

En Allemagne, y-t-il encore des usines intactes pour produire une telle arme ? Même le carburant de synthèse commence à manquer. Le "carpet bombing" - le tapis de bombes - 24 heures sur 24 continue à dévaster les villes allemandes.

Les bombardiers alliés vont détruire Dresde, important noeud de communication pour les troupes allemandes vers le front de l'est et cinquième ville industrielle du Reich, jusqu'ici épargnée. Elle était la Florence du nord. L'un des trésors historiques de l'Europe. Les bombes au phosphore provoque un typhon de feu qui carbonise 40 000 personnes. La ville brûle pendant 7 jours.

Churchill avait dit : "Nous ferons avaler aux allemands une dose plus amère des malheurs qu'ils ont répandu sur l'humanité" 

Leurs villes meurent mais Goebbels et les nazis veulent maintenant faire mourir tous les allemands. Mobilisés de 16 à 60 ans dans la Volksturm - la force du peuple -. Ils leur crie : "Tout vaut mieux que la réddition sans condition que les judéo-communistes veulent imposer à l'Allemagne. Jurez de mourir pour Adolph Hitler".

Hitler dit : "Il ne faut aucun fléchissement de l'Allemagne. Ces généraux survivant de la grande purge après l'attentat du 21 juillet n'osent plus contredire le führer. Ils ont obéi à l'ordre qui paraissait absurde d'attaquer à l'ouest dans les Ardennes pendant l'hiver. Ils auraient préféré tout consacrer à la lutte contre les russes. Hitler leur a expliqué : "Il faut anéantir l'armée anglaise, alors les américains signeront une paix séparée avec moi parce que les capitalistes ont peur de l'avance des maxistes". 

Hitler voulait reprendre le port d'Anvers pour empêcher les alliés de déverser leur matériel qui leur permettra de s'enfoncer au coeur de l'Allemagne.  

Bastogne
Belgique

Mais l'offensive allemande des Ardennes a échoué grâce à l'incroyable résistance des paras américains à Bastogne, à l'intervention des blindés du général Patton, à la toute puissance de l'aviation alliée.

De leur côté, les russes ont franchi la frontière allemande. Germania - l'Allemagne maudite. Devant les soviétiques, des millions d'allemands fuient
éperduement, surtout les allemandes qui redoutent les viols innombrables.

Le calcul d'Hitler s'est révélé complètement illusoire. Pas de dissension apparente entre les alliés occidentaux et les russes. D'ailleurs pour Churchill le problème de l'Allemagne est déjà réglé. Il pense au tracé des zones d'occupation. Il vient retrouver Roosevelt en Crimée pour une conférence très importante avec Staline.

Roosevelt inquiet des pertes grandissantes dans le Pacifique a voulu rencontrer Staline pour lui demander d'entrer en guerre rapidement contre le Japon.





 
YALTA (RUSSIE)
4 février 1945

Staline a exigé que Roosevelt fasse le très long voyage jusqu'en Crimée, ce qui aggrave beaucoup l'état de santé du président américain qui offre un visage émacié et qui a peine à tenir son bras.

Début de la 4ème vidéo en anglais - 4/5 (voir en haut de la page)

Roosevelt qui fume cigarette sur cigarette s'affaiblit. Il va mourir quelques semaines plus tard. Il ne pense qu'au Japon et il n'a pas non plus la force de s'opposer à Staline qui libère mais aussi occupe les Pays Baltes, la Roumanie, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Silésie et la Prusse. Pas question de le déloger.

Seul Churchill tente de négocier. Il obtient péniblement une promesse jamais tenue d'élections libres en Pologne et un abandon par Staline de la Grèce. Ce qui se traduira par une guerre civile. Les partisans grecs communistes se soulèveront. Staline les laissera se faire massacrer.

La grande affaire c'est la fondation de l'O. N. U - l'Organisation des Nations Unies - qui se réunira bientôt à San Francisco.

L'O.N.U qui doit régler pacifiquement tous les conflits et protéger les droits de l'homme.

Cette photo marque le véritable début de la "guerre froide".

Dans le Pacifique, la guerre continue. Les marines plantent leur drapeau sur le mont Suribashi, le volcan qui domine l'île d'Iwo Jima.

Iwo Jima
23 février 1945

La bataille a coûté la vie à 7 000 américains et 20 000 japonais. Le lieutenant John Ritch (?) raconte : "On s'est tous dit - si c'est comme ça ici, qu'est-ce que ça va être quand on va débarquer au Japon ? Pour nous les marines, il était clair que nous allions tous y mourir".

En décollant d'Iwo Jima et des autres îles du Pacifique, les bombardiers Boeing B29 super forteresses, peuvent maintenant atteindre le Japon.

Mieux que le phosphore de Dresde, la science humaine vient d'inventer le napalm, une essence gélifiée incendiaire.
1700 tonnes larguées sur les petites maisons en bois et papier.

Tokyo
9 mars 1945

Pauvres japonais, victimes de leurs militaires fous qui les ont jetés dans cet enfer et qui veulent continuer la guerre malgré les 80 000 morts et les 5 millions de sans-abris de ce raid sur Tokyo.  

Berchtesgaden
1938

7 ans plus tôt, dans son chalet des Alpes de Bavière, Hitler était avec sa chienne Blondie qu'il affectionnait plus que les humains. Il prophétisait : "La prochaine guerre ne se terminera pas comme celle de 14-18. Pas de 11 novembre. Il ne peut y avoir que la victoire ou l'anéantissement". Ce vertige du néant l'avait empêché d'épouser sa maîtresse Eva Braun. Il disait : "Je suis déjà marié à l'Allemagne".

1945

Son Allemagne est entrée en agonie.

Les soviétiques encerclent Berlin mais Hitler ne s'avoue pas vaincu. Il dit : "Ce sera un Stalingrad à l'envers".

Berlin
17 avril 1945

Les lance-fusées russes écrasent ses derniers soldats qui se rendent les uns après les autres.

Pendant 2 semaines c'est l'enfer jours et nuits.

Seuls résistent jusqu'au bout quelques fanatiques comme les 400 S.S. français de la division Charlemagne, quelques désespérés et les petits sacrifiés des jeunesses hitlériennes. Ils font face à 100 000 russes.

Sous les ruines de la Chancellerie, dans son bunker souterrain, Hitler tempête et manoeuvre des armées imaginaires. Ses derniers fidèles profitent d'une accalmie pour remonter à la surface et fêter son anniversaire le 20 avril.

Jardin de la Chancellerie
20 avril 1945

Hitler a 56 ans. Il réconforte des jeunesses hitlériennes, choisis parce que leurs parents viennent de mourir dans le bombardement de Dresde.

Les américains dans leur avance à l'ouest capturent des milliers de ces hitlerjungen envoyés au front pour remplacer les soldats morts. Les américains n'en croient pas leurs yeux. Ces enfants soldats n'ont pas peur. Leur cerveau a été lavé par des années d'endoctrinement dans le racisme et la haine. Les vieux de la Volksturm capturés à leurs côtés leur disent : "Enfants, réjouissez-vous de la guerre. La paix sera plus terrible encore".

Les américains font leur jonction avec les russes sur l'Elbe au pont de Torgau.

Torgau
25 avril 1945
 
L'est rencontre l'ouest.  Le dernier acte de l'alliance bon enfant (sympathique) pour les caméras.

Le portrait de Staline trône mais celui de Roosevelt est marqué de crêpe noir. Il est mort le 12 avril. L'une de ses dernières décisions a été de stopper l'avance américaine à la limite de la future zone d'occupation soviétique en Allemagne.

L'un des plus célèbres généraux américains Patton est furieux. Pour lui, les américains auraient dû arriver à Berlin avant les russes. Patton, l'homme au colt à la ceinture, qui avait foncé avec ses chars en Afrique, en Normandie, dans les Ardennes. Il dit à Eisenhower : "La 9ème armée est à 100 kilomètres de Berlin. Ne pas y aller est une faute historique dont les conséquences seront graves".

Eisenhower ne dit rien. La seule chose importante pour lui c'est d'achever Hitler et le nazisme. Quelques jours auparavant, Patton l'a appelé d'urgence pour lui mettre devant les yeux le spectacle abominable du camp de concentration de Buchenwald.

Eisenhower a fait transporter aussitôt en camion les habitants de la ville de Weimar, toute proche, pour qu'ils ne puissent plus dire qu'ils ne savaient pas, leur montrer que ça a bien existé le crime nazi ; qu'ils puissent en témoigner en Allemagne ; qu'ils ont vu les collections de tatouages prélevés sur les cadavres de déportés, les abat-jours en peau humaine ou les presse-papiers en têtes réduites.

Ensuite, conformément aux accords de Yalta, Eisenhower a retiré ses troupes de Buchenwald inclus dans la zone soviétique.

Staline fait aussitôt remettre en service le camp qui fera désormais parti de "l'archipel du goulag" pour y enfermer les suspects d'hostilité au régime stalinien.

Berlin
30 avril 1945

À Berlin, les russes sont à 300 mètres du führer bunker. Alors Hitler tue sa chienne Blondie, il a épousé Eva Braun. Elle avale une pilule de cyanure. Hitler se tire une balle dans la tête.

Goebbels et sa femme se sont aussi suicidés et les S.S. ont tenté de brûler les corps. Magda Goebbels avait d'abord empoisonné ses enfants.  Dans sa dernière lettre, elle avait écrit : "Le fait que nous puissions finir nos vies avec le führer est une bénédiction du destin que nous n'aurions jamais osé espérer".

2 mai 1945

Les soviétiques vont planter le drapeau rouge sur le Reichstag.

Les principaux chefs nazis seront capturés comme Goering, le pire complice d'Hitler.

En Italie, Mussolini est exécuté par les partisans et son cadavre livré à la vindicte de la foule.

Partout en Europe la vengeance se déchaîne contre tous ceux qui ont, d'une manière ou d'une autre,  collaborer avec les maudits.

A Berlin, Anna Pavlovna règle la circulation devant la porte de Brandebourg.

Début de la 5ème vidéo en anglais - 5/5 (voir en haut de la page)

Pour vaincre l'Allemagne hitlérienne, le sacrifice russe a été immense. 20 000 millions de civils sont morts et 8 millions de soldats, près de 15 % de la population de l'Union Soviétique.

Le maréchal Joukov vient se faire filmer dans les ruines de la grande Chancellerie du Reich, le symbole même du rêve de grandeur d'Hitler. Pour bien montrer au monde que c'est lui, le russe et son armée, qui ont écrasé la puissance allemande. Enfin le bureau d'Hitler avec le fameux globe terrestre que Chaplin avait parodié dans son film "Le dictateur".

Hitler avait ordonné aux S.S. de brûler son corps. Les soviétiques feront disparaître les ossements pour éviter toute forme de culte.


8 mai 1945


Le chef de la Wehrmacht,  le maréchal Keitel signe la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie devant le russe Joukov son ennemi mortel, entouré des alliés : l'anglais Tedder, l'américain Spaatz et le français De Lattre de Tassigny.

Plus tard, Keitel sera jugé au procès international de Nuremberg. Il sera pendu comme beaucoup de criminels de guerre.

Berlin

L'écrivain allemand Klaus Mann s'adresse alors à ses compatriotes, il dit  : "La défaite ne constitue pas une honte. Au contraire, la honte, l'avilissement, la décomposition, l'appauvrissement de le vie allemande, c'était le national-socialisme".

Pour arrêter le nazisme, il a fallu anéantir l'Allemagne. Faut-il aussi anéantir le Japon ?

Okinawa
1945

Dans le Pacifique, les avions suicides japonais qu'ils appellent "kamikazes" fondent sur la flotte américaine.

Le Japon ne peut accepter l'idée même de la capitulation, déshonneur suprême. Des militaires de Tokyo, crispés sur leur pouvoir, sacrifient ce qui reste de leur jeunesse et de leur aviation pour empêcher le débarquement des américains.

Les États-Unis choisissent alors d'éviter ce débarquement dont ils pensent qu'il va leur coûter un million de morts et déclenchent l'enfer atomique.


HIROSHIMA             NAGASAKI
6 août 1945                  9 août 1945



Les deux premières bombes nucléaires de l'histoire font, en une seconde, plus de 100 000 victimes et permettent enfin à l'empereur Hiro Hito de demander la paix sans perdre la face.

Il a fallu la bombe atomique pour que les soldats et les officiers japonais acceptent de faire ce geste si contraire au bushido. Mais plusieurs milliers d'entre eux s'y refuseront et s'enfuiront dans la jungle. Le dernier sortira de sa cachette et se rendra en 1975.

2 septembre 1945

Dans la baie de Tokyo, à bord du cuirassé américain Missouri, l'émotion étreint les représentants des nations alliées. Chinois, anglais, russes, ou français avec le général Leclerc.

Ils ont le privilège d'assister à la réddition japonaise qui marque la fin de la seconde guerre mondiale.

C'est le général MacArthur qui représente les vainqueurs. Le ministre japonais des affaires étrangères, en haut-de-forme, boitant depuis qu'il a perdu une jambe dans un attentat en Chine, va signer au nom de l'empereur. Il l'a rencontré la veille et il lui a dit : "Il faut que nous fassions de ce jour de deuil le premier jour de naissance d'un nouveau Japon. Ainsi nous pourrons aller à cette cérémonie la tête haute".

MacArthur conclut avec ces mots historiques : "Mon plus grand espoir ainsi que celui de toute l'humanité est que de cette cérémonie solennelle naisse un monde meilleur".

Après tout ce sang et ce carnage,

Cette guerre a fait 50 millions de morts - 2 fois plus de victimes civiles que militaires dans ce déchaînement de la violence à l'état pur. Des milliers de malheureux ont souffert longtemps après de l'agonie des radiations nucléaires ou du terrible manque des parents ou des enfants morts dans les camps nazis.

Cette série est dédiée aux victimes de tous les totalitarismes.

Remercions les cameramen, héros sans arme, les mémoires des combats et ceux aussi que l'on appelle les amateurs qui ont filmé la guerre atroce et familière. Ils nous ont permis de connaître Rose, qui, le dernier jour de l'Apocalypse a écrit le mot "fin" sur une bombe.  

Mar 29 sep 2009 Aucun commentaire